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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 12:51

 

 

08/06/16 (AFP)

 

Un haut-responsable de l'ONU, Anders Kompass, a démissionné pour protester contre "la totale impunité" concernant les cas de viols sur des enfants commis par des Casques bleus en Centrafrique, selon un communiqué de l'ONG UN Watch publié mardi.

 

La démission de M. Kompass, directeur des des opérations sur le terrain au Haut-Commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme, a été confirmée à l'AFP par un porte-parole de l'ONU, qui a précisé qu'elle est intervenue il y a "quelques semaines" et qu'elle "prendra effet à la fin août".

Aucune indication sur les raisons de la démission n'a été donnée par le porte-parole de l'ONU.

 

"La totale impunité pour ceux qui ont abusé de leur autorité, à divers degrés, associée au manque de volonté de la hiérarchie d'exprimer tout regret (...) confirme" que l'ONU n'a pas l'habitude de rendre des comptes, a déclaré Anders Kompass cité par UN Watch.

 

Dans ces conditions, il est "impossible pour moi de continuer à travailler ici", a-t-il ajouté.

Anders Kompass, de nationalité suédoise, a travaillé à Genève pendant plus de 30 ans pour le compte de l'ONU.

 

M. Kompass est à l'origine de la fuite du rapport confidentiel de l'ONU sur les "abus sexuels sur des enfants par les forces armées internationales", qu'il a transmis à la justice française en juillet 2014, estimant que l'organisation tardait à agir.

 

Selon Hillel Neuer, directeur exécutif de UN Watch, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et le Haut Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme Zeid Ra’ad Al Hussein doivent "présenter leurs excuses à M. Kompass, qui est un héros pour avoir tenté de protéger des enfants violés, contrairement à d'autres responsables de l'ONU".

 

Dans un rapport publié en décembre 2015, un groupe d'experts indépendants avait vivement critiqué la manière dont l'ONU avait réagi à des accusations de viols, notamment d'enfants, en Centrafrique.

 

L'ONU fait face depuis plusieurs mois à un scandale planétaire lié aux viols dont sont accusés des Casques bleus en opération dans des pays où ils sont censés protéger les populations.

 

Selon le dernier rapport annuel du secrétaire général de l'ONU, 69 cas d'agressions sexuelles auraient été commis par des Casques bleus en 2015, en "nette augmentation" par rapport à 2014.

 

A elles seules, deux missions cumulent la moitié des cas: la Minusca en Centrafrique et la Monusco en République démocratique du Congo.

 

 

Le lanceur d’alerte Anders Kompass quitte l’ONU

 

https://www.letemps.ch

 

Le directeur des opérations du Haut-commissariat des droits de l’homme, à l’origine des révélations sur les abus sexuels commis par des soldats français, a démissionné

 

Sa position était devenue intenable. Anders Kompass, le directeur des opérations du Haut-commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, basé à Genève, a démissionné. Le diplomate suédois était à l’origine des révélations sur des abus sexuels commis par des soldats français en Centrafrique. En été 2014, il avait transmis un rapport confidentiel aux autorités françaises pour qu’elles engagent des poursuites contre les responsables présumés.

 

Anders Kompass a annoncé son départ à l’agence d’information sur l’actualité humanitaire IRIN. Il dénonce «l’impunité totale de ceux qui ont abusé de leur autorité». «L’absence de regrets de la hiérarchie» pour le traitement subi fait qu’il lui est «impossible de continuer à travailler» au Haut-commissariat des droits de l’homme.

 

En avril 2015, il avait été suspendu de ses fonctions, accusé de n’avoir pas protégé l’anonymat des victimes présumées et des témoins. Un tribunal de l’ONU avait ordonné sa réintégration le mois suivant. Il avait enfin été blanchi en décembre de la même année par un panel indépendant mandaté par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon pour faire la lumière sur la gestion de cette affaire.

 

«De bureau en bureau»

 

Les experts n’étaient pas tendres. Les responsables de l’Unicef à Bangui et ceux du Haut-commissariat des droits de l’homme n’ont pas transmis ces accusations à leurs supérieurs et ils ont tardé à protéger et à aider les enfants. «Les informations sur ces accusations sont passées de bureau en bureau», estimaient-ils.

 

«Personne n’a voulu prendre la responsabilité de traiter ces graves violations des droits de l’homme» jusqu’à ce qu’elles parviennent au directeur des opérations à Genève. La Centrafrique est alors pleine guerre civile. De l’avis général, l’intervention militaire française, a permis d’éviter un encore plus grand bain de sang.

 

Le Haut-commissaire aux droits de l’homme, le Jordanien Zeid Ra’ad Al-Hussein, n’a jamais pardonné à Anders Kompass, le numéro trois de l’organisation, de ne pas l’avoir informé de cette affaire. «Il a fait les choses justes mais de la mauvaise manière», a-t-il asséné l’an dernier, interrogé par le New York Times.

 

De retour en Suède?

 

«La démission d’Anders Kompass est intervenue il y a plusieurs semaines», confirme Rupert Colville, le porte-parole du Haut-commissariat. Il sera libéré de ses obligations à la fin du mois d’août mais son départ effectif devrait intervenir courant juin. Il se murmure qu’il a retrouvé de l’embauche au Ministères des Affaires étrangères suédois. Son pays l’a toujours défendu.

 

Malgré l’ouverture d’enquêtes par la justice française, aucun soldat n’a encore été condamné. Les enfants, pour certains âgés de huit ans, accusent les militaires de les avoir forcés à des fellations contre des biscuits. Des soldats d’autres nationalités étaient aussi accusés de sévices sexuels. Bien d’autres accusations ont depuis été proférées contre le contingent français ainsi que des Casques bleus en Centrafrique.

 

Malgré la politique de tolérance zéro proclamée par l’ONU, les condamnations sont très rares. Il appartient en effet aux Etats de juger leurs ressortissants. Selon l’ONU, 44 cas d’abus sexuels commis par des soldats de maintien de la paix ont été recensés depuis le début de l’année, dont plus de la moitié en Centrafrique.

 

Viols d'enfants par des Casques bleus en Centrafrique: démission du lanceur d'alerte de l'ONU Anders Kompass

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