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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 00:15

 

 

Le panorama des putschs militaires perpétrés en Centrafrique depuis son accession à l’indépendance politique est un sujet de grande inquiétude. En effet, si nous nous permettons de  faire un petit calcul par rapport à nos années d’indépendance politique, force sera de constater que sur les cinquante-six (56) années, le Centrafrique totalise plus de trente-cinq ans de pouvoir dirigé par des militaires. A mon humble avis, cela prouve à suffisance l’irresponsabilité et l’incompétence de la classe politique centrafricaine. Logiquement, cela doit nous interpeller tous. J’avoue franchement toute ma déception de constater que nous sommes en manque criard de  « professionnels politiques ». Et, j’affirme sans ambages que la crise actuelle est la résultante de cette  incapacité des partis politiques centrafricains à couvrir la totalité des questions citoyennes et celles des demandes sociales. 

 

A la lumière des événements qu’a connu le pays depuis le coup d’Etat manqué de 2001 en passant par le parachutage de Michel DJOTODJA à la tête du pays pour arriver à l’élection du Président  Faustin Archange TOUADERA en Février 2016, on peut ne pas  avoir l’outrecuidance de dire que les formations de certains partis politiques centrafricains sont dépourvues d’idées et de programmes sérieux. Leurs leaders paraissent plus préoccupés par les postes à occuper dans tel ou tel gouvernement que par l’intérêt du peuple Centrafricain. On note clairement que la conquête et la conservation des postes juteux demeurent leur unique souci au mépris du projet de société.

 

Le champ théorique de la politique centrafricaine est entièrement marqué par des discours démagogiques, mensongers,  irrationnels  et haineux. Le pouvoir pour le pouvoir demeure la finitude de la pratique politique dans ce pays. Les partis politiques dont la fonction générale est d’exercer le contrôle des mandats d’autorité, c'est-à-dire de rendre l’action politique conforme à des normes, ont tous manqué à leur devoir. Beaucoup de politiciens ne s’intéressent aux préoccupations des populations que lorsqu’il y a des élections. Cela pose même la question de leur crédibilité au niveau aussi bien national qu’international.

 

Il est temps aujourd’hui de leur rappeler qu’une Nation est comme une maison et on ne peut pas la bâtir sans plan. C’est toujours par rapport au projet initial de construction que l’on peut apprécier l’état d’avancement de sa maison. Il faut chercher à faire comme les Nations européennes en liant  intrinsèquement la problématique du développement centrafricain à la rationalité, c'est-à-dire à une certaine exigence de la méthode, de l’efficacité, de la prévision et de la planification. Ce que le peuple attend d’eux, en ce moment, c’est d’arrêter  de fantasmer et de le berner ; il a besoin des politiciens cultivés, véridiques et pragmatiques.

 

A l’aube de ce 56è anniversaire  de son indépendance politique, le peuple Centrafricain a besoin d’une nouvelle culture : celle du développement intégral.  Nos politiciens doivent faire de sorte que notre indépendance politique qui demeure jusque-là un mythe, devienne réalité. Qu’ils arrêtent de confier la gestion de notre  pays aux conseillers étrangers qui ne visent que leurs intérêts égoïstes. Ils doivent assumer leur responsabilité.   C’est à eux qu’on a confié notre destiné et celui de notre pays et non aux « conseillers étrangers ».

 

Somme toute, il faut que le politique Centrafricain retrouve sa dignité, son intégrité et sa fonction qui est de se mettre au service de la Cité et des citoyens. Nos responsables politiques doivent aujourd’hui s’évertuer à améliorer les conditions de vie de populations, en priorité, les plus démunies et vulnérables. Ils doivent aider à créer des conditions permettant à tout un chacun d’épanouir ses facultés, de vivre dans la liberté et la dignité, et d’être en mesure d’assumer lui-même, par son travail et par ses initiatives, la couverture de ses besoins essentiels individuels et ceux des personnes qui sont sous sa responsabilité. Il nous faut un Centrafrique de type nouveau, une rupture avec une certaine conception de la politique. Que s’installe une autre manière de faire de la politique et la mise en place d’un véritable Etat de droit.

 

Par Julien Junior KOVOCKOUA, Juriste, Spécialiste en Passation des Marchés

 

Tél : 00221 77 479 80 41

 

Mail : tontonkjj1@gmail.com

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