Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 17:29

 

 

Il y’a décidément quelque chose d’affligeant à observer l’actualité en République centrafricaine, avec chaque jour, des faits ahurissants. C’est à croire que ce pays est maudit. 

 

L’information date de la semaine dernière mais nous venons de l’apprendre : Justino Dede Sombo, ex-blogueur de takaparler, est nommé comme chargé de mission au cabinet du président de l’Assemblée nationale.  

 

La nouvelle aurait pu faire pisser de rire le diable s’il ne s’agissait pas de Karim Meckassoua, champion auto-proclamé de l’éthique et de la méritocratie républicaine. 

 

L’éthique d’abord. C’est un secret de polichinelle que Justino Dede Sombo dit « Lerco » est un repris de justice notoire. Condamné en France pour escroquerie, faux et usage de faux, utilisation de moyens de paiement volés, il avait été incarcéré à Angers avant d’être rapatrié à Bangui en 2011. Une fois de retour dans son pays, il s’était lié d’amitié avec Aimé-Vincent Bozizé dit papy et a été au coeur de l’escroquerie de la société de téléphonie Télécel qui avait livré à ces derniers des cartes de crédit de plusieurs millions de Cfa. La société n’a jamais pu recouvrer sa créance et l’affaire est pendante devant la justice. C’est donc pour se soustraire à la justice centrafricaine qu’il avait regagné la France sous une fausse identité en passant par Bruxelles, via Cotonou. 

 

Le mérite républicain ensuite. Meckassoua a-t-il exigé un curriculum vitae à son chargé de mission avant de le nommer ? Car ce dernier n’a aucune compétence dans le domaine de la communication. Tenir un blogue sur lequel on publie des articles repris à partir d’autres sources ne fait pas de Justino Dede Sombo un spécialiste de la communication. D’ailleurs, il est incapable de rédiger correctement un simple communiqué de presse. Sait-il au moins rédiger une dépêche? Rien n’est moins sûr. Sinon, il ne se contenterait pas par exemple de publier in extenso les déclarations de son champion. Car il aurait su que les internautes, entre les réseaux sociaux et les médias audio-visuels, ne consacrent en moyenne que deux à trois minutes pour lire les sites informatifs. C’est pourquoi, les professionnels, les vrais, publient souvent la quintessence des discours et autres déclarations sous forme de dépêche afin de capter l’attention des lecteurs. Ça s’appelle de l’écriture numérique. 

 

Ce qui est affligeant, c’est que le président de l’Assemblée, d’ordinaire très précautionneux, s’est laissé abuser de bonne foi par ce personnage sulfureux et infréquentable. D’autant que le métier de communiquant à ses règles et ses codes dont il faut maitriser. Il ne suffit pas de singer les professionnels pour se considérer comme un vrai professionnel. Où et à quel moment Justino Dede Sombo a-t-il étudié la communication ?  

 

Au-delà, c’est la leçon à tirer de cette pantalonnade. Il est évident que tous ceux qui se sont découverts un nouveau métier, celui de redresseur de torts sur internet, ne visent qu’un seul objectif : être appelés à la mangeoire. On remarquera que maintenant que son objectif est atteint et qu’il a la bouche pleine, il a délaissé son blogue. Alors, takaparler maintenant ! 

 

Michel Koyt.  

 

Centrafrique : takaparler maintenant voir ! par Michel Koyt

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com