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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 11:41
Lu pour vous : La Centrafrique au fond de l’abîme

 

 

LE MONDE | Par Cyril Bensimon 12.07.2016 À 10H23 • MIS À JOUR LE 12.07.2016 À 10H24

 

Trois ans de crises politiques et de déchirements entre chrétiens et musulmans ont laissé la RCA exsangue. Si l’espoir renaît depuis l’élection d’un nouveau président en février, les photos du reporter William Daniels montrent un pays ravagé par la misère.

 

La République centrafricaine sort peu à peu des radars de l’actualité tragi­que. L’élection, en février, d’un nouveau président, Faustin-Archange Touadéra, a suscité une authentique vague d’optimisme. L’espérance, pour ce pays à l’histoire jalonnée de coups d’Etat, de rébellions et de mutineries, de sortir enfin de sa crise la plus grave – trois ans de plongée vers l’abîme où se sont déchirées communautés chrétienne et musulmane alors que les fonde­ments du conflit reposaient principalement sur le contrôle du pouvoir et des richesses.

 

La France, qui n’attendait que cette embellie, en a profité pour annoncer la fin de l’opération Sangaris. Cette intervention militaire avait été déclenchée en décembre 2013 pour stopper les massacres intercommunautaires qui avaient suivi le ­renversement du président par la rébellion Séléka, à dominante musulmane.

 

François Bozizé avait lui-même pris le pouvoir par la force en 2003. En réaction au coup d’Etat de 2013, les anti-balaka, des milices majoritairement chrétiennes, avaient commis à leur tour des exactions contre les civils.

 

Partir sans vraiment quitter. Partir pour mieux revenir. Cela est devenu une habitude pour les soldats de l’ancienne puissance coloniale. La RCA n’en a pourtant pas fini avec ses tourments. A Bangui, la capitale, comme à l’intérieur du pays, les armes crépitent encore régulièrement. Sur ces photos de William Daniels, il n’y a ni soldat français ni casque bleu. Seulement un milicien, de dos, surveillant la mine d’or de Ndassima. « Un lieu hallucinant. Pour y accéder, il faut grimper une colline pour se retrouver au-dessus d’un cratère de 70 à 80 mètres de profondeur avec des centaines de travailleurs à ­l’intérieur. Quelques jours avant ma première visite, en septembre 2014, un ­glissement de terrain avait fait 27 morts », raconte le photoreporter.

 

Protéger des intérêts commerciaux

 

L’exploitation des richesses naturelles, si elle n’est pas le moteur du conflit entre les différents groupes armés, en est un carburant. En RCA, on se bat aujourd’hui pour protéger sa communauté, défendre ou conquérir un territoire, des intérêts commerciaux. A cela s’ajoute un banditisme en pleine expansion du fait de la profusion d’armes. Les lignes de fractures bougent mais les tensions demeurent.

 

« LA SITUATION DU PAYS DEMANDAIT ­D’EFFECTUER UN TRAVAIL EN PROFONDEUR, D’AUTANT QUE LA PLUPART DES ÉCLAIRAGES NE SE FONT QU’EN PÉRIODE DE FORTE ACTUALITÉ. »WILLIAM DANIELS, PHOTOGRAPHE

 

William Daniels a découvert la Centrafrique en novembre 2013. Il y est retourné neuf fois. « Lors de mes cinq premiers voyages, je me suis consacré à la couverture de l’actualité. Mais ensuite, j’ai ­souhaité réaliser des images plus personnelles, me concentrer sur les causes et les circonstances du conflit avec une démarche plus proche du documentaire. La situation de ce pays demandait ­d’effectuer un travail en profondeur, d’autant que la plupart des éclairages ne se font qu’en période de forte actualité », explique-t-il. Cela lui a été notamment possible grâce à la bourse Tim Hetherington, du nom d’un photojournaliste tué en avril 2011 en Libye, octroyée par le World Press Photo, le prix le plus prestigieux de la profession ; ainsi que la bourse Getty.

 

Un quotidien de douleur et d’espoir

 

Retournera-t-il en Centrafrique ? « Après mon dernier voyage, en mars 2016, je m’étais dit que c’était fini. Mais avec les nouvelles tensions à Bangui et dans le nord du pays, il n’est pas exclu que je continue », admet-il.

 

« Zo kwe zo » – un homme est égal à un autre – est l’une des devises de la RCA. William Daniels s’est attaché à montrer les Centrafricains dans leur quotidien fait de douleur et d’espoir. Plus que la violence de la guerre, c’est l’effondrement d’une nation qui transparaît derrière ses images.

 

Déchirée par les massacres entre ­communautés chrétienne et musulmane, ainsi que les conflits nés de l’exploitation de ses ressources minières, la RCA peine à se sortir du chaos. La mine d’or de Ndassima, près de la ville de Bambari, est la plus importante de Centrafrique. Des centaines de mineurs y produisent près de 15 kg d’or par mois. Elle est contrôlée par le général Ali Daras, ancien membre de la rébellion Séléka, qui protège les mineurs contre paiement.

Lu pour vous : La Centrafrique au fond de l’abîme

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