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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 12:33

 

                                         

Depuis l'assaut des groupes armés consacrant l'accession de la coalition militaire à la magistrature suprême en 2012, ma chère nation a connu une crise inqualifiable qui a transformé tous les indicateurs d'un digne État au rouge. L'Etat a perdu son autorité, les droits de l'homme piétinés, les femmes voilées, des meurtres et des assassinats, l'insécurité galopante...bref, un pays de non-droit.

 

La communauté internationale et les institutions financières internationales ont aidé la Centrafrique à travers une transition politique chaotique à rétablir l'ordre constitutionnel, la sécurité et la quiétude. Le constat   de ces derniers temps montre que la sortie de la crise est en crise pour de multiples raisons. La fragilité sécuritaire est la conséquence de la passivité, du laxisme, de l'hésitation, du manque de courage politique, du manque de fermeté des nouvelles autorités. Nous remarquons à contrario la ferme volonté de trouver des solutions idoines à la crise mais le gouvernement ne sait par où commencer.

 

Face à cette perte de repères, les représentants du peuple à l'assemblée nationale ont pris l'initiative de convoquer le gouvernement sur la base des dispositions constitutionnelles. La démarche parlementaire est louable, efficace mais inadaptée. La convocation du gouvernement devant les parlementaires consiste à auditer, évaluer à mi-parcours les actions ou programmes du gouvernement alors que ce dernier, depuis leur mise en place couronnée par la validation de leur programme par les parlementaires est resté inerte et inanimé.

 

Quel est l'acte positif que le gouvernement a posé en faveur de la paix ? En cas de réponses affirmatives, quels sont les effets ou impacts ? Le ministre de La Défense est inexistant sur les dossiers sécuritaires, celui de l'intérieur et de la sécurité publique ne cesse de s'embourber et passe son temps à condamner les actes criminels tout en saupoudrant des mesures non adaptées à la réalité du terrain. Le ministre de la justice ignore quant à lui qu'il est le garant du respect des droits de l'homme et de la restauration de l'autorité de l'Etat...bref, le garde des sceaux. Dès lors que la justice a identifié les criminels et ennemis de la paix qui défient l'autorité de l'Etat, quel est la conduite à tenir ?

 

Avec cette recrudescence de l'insécurité,  on a l'impression de revenir à la case départ. Sur le terrain, les opérations militaires des forces internationales ne donnent pas satisfaction car leur rôle ambigu dépend largement de la politique et relation internationale. L'ambiguïté de leur rôle explique l'embargo imposé sur les armes nonobstant les nombreuses garanties présentées par notre pays.

 

Face à ce désordre dans l'ordre, le gouvernement doit prouver sa capacité à gérer la crise et doit prendre conscience que la sécurité du peuple n'est pas négociable. En attendant le financement du désarmement des groupes armés, le gouvernement doit créer un espace de dialogue avec les délégués représentatifs des groupes armés sur la base d'un programme chronologique clair. Il ne faut pas oublier que le désarmement est généralement mené dans le cadre d'un accord bilatéral ou multilatéral.

 

Devant la complexité de la crise centrafricaine, nous nous permettons de vous proposer une révision à court terme de la constitution en vue d'instituer un régime civil d'état de crise. Parallèlement, l'instauration d'un Etat d'urgence prolongée pourra se révéler utile pour pacifier et désarmer de force les zones sensibles. L'état d'urgence doit trouver un équilibre entre sécurité et liberté en procédant à des perquisitions administratives et des assignations à résidence, etc...

 

Quant à vous Monsieur le premier ministre, vous devriez éviter le politiquement correct car à l'image d'une compétition de football, un sélectionneur ou un entraîneur n'a pas nécessairement besoin de la mi-temps pour faire un changement ou de faire un recadrage alors que son équipe est entrain de sombrer. Ces différents tâtonnements pourraient contribuer au rétablissement rapide de la sécurité sur l'ensemble du territoire national. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.                           

 

Bruxelles, le 01 Juillet 2016.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections

 

CENTRAFRIQUE : LA SORTIE DE LA CRISE EST EN CRISE par Bernard SELEMBY DOUDOU

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