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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 15:02

 


 

Les élections présidentielles post-crise ont été organisées par l'Agence Nationale des Élections dans des conditions sécuritaires hypothétiques. Le premier tour qui avait lieu le 27 décembre 2015 a connu la participation de trente candidats à la magistrature suprême. La particularité de cette élection est la présence massive des candidats indépendants, candidats sans étiquette politique, un phénomène de mode dans l'embryonnaire démocratie centrafricaine. Les candidats dits indépendants sont généralement des dissidents ou des radiés des partis politiques. Le candidat n°2 a été plébiscité dans les deux tours et élu Président de la République. Une première dans l'histoire des élections en Centrafrique qu'un candidat indépendant gagne les présidentielles.

 

Après cinq mois de gouvernance, les centrafricains s'interrogent légitimement de savoir à quand le parti politique du President Touadera ?  Un parti politique par définition est un groupement d'hommes qui partagent les mêmes intérêts, les mêmes opinions, les mêmes idées sur l'organisation et la gestion de la société et qui cherchent à les faire triompher en accédant au pouvoir. Cela suppose la présence d'un projet de société où une feuille de route bien définie. Un parti politique est alors une organisation structurée au service d'une idée. Logiquement, faire de la politique en dehors d'un parti politique n'est pas adapté car il ya un risque élevé de pilotage à vue. L'élu de la nation continuera t-il a géré le pays sans mettre en place son parti politique ?

 

En d'autres termes, peut-on gouverné un pays sans être affilié à un parti politique ? Si tel est le cas, le mathématicien de Boyrabe est entrain de révolutionner ou de réinventer la démocratie et la gouvernance en Afrique. A défaut de parti politique, l'ancien parti du President de la République, le KNK est-il tacitement homologué comme parti au pouvoir ? Son ancien parti est-il le seul qui détient en filigrane la réalité du pouvoir ? Entend t-il transformer le groupe parlementaire qui lui est favorable à l'assemblée nationale en parti politique ? Nous sommes sans ignoré que mettre en place un parti politique digne prendra quand même quelques temps ( élaboration, validation des statuts etc...) le pays attendra t-il ce processus ?

 

Ne serait-il pas très illusoire de construire un véritable parti politique dans la précipitation ? Une telle démarche ne constitue t-elle pas un handicap sérieux à l'émergence et à la croissance économique du pays ? Faisons un peu du politiquement correct, quelle est actuellement la couleur politique du President de la République ?Gouverner un pays sans parti politique a aussi des vertus pour la démocratie car ce dernier peut prendre le President de la République en otage et monopoliser le débat politique.

 

Certaines études ont prouvé à contrario que gouverner sans parti politique peut affecter la légitimité du locataire du palais de la renaissance et le fragiliser en cas de crise d'une grande envergure. Dans la même logique d'idée, qu'adviendrait-il si le groupe parlementaire qui lui donne la majorité nécessaire pour gouverner le lâche a mi parcours ? Nous pensons que dans cette circonstance, on assistera à la mise en danger de l'homme et par la même occasion de l'institution qu'il représente.

 

S'agissant du processus de désarmement déjà engagé, la présence d'un parti politique fort et implanté sur l'étendue du territoire national devrait être un atout. Nonobstant l'absence de parti politique, nous exhortons le chef de l'Etat de ne pas faire avancer le processus DDR a son rythme car il ya généralement un décalage entre la feuille de route et les aléas du terrain. Ce déphasage n'est souvent pas perceptible par nos décideurs. Mais attention, ne le dites à personne, si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections

CENTRAFRIQUE : À QUAND LE PARTI POLITIQUE DU PRESIDENT TOUADERA ? par Bernard Sélemby Doudou

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