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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 11:47

 

 

http://www.ledjely.com/ 31 août 2016

 

Au Gabon, c’est dans une ambiance empreinte de fébrilité et d’incertitude que l’on attend les résultats de l’élection présidentielle du 27 août 2016. Chacun des camps revendiquant déjà  la victoire et mobilisant conséquemment des troupes pour protéger l’acquis, on redoute le remake de 2009. Sur place, les risques de contestation électorale sont très élevés. Ce qui, aussi dramatique que cela puisse l’être, est révélateur d’une seule certitude : la compétition aura été âprement disputée.

 

Dans le contexte du Gabon, dirigé depuis quasiment un demi-siècle par une seule famille, c’est une évolution remarquable que de savoir que le président sortant a été contraint à un duel serré. Certes, c’est la défaite d’Ali Bongo qui aurait des allures d’une véritable convulsion politique à la dimension du continent. Mais à défaut, on pourrait bien se contenter de la promesse d’une fin proche du règne de la dynastie Bongo. Or, les signes de cette fin annoncée, l’élection du samedi dernier en a suffisamment.

 

Tout d’abord, on a la réserve et la pondération dont font montre les proches du président sortant. L’initiative de l’offensive semble avoir été laissée au camp de Jean Ping. Ainsi, c’est ce dernier qui a été le premier à revendiquer la victoire et à date, il demeure le plus catégorique par rapport à cette prétention. Le camp Bongo a essayé de réagir, mais entre les lignes, on lit un malaise et une gêne qui pourraient résulter d’une brusque et désagréable surprise. Autour d’Ali Bongo, on voudrait expliquer cette propagande au rabais par la sérénité et le souci de se conformer aux principes républicains qui voudraient qu’aucun camp ne communique les résultats avant l’instance constitutionnellement habilitée à le faire. Mais il n’y pas que ces raisons-là.

 

Par ailleurs, autour de l’héritier d’Omar Bongo, on est plutôt sur la défensive. Ça sent la gueule de bois. Ainsi, le recours trop hâtif aux forces de l’ordre et à l’armée dont quelques éléments sont déjà postés au niveau de carrefours et bâtiments stratégiques, sonne comme un début de panique et une volonté d’intimidation. Par ailleurs, le régime gabonais dont on sait qu’il est une pièce-maîtresse de la Françafrique, fait valoir des prétentions opportunément souverainistes. Ainsi, face  au communiqué sans concession du parti socialiste français et aux conclusions préliminaires de la Mission d’observation de l’Union européenne, le gouvernement se borne à répéter que le Gabon est un pays indépendant qui n’a pas d’injonctions à recevoir de qui que soit.

 

Un troisième et dernier signe de l’inconfortable position du camp Bongo, c’est l’accusation de velléité de déstabilisation qu’il brandit désormais contre le principal opposant, Jean Ping. Une certaine tradition des élections en Afrique voudrait que ce type d’accusation ne sorte que de la part des régimes aux abois. En perte de vitesse et redoutant une fin à la fois probable et périlleuse, ils peignent l’adversaire en chef rebelle, espérant ainsi reconquérir l’opinion publique, en jouant sur sa peur de la guerre et des troubles.

 

Ces trois attitudes, si elles ne permettent de prédire la défaite certaine du président Ali Bongo, révèlent tout de même qu’il a été sérieusement malmené. Ce qui, pour qui connait l’emprise de la famille de ce dernier sur le pays via tous les réseaux qu’elle a pu tisser au gré de son long règne, est un motif d’espoir quant à l’alternance politique.

 

Boubacar Sanso Barry

Lu pour vous : PRESIDENTIELLE GABONAISE : Une certitude…

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