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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 10:58

 

 

http://aujourdhuilaturquie.com/  Par  le 14 juillet 2016

 

Le président François Hollande a annoncé que l’opération militaire Sangaris, lancée en 2013 en Centrafrique, prendrait fin en octobre. Le pays connaît actuellement un regain de tensions.

 

Acta est fabula 

 

« L’opération Sangaris prendra fin en octobre. », ce sont par ces mots que François Hollande a annoncé le début du retrait de ses troupes militaires sur le continent africain, en commençant par la Centrafrique.

 

« Sangaris », du nom d’un papillon africain, n’était pas moins que la septième intervention militaire française en Centrafrique, depuis l’indépendance du pays en 1960. Lancée en décembre 2013, elle a mobilisé jusqu’à 2.500 hommes à son apogée. Depuis juillet 2015, le déploiement était tombé à 900 militaires.

 

Son objectif était de stopper les massacres intercommunautaires qui ont suivi le renversement du président François Bozizé par le mouvement rebelle Seleka («coalition» en sango, langue officielle de Centrafrique avec le français).

 

Le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, élu en février, a déclaré dimanche que son pays était toujours « en danger », avec des « régions entières » sous le contrôle de groupes armés.

 

Ce n’est pas une nouveauté sachant qu’en avril, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait annoncé la fin de l’opération Sangaris d’ici la fin de l’année 2016. Le chef d’État centrafricain s’était alors inquiété alors du départ des Français, qui doivent passer le relais à la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca). « Ces deux entités se complètent dans leurs actions », avait-il estimé.

 

Les 12 000 soldats de la Minusca déployés dans le pays sont aujourd’hui seuls en première ligne face au regain de violences, en attendant la refondation – encore lointaine – d’une armée centrafricaine.

 

Selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, plus de 6 000 personnes ont fui des violences dans l’ouest de la Centrafrique depuis la mi-juin pour se réfugier au Tchad et au Cameroun. Début juillet, au moins 10 personnes ont été tuées dans des affrontements dans l’est du pays, à Bambari.

 

Un pays instable

 

Résumons.

 

Peu après son indépendance, le pays est tombé sous la coupe de Jean-Bedel Bokassa, de 1966 à 1976, qui alla jusqu’à se proclamer « empereur de Centrafrique ». D’abord soutenu par la France, le dictateur est finalement renversé en 1979 par l’ancienne puissance coloniale, inquiète de la tournure répressive du régime, ainsi que par le soutien qu’il apporte à la Libye, qui lutte contre les intérêts français au Tchad.

 

Après un régime militaire, Ange-Félix Patassé est élu président de la République centrafricaine en 1993. Dix ans plus tard, il est renversé par le général François Bozizé, originaire de l’ouest du pays. Assez rapidement, un premier conflit oppose certaines ethnies nordistes au reste du pays. En 2007, après l’intervention militaire de la France au profit du régime, les rebelles déposent les armes. Leur chef, Michel Djotodia, rallume la guerre fin 2012, en rassemblant ses anciens partisans, et en recevant le soutien de mercenaires soudanais et libyens. À la tête de la Sekela, il conquiert la capitale, Bangui, en mars 2013. Jugeant le régime perdu, la France n’est pas intervenue.

 

Rapidement, l’autorité de l’État disparaît, et l’anarchie règne. Les rebelles saccagent la capitale et commettent des exactions contre les chrétiens. En face, les «anti-Balaka», une milice pilotée par l’ex-président François Bozizé en exil s’arme et s’attaque aux musulmans, assimilés aux rebelles. Devant les affrontements, la France n’a pas d’autre choix que de déployer l’opération Sangaris, pour stabiliser le pays.

 

Ne pouvant agir seule, la France a demandé la création d’une mission onusienne, la Minusca, forte de 10 000 soldats et de 2000 policiers. Composée en majorité de contingents africains, qui agissent souvent en fonction des intérêts de leurs dirigeants (les Tchadiens soutenant les rebelles dont ils sont ethniquement proches), cette force a également été accusée d’abus sexuels. Certains militaires français sont également soupçonnés d’avoir commis de tels actes.

 

Quel bilan pour Sangaris ?

 

L’heure est au bilan. Pour Jean-Yves Le Drian, l’opération « a réussi à ramener le calme et à empêcher l’inacceptable», avait-il déclaré en mars dernier devant les forces françaises stationnées à Bangui. Depuis le 30 mars, la Centrafrique a enfin un président élu, en la personne de Faustin-Archange Touadéra, ancien Premier ministre de François Bozizé.

 

L’instabilité demeure cependant. Outre les anciens rebelles de la Sekela qui se sont reconvertis dans le brigandage, la Centrafrique subit les infiltrations de l’Armée de résistance du Seigneur, une secte apocalyptique venue d’Ouganda et soutenue par le Soudan.

 

Pour poursuivre le désarmement et la réintégration des différentes milices, l’ONU et les autorités centrafricaines doivent offrir un travail aux anciens combattants, et mettre sur pied une armée régulière digne de ce nom. Cette mission de formation de l’armée centrafricaine, confiée à l’Union européenne sera, dans la pratique, remplie par les Français. Malgré la fin de Sanagris, il est prévu qu’environ 300 soldats demeurent dans le pays.

 

La France ne plie donc pas complètement bagage…

 

Guillaume Almalech-Asmanoff

 

Lu pour vous : Sangaris : la France quitte (un peu) la Centrafrique

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