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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 12:54
Lu pour vous : Obama s’en va sans régler les fractures

 

TENSIONS RACIALES

 

http://www.liberation.fr/  Par Frédéric Autran, correspondant à New York — 10 juillet 2016 à 20:01

 

Après les tragédies de la semaine dernière, les Etats-Unis, qui ont élu il y a huit ans leur premier président afro-américain, semblent plus que jamais divisés.

 

Fracture, rupture, clivages. Après une semaine sanglante, marquée par la mort de deux Noirs aux mains de la police, puis celle de cinq policiers abattus par un Noir qui voulait «tuer des Blancs», le champ lexical de la division inonde les médias américains. «Une nation divisée, unie dans le deuil», titrait ainsi vendredi le Wall Street Journal, au lendemain de la tuerie de Dallas.

 

Des coalitions irréconciliables

 

Dans tout le pays, les drapeaux ont été mis en berne pour cinq jours. Partout, des habitants déplorent aussi bien la mort d’Alton Sterling et Philando Castile, énièmes victimes manifestes d’abus policiers, que celle de cinq officiers fauchés par les balles d’un extrémiste antiblanc. Mais derrière cette atmosphère de deuil national, les clivages demeurent. Signe des très vives tensions, malgré le choc suscité par la tuerie de Dallas, les manifestations contre les violences n’ont pas faibli au cours du week-end. Dans la nuit de samedi à dimanche, plus de 200 personnes ont été arrêtées dans le pays, dont, à Baton Rouge (Louisiane), Deray McKesson, figure du mouvement Black Lives Matter («La vie des Noirs a de l’importance»). Dans le Minnesota, un rassemblement a dégénéré, faisant une vingtaine de blessés parmi les policiers. Dimanche, Barack Obama a dénoncé les violences contre les forces de l’ordre, estimant qu’elles risquaient de «desservir la cause» de ceux qui réclament une réforme du système judiciaire et des méthodes policières. Partout dans le pays, les forces de l’ordre sont en alerte après l’attaque de Dallas, perpétrée par Micah Johnson. Cet ex-soldat de 25 ans, vétéran d’Afghanistan, était empli de rage (lire ci-contre). Cette même colère dont débordent aujourd’hui, pour des raisons diverses, de nombreux Américains, des membres de la NRA (le lobby pro-armes) aux militants de Black Lives Matter, en passant par les partisans de Donald Trump. Abasourdie par l’attaque de Dallas, la classe politique a affiché une cohésion rarement vue ces dernières années. «Nous devons faire beaucoup plus pour nous écouter les uns les autres, nous respecter les uns les autres», a déclaré Hillary Clinton. Tonalité similaire chez Trump «Notre nation est devenue trop divisée. Trop d’Américains ont le sentiment d’avoir perdu espoir. Les tensions raciales ont empiré. Ce n’est pas le rêve américain que nous voulons pour nos enfants», a souligné le candidat républicain dans un communiqué inhabituellement sobre.

 

Une présidentielle polarisée

 

Face à l’onde de choc, les deux rivaux ont mis brièvement leur campagne entre parenthèses. Mais à une semaine des conventions - républicaine d’abord, démocrate ensuite -, la trêve sera forcément de courte durée entre deux candidats qui incarnent eux-mêmes cette nation divisée. «A bien des égards, on a le sentiment que personne ne représente l’ensemble des Américains», estime le stratège démocrate Peter Hart. «Donald Trump a son électorat, Hillary Clinton a le sien. Mais aucun ne parle réellement de la façon de rassembler le pays», confie-t-il à Politico.

 

Cette campagne présidentielle, la plus polarisée depuis des décennies, ressemble en effet de plus en plus à l’affrontement de deux coalitions irréconciliables. D’un côté, un bloc démocrate composé principalement des minorités, des étudiants et des Blancs urbains et progressistes. De l’autre, un électorat républicain peu éduqué, plus âgé et majoritairement blanc. Le dernier baromètre politique du Pew Research Center confirme ces clivages : Donald Trump séduit davantage l’électorat blanc (51 % contre 42 %) alors que Hillary Clinton est soutenue massivement par les Noirs (91 % contre 7 %) et les Latinos (66 % contre 24 %). « Je pense que nous nous dirigeons vers une élection très divisée et basée sur la race», prédit le révérend Al Sharpton, figure de la communauté noire.

 

Au pouvoir depuis huit ans, Barack Obama préside aujourd’hui une nation fracturée. Fantasmé lors de son accession au pouvoir, le mythe d’une Amérique postraciale s’est effondré il y a bien longtemps. Pire : l’arrivée à la Maison Blanche du premier président noir des Etats-Unis a revigoré le racisme. Donald Trump, qui a longtemps mis en doute la nationalité de Barack Obama et bénéficie aujourd’hui du soutien des suprémacistes blancs, en est le produit. «L’Amérique n’est pas aussi divisée que certains le suggèrent, a tenté de rassurer samedi le président américain, en visite en Pologne. Il y a du chagrin, de la colère, de l’incompréhension. Mais il y a aussi de l’unité.» Unis, les Américains le sont surtout dans le constat de l’existence d’un problème racial. D’après une enquête sur le racisme publiée en juin par le Pew Research Center, seuls 46 % des Blancs estimaient que les relations raciales étaient bonnes, loin des 66 % de l’été 2009, peu après la prise de fonction d’Obama. Chez les Afro-Américains, la chute est encore plus prononcée : 34 % le mois dernier contre 59 % en juin 2009.

 

Frédéric Autran correspondant à New York

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