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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 17:06
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : La société civile recommande la modification de certains articles de la loi sur la cour pénale spéciale

 

http://rjdh.org/ PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 18 JUILLET 2016

 

BANGUI, 18 juillet 2016 (RJDH) — Les organisations de la société civile, ont recommandé lors d’un atelier d’échange la semaine dernière, la modification de certains articles de la Loi N°15.003, portant création et fonctionnement de la Cour Pénale Spéciale. Pour ces organisations, un fonds d’indemnisation des victimes devrait être créé.

 

Les membres de la société civile ont invité le gouvernement à créer un Fonds au profit des victimes, d’octroyer un local à cet organe et de traduire cette loi en langue nationale.

 

Brice Koyanga Ndaya, membre du civisme et démocratie (CIDEM), a souligné que « l’objectif visé par la société civile est de voir les auteurs des graves violations des droits humains traduits à la Cour Pénale Spéciales dans un avenir proche et que les victimes bénéficient des réparations. Cette passivité dans l’opérationnalisation de cette nouvelle instance judiciaire par le gouvernement inquiète », a-t-il soutenu.

 

Jürgen Scherr, coordonnateur de l’ONG internationale REDRESS, a souligné que le gouvernement a sa part de responsabilité dans la mise en place de la Cour Pénale Spéciale « lorsque la loi portant création de la cour a été signée, le constat révèle qu’il y’a eu de problème dans la disponibilité du local pouvant abriter cette instance. L’opérationnalisation de cette structure pose un réel problème », a-t-il relevé.

 

Ces recommandations viennent soutenir celles déjà formulées au gouvernement, le 24 août 2015 et le 21 avril 2016. La Cour Pénale Spéciale est créée pour lutter contre les crimes commis en Centrafrique depuis 2003.

 

 

Centrafrique : Les chenilles, « mannes » de la population de Pissa dans la Lobaye

 

http://rjdh.org/ PAR SANDRINE MBAGNA LE 18 JUILLET 2016

 

PISSA, 18 juillet (RJDH)—La population de la commune de Pissa, commune située à 68 kilomètres de la ville de Bangui dans la préfecture de la Lobaye, considère les chenilles comme leur « manne ». Selon plusieurs habitants, les chenilles remportent beaucoup d’argent, et réduit l’insécurité alimentaire. Ils l’ont dit lors d’un reportage réalisé par le RJDH, le samedi 16 juillet à Pissa.

 

10 heures à Pissa, la commune est calme et silencieuse. Le marché est presque vide. Juste en face du marché se trouve le bureau de la gendarmerie. Assis sur une chaise dans sa tenue militaire, un élément de la gendarmerie nous  explique que chaque année, en période des chenilles, presque trois quart de la population rentre dans la forêt à la recherche des chenilles. C’est ce qui a fait que la commune est presque vide.

 

Les chenilles comme les autres produits forestiers non ligneux principalement les champignons et les feuilles de Coco (gnetum  afrika nun ),  sont autant des richesses de cette commune, peuplée au moins de 29.000 habitants.

 

Moïse, un habitant de Pissa explique les différentes familles des chenilles qu’ils récoltent,  « les « Mboyo »,  sont les chenilles les plus succulentes et se trouvent le plus souvent sur les feuilles des Sapellis, un grand arbre de la forêt dense. On récolte également les chenilles ‘’guéguéré’’,  ‘’Sounga et autres. Lorsque les éclaireurs, envoyés dans la forêt, constatent que les arbres à chenilles commencent à perdre leurs feuilles, ils courent annoncer la bonne nouvelle au village. Là, commencent alors les préparatifs. Une semaine plus tard, tout le monde a déjà gagné les campements », a-t-il expliqué.

 

A 13 heures, des mototaxis,  bien chargées arrivent à toute vitesse,  en provenance de la commune de Mbata, située à 30 kilomètres de Pissa sur l’axe Mongoumba. D’autres motos arrivent aussi du village Mbeko, situé à 31 kilomètres sur l’axe Mbaïki. C’est le transport des chenilles enveloppées dans des sacs.

 

Sonia vient d’arriver de Mbata, elle nous explique comment elles font pour acheminer les chenilles,   « je quitte Pissa chaque jour à 4 heures du matin avec une moto pour Mbata ou d’autres villages. Une fois arrivée, je rentre encore dans la forêt à pied au niveau des campements des pygmées. Déjà à 6 heures, les pygmées eux-aussi sont dans la forêt,  sous les arbres à chenilles et ils commencent à les ramasser jusqu’à 10 heures. Ils regagnent leur campement pour nous vendre les chenilles avant  de reprendre la moto pour revenir au niveau de Pissa », explique Sonia, vendeuse des chenilles au marché de Pissa.

 

Des commerçantes et particuliers, quittent Bangui la capitale,  à la recherche des chenilles dans la commune de Pissa et ses environs. Angéla, a déjà fait deux fois Pissa depuis le début du mois pour chercher des chenilles, « je ne suis pas commerçante mais je viens surtout en weekend pour m’approvisionner y compris en chenilles. Les prix sont très abordables ici », a-t-elle témoigné.

 

Une activité très économique

 

José Voyemekoua, une autre vendeuse souligne les biens faits des chenilles dans sa vie,  «  c’est depuis 9 ans que je fais le commerce des chenilles chaque années,  pendant un ou deux mois. Mais je vois que ce commerce me remporte beaucoup d’argent. Grâce aux chenilles, j’arrive à payer la scolarité de mes enfants, je nourris ma petite famille, la santé de mes enfants. Il y’a de cela 3 ans aujourd’hui,  j’ai eu à construire ma maison avec l’argent des chenilles », a-t-elle témoigné.

 

Même si chacun se réjouit des bienfaits des chenilles, la Mairie de Pissa reconnait que les chenilles constituent « une manne pour ses habitants, une richesse naturelle qui soulage la population ».

 

Giscard Ngodomokoma, secrétaire particulier de la mairie de Pissa rappelle qu’une étude récente démontre plus, « la Mairie avait réalisé une étude auprès des ménages pour voir la rentabilité des chenilles. Il ressort que plus de 20 millions ont été encaissés dans l’intervalle d’un mois. Il s’agit là juste de Pissa et des ménages qui avaient accepté de témoigner. Nous pensons que ces chiffres étaient dépassés », a dit Giscard Ngodomokoma.

 

Pour lui, l’activité des chenilles réduit la crise alimentaire et remporte de l’argent, « je dirais que c’est la manne de la population de Pissa, une richesse qui crée l’ambiance au sein de la population et occupe plusieurs jeunes», a-t-il dit.

 

Les conducteurs des mototaxis ne cachent pas leur enthousiasme, «  nous sommes très contents parce que pendant cette période, nous sommes dans le mouvement. Je gagne beaucoup. Cette année, j’ai acheté une troisième moto pour couvrir cette période », a aussi témoigné Eric, conducteur de mototaxi à Pissa.

 

En Centrafrique, de  Juin à Aout, les chenilles remplissent momentanément le panier de la ménagère. Cette année, les vendeuses de Pissa parlent déjà d’une surabondance des chenilles.  Les chenilles sont très nourrissantes en vitamine A, B, C et D et très consommées par les Centrafricains./

 

Flora Sandrine Mbagna et Fridolin Ngoulou

 

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