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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 12:42

 

REPORTAGE

 

http://www.liberation.fr/ Par Patricia Huon, envoyée spéciale à Juba (Soudan du Sud) — 10 juillet 2016 à 16:56

 

Notre envoyée spéciale, l'une des rares journalistes présentes dans la capitale, raconte les affrontements qui auraient fait au moins 272 morts ce week-end.

 

Des explosions qui résonnent dans la ville, des échanges de tirs nourris, des hélicoptères qui tournoient dans le ciel… Ces bruits sont trop familiers au Soudan du Sud pour permettre le doute. Le pays vient de replonger dans la guerre. Au moins 272 personnes auraient été tuées ce week-end, dont 33 civils, assure l’agence Reuters, citant un responsable du gouvernement. Un bilan impossible à confirmer ou à infirmer tant la confusion sur place est grande. Et les sources peu fiables.

 

Chacun a encore en mémoire les massacres commis à Juba en décembre 2013, quand le jeune Etat avait basculé dans une nouvelle guerre civile. D’autres se barricadent chez eux. L’aéroport est fermé, les routes sont bloquées, aucun véhicule ne circule à part ceux des militaires. «Des voisins ont fui, on me dit qu’il y a des corps dans les rues. Je préfère rester à l’intérieur. Je ne bouge pas», explique un résident de la capitale joint par téléphone. Les portables sonnent, chacun tente de s’informer sur la situation, de vérifier les rumeurs qui circulent et de prendre des nouvelles de proches. Le réseau saturé ajoute à l’incertitude et la panique.

 

Des combats autour du palais présidentiel

 

Le retour du chef rebelle Riek Machar à Juba, fin avril, et sa nomination au poste de vice-président dans un gouvernement de transition, avaient marqué une étape importante dans la tentative d’application d’un accord de paix accouché au forceps en août 2015. Mais les deux armées qui se sont affrontées pendant trente mois, désormais forcées de cohabiter dans une même ville, s’observaient avec méfiance et il ne fallait qu’une étincelle pour relancer le conflit. Celle-ci a pris la forme d’un accrochage, jeudi soir, entre des soldats fidèles au président Salva Kiir (Armée populaire de libération du Soudan, APLS) et des hommes de l’ancienne rébellion, à un barrage routier. Cinq militaires de l’APLS ont été tués.

 

Vendredi, le Président et ses deux vice-présidents, Riek Machar et James Wani Igga, se retrouvent pour discuter des événements de la veille. La réunion tourne court. Des combats éclatent autour du palais présidentiel entre soldats des deux camps. Preuve, s’il en fallait, du peu de contrôle que Salva Kiir et Riek Machar ont sur certains éléments de leurs troupes.

 

Les affrontements s’étendent à d’autres parties de la ville et font au moins une centaine de morts parmi les militaires, selon plusieurs sources. Salva Kiir et Riek Machar appellent au calme et leurs partisans évitent, pour une fois, les déclarations incendiaires. La journée de samedi est calme et Juba reprend son souffle. L’accord de paix n’est pas encore totalement mort… jusqu’au lendemain matin.

 

Des corps dans la rue

 

Dimanche, vers 8h30, des tirs retentissent à l’ouest de la ville, près de Jebel, là où se trouve le camp de Riek Machar et d’une bonne partie du millier de soldats qu’il a ramené avec lui à Juba. Un porte-parole de l’opposition affirme, sur son profil Facebook, qu’il s’agit d’une attaque contre le camp des ex-rebelles, qui a été repoussée. «[Nous avons] capturé trois chars des forces du président Salva Kiir. […] Leurs hélicoptères ont arrêté leurs bombardements après que l’un d’entre eux a presque été abattu», écrit-il.

 

Le cycle de violence est enclenché, les appels à la vengeance se multiplient sur les réseaux sociaux alors que des combats éclatent à divers endroits de la capitale. Des milliers de civils se réfugient sur les bases de l’ONU, situées à l’ouest (non loin du camp de Riek Machar) et près de l’aéroport. Ces deux zones sont particulièrement touchées par les affrontements.

 

 «Il y a eu des affrontements entre nos soldats et les forces de l’opposition, mais je ne peux pas confirmer qui a commencé à tirer et pourquoi, dit le porte-parole de l’armée, Lul Ruai Koang. Maintenant, la situation est sous contrôle.» Mais des tirs continuent de se faire entendre à Juba. Et les événements de ces derniers jours laissent craindre un nouveau bain de sang.

 

Patricia Huon envoyée spéciale à Juba (Soudan du Sud)

 

 

SOUDAN DU SUD : Cinq ans d’indépendance,  cinq ans de malheurs

 

http://lepays.bf/  10 juillet 2016

 

Il y a cinq ans, plus précisément le 9 juillet 2011, le Soudan du Sud faisait son entrée dans le concert des nations en tant qu’Etat indépendant. Cette indépendance, faut-il le rappeler, acquise au prix d’énormes sacrifices, était censée mettre fin à des décennies de brimades de la part de l’autre Soudan et ouvrir des perspectives heureuses pour les populations. C’est pourquoi celles-ci l’avaient accueillie avec enthousiasme et espoir. Cinq ans après, c’est la désillusion, le désenchantement et l’espoir assassiné qui sont au rendez-vous. En effet, ces cinq ans ont été essentiellement marqués par une guerre civile de deux ans et demi, qui a du mal à connaître son épilogue, malgré la signature d’un accord de paix en août 2015 et en dépit du retour d’exil de Riek Machar en avril dernier. A ce malheur sont venus s’ajouter deux autres, à savoir l’inflation qui frôle aujourd’hui les 300% et la famine. Le bilan est donc sombre si fait que l’on peut le résumer par cette formule : cinq ans d’indépendance, cinq ans de malheurs. L’on peut donc comprendre que les autorités aient choisi de commémorer le 5e anniversaire de  l’indépendance du pays sans festivité. Le contraire aurait été moralement et politiquement indécent.  Faut-il en déduire que ces autorités ont pris conscience que la situation du pays n’autorise pas cette année à célébrer le 9 juillet avec faste ? On peut en douter. En effet, rien que la veille du 9 juillet, c’est-à-dire vendredi 8 juillet, Juba, la capitale du pays a été le théâtre d’affrontements sanglants entre l’armée et les ex-rebelles.

 

Salva Kiir et Riek Machar ont choisi d’inscrire le Soudan du Sud à l’article de la mort

 

Certaines sources font état d’environ 300 morts. Et les choses pourraient empirer puisqu’au moment où nous tracions ces lignes, des tirs d’armes automatiques étaient encore entendus. Et là où on peut perdre son latin, c’est quand on entend Salva Kiir et Machar dire qu’ils ignorent les mobiles et les acteurs de ces tirs nourris qui se passent à quelques encablures du palais présidentiel et à un moment où les 2 têtes de l’Exécutif étaient réunies pour une conférence de presse. Même dans l’hypothèse où les deux seraient de bonne foi, ce qui est invraisemblable, il y a de quoi s’inquiéter car cela voudrait tout simplement signifier que le contrôle de leurs hommes leur a complètement échappé. Et ce scénario n’augurerait rien de bon pour le Soudan du Sud. Mais quand on analyse bien la situation chaotique dans laquelle patauge ce pays depuis qu’il a accédé à l’indépendance le 9 juillet 2011, l’on peut affirmer sans courir le risque de se tromper, que tous les malheurs qui s’y déroulent portent deux signatures : la signature de l’homme qui ne se sépare jamais de son chapeau de cow-boy, c’est-à-dire Salva Kiir et celle de l’homme aux lunettes fumées, Riek Machar. Ce sont, en effet, ces deux individus aux ego surdimensionnés qui ont choisi en toute conscience, d’inscrire le Soudan du Sud à l’article de la mort pour parvenir à leurs fins. Et pour cela, ils ne crachent sur aucun moyen. Le plus répugnant de ces moyens, est l’instrumentalisation de leurs ethnies respectives. Et ils s’en donnent à cœur joie sans que cela n’agite leur conscience. Un autre moyen qui illustre la petitesse d’esprit de ces 2 fauteurs de troubles, c’est leur mauvaise foi. Et ils l’ont démontré à suffisance depuis que, par le hasard de l’histoire, ils ont été propulsés à la tête du pays, Kiir en qualité de président et Machar en tant que vice-président. Le résultat de cet attelage forcé des contraires, est que chaque jour que Dieu fait, le Soudan du Sud poursuit sa course folle vers le fond de l’abîme. Et ce n’est pas demain la veille que cette descente aux enfers va s’arrêter.

 

Les Américains ont la responsabilité morale et politique de guider le Soudan du Sud

 

En tout cas, l’on peut avoir l’impression que tant que ces deux pistoleros seront aux affaires, le présent et l’avenir de ce malheureux pays, courent le risque d’être écrits à coup sûr en termes de larmes, de sang et de famine. Aucun des deux n’a la carrure d’un homme d’Etat capable de conduire le nouvel Etat vers « de verts pâturages » pour reprendre une expression des Saintes écritures chrétiennes. Et dans ces conditions, l’on ne peut que regretter le fait que le destin ait frappé cruellement ce pays, et ce alors que le peuple du Soudan du Sud avait encore besoin de lui, celui qui, par son charisme et sa vision, incarnait l’espoir de toute la nation.  Vous l’aurez deviné, nous voulons parler du colonel John Garang, arraché à l’affection du peuple du Soudan du Sud en août 2005. Le spectacle désastreux que son pays donne aujourd’hui à voir à l’Afrique et au monde, constitue pour lui une deuxième mort. Mais de cela, les sieurs Kiir et Machar n’en n’ont cure. Ce qui préoccupe le premier, c’est de conserver le pouvoir et le second c’est de le conquérir, quitte à marcher sur les cadavres de leurs compatriotes. Et c’est à ce sport macabre que les deux hommes s’adonnent depuis le début de la guerre civile. C’est cela qui nous fait dire que la résolution du problème du Soudan du Sud passe par la neutralisation de ces deux hommes. Et cette solution pourrait favoriser l’émergence d’une personnalité qui ait l’étoffe d’un homme qui nourrit de grandes et nobles ambitions pour le pays et qui a le patriotisme et la volonté nécessaires pour les traduire en actes. Le Soudan du Sud ne peut pas en manquer. Il se pose alors la question de savoir qui peut aider à cela, ici et maintenant. La réponse ne souffre d’aucune ambiguïté. Ce sont les Etats-Unis d’Amérique. En effet, l’on se rappelle que c’est le pays de l’Oncle Sam qui avait pesé de tout son poids dans la balance pour obtenir la venue au monde de cet Etat. Les Américains ont donc la responsabilité morale et politique de le guider et de l’encadrer jusqu’à ce qu’il soit en mesure de s’assumer. A défaut de mettre hors d’état de nuire le tandem de la mort que forment Kiir et Machar, l’on peut envisager la mise sous tutelle Onusienne du pays, le temps de permettre enfin au malheureux peuple du Soudan du Sud de souffler. En attendant, la personne qui boit son petit lait  et qui peut se vanter d’avoir prédit ce qui arrive aujourd’hui au Soudan du Sud, c’est Omar El Béchir. Aujourd’hui, l’histoire lui donne raison. Cela dit, l’erreur serait de croire que l’UA (Union africaine) peut aider à sortir le pays de John Garang du trou dans lequel il se trouve aujourd’hui.  Car, non seulement cette institution, depuis sa création, n’a jamais véritablement réussi à pacifier un seul de ses membres en situation de conflit, mais aussi certains de ses dirigeants se sont déjà illustrés pour avoir joué un rôle trouble dans bien des guerres civiles. C’est le cas aujourd’hui de Yoweri Museveni en ce qui concerne la guerre civile en RDC, il y a de cela plus de 10 ans et aujourd’hui, le Soudan du Sud où ses troupes y  ont été envoyées aux côtés de Salva Kiir pour faire barrage à Riek Machar. Et l’on peut imaginer facilement ce qui a motivé  le président ougandais à voler au secours de l’homme au borsalino noir : c’est le pétrole du Soudan du Sud. Ce même calcul a pu déterminer d’autres personnes à offrir leur soutien à son rival Riek Machar. Le grand enseignement que l’on peut tirer de cela, est que le pétrole a été le plus souvent à l’origine de bien des malheurs des peuples africains. Le mieux serait alors de ne pas l’avoir, peut-on être tenté de dire. En tout cas ce n’est pas le peuple libyen qui contredira aujourd’hui cette thèse.

 

« Le pays »

 

Lu pour vous : Soudan du Sud : à Juba, au cœur de l'escalade meurtrière

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