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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 11:49

 

 

Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain

Justice – Liberté – Travail

Membre de l’Internationale Socialiste

M.L.P.C

 

Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain

Justice – Liberté - Travail

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

 

     BUREAU POLITIQUE

          GROUPE PARLEMENTAIRE MLPC

 

DECLARATION DU GROUPE PARLEMENTAIRE MLPC RELATIVE AU DISCOURS PROGRAMME DU

PREMIER MINISTRE CHEF DU GOUVERNEMENT

Son excellence SIMPLICE MATHIEU SARANDJI

 

Conformément à l’article 54 de la Constitution du 30 mars 2016, Son Excellence Simplice Mathieu SARANDJI, Premier ministre, Chef du Gouvernement a exposé devant la représentation nationale, en date du mardi 07 juin 2016, son programme de politique générale.

 

Le Groupe Parlementaire du « Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain »  (MLPC) a suivi avec une attention particulière ce discours-programme et s'est ensuite attelé à l'examiner dans ses moindres détails et dans son intégralité. Ce double exercice est impératif car à travers les représentants de la nation, c'est l'ensemble du peuple centrafricain qui veut s'assurer de la crédibilité et de la fiabilité de votre feuille de route. 

 

Nous commencerons par des observations de forme: le groupe MLPC pense que votre discours-programme est excessivement long, soit 73 pages au total. En plus, avec   l'enchevêtrement des priorités et des engagements forts, et la redondance de certaines thématiques, il n'est pas aisé d'identifier le fil conducteur de votre programme politique.

 

Mais passons à l'essentiel, c'est-à-dire au fond: dans tout le discours programme, il n'y a aucun chronogramme d'exécution des nombreuses actions que vous énumérez, et encore moins d'indications sur le coût de ces différents projets et programmes. Si comme vous l'affirmez, la pression fiscale est de 7,1% du PIB et que les salaires et autres fonctionnement absorbent 6% du PIB, votre marge de manœuvre est de 1,1% du PIB en recettes fiscales.

 

Comment vous allez vous y prendre  pour accroître sur la durée la pression fiscale et financer le développement de ce pays post-conflit?  Nous ne voyons pas d'indications ni de réponses claires à cette interrogation, car l'argent constitue le nerf de la guerre, et sans garantie ni certitude de ressources internes conséquentes, aucune politique de croissance et de développement ne pourra être menée dans la durée.

 

 Votre programme de politique générale est articulée autour de  quatre grands axes prioritaires qui nous inspirent les interrogations suivantes:

 

I_ SUR LA PREMIERE PRIORITE DU GOUVERNEMENT : PAIX, SECURITE ET COHESION SOCIALE, nos préoccupations portent sur quatre points:

 

Premièrement,  en pages du 5, 6 et 7 du document vous avez développé votre vision du programme national de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Le Groupe Parlementaire MLPC constate que dans votre gouvernement, aucun ministre n'est en charge du DDRR, puisque c'est un Ministre Conseiller Spécial du Président de la République, Coordonateur du DDRR, à la RSS et la Réconciliation Nationale, nommé par Décret N° 16.247 du 18 mai 2016  qui en a en charge cette responsabilité.

 

Il résulte de cette situation que l'Assemblée nationale  se trouve de facto dessaisi de toute possibilité d’interpellation du Ministre en charge du DDRR et de la RSS puisqu'il n'y en a pas au gouvernement. Cette situation ne va pas sans violer la disposition de l’article 89 de la Constitution du 30 mars 2016 qui énonce les moyens d’information, de contrôle et d’action du Parlement sur le Gouvernement au nombre desquels, il faut ranger l’interpellation collective du gouvernement, et l’interpellation individuelle des membres du gouvernements. Il nous faut une réponse de votre part par rapport à cette situation de droit.

 

Deuxièmement, aujourd'hui toute la population centrafricaine réclame à cor et à cri  le redéploiement sur le terrain des Forces Armées Centrafricaines (page 11 1er et 2ème paragraphe). Cependant, votre discours programme ne fait allusion à aucun  chronogramme relatif à la formation, à l’équipement et au déploiement des éléments FACA sur le terrain, dans un contexte où les groupes armés semblent reprendre du poil de la bête et écument différentes zones du nord et de l’est du pays. 

 

Troisièmement,  à la page 11, vous affirmez que le  groupe terroriste Boko Haram est déjà présent dans le nord de notre pays. Compte tenu du mode opératoire de ce groupe terroriste, vous devez nous informer des mesures envisagées par le gouvernement pour leur faire face, si vous confirmez cette information.

 

Quatrièmement,  à la page 15, vous parlez  des 176 Maires que compte le pays, sans nous dire  si les Maires en Centrafrique vont assez rapidement être élus ou si la pratique des délégations spéciales a encore de beaux jours devant elle. Nous rappelons que la lettre et l’esprit de l’article 129 al. 3 de la Constitution du 30 mars 2016 impose que les Maires soient désormais élus.

 

II-SUR LA DEUXIEME PRIORITE DU GOUVERNEMENT : LA RELANCE ECONOMIQUE

 

Sur cette seconde priorité, le Groupe Parlementaire MLPC relève les points suivants:

Premièrement, on note, qu'à la page 22, il est évoqué la volonté du Gouvernement de relancer durablement l’agriculture, mais aucune mesure concrète n'est proposée pour la  relance des filières agricoles, notamment les filières du coton, du café, et du palmier à huile, notamment de la  palmeraie de Bossongo, pour ne citer que ces trois secteurs.

 

- le secteur du coton, qui fait vivre plus d'un million de centrafricains, est en mort clinique: depuis  la disparition après le 15 mars 2003 de la Société Cotonnière Centrafricaine (SOCOCA), les cotonculteurs sont en proie à de graves problèmes : très faible production, non achat, précarité sociale des producteurs, dégradation avancée des routes, pistes et ponts autrefois entretenues par la filière cotonnière. En  lieu et place de la SOCOCA, et depuis 2006, nous avons plutôt une Cellule Coton directement rattachée au Ministère de l’Agriculture, dépourvue de tout statut juridique, et donc de personnalité juridique nécessaire à l’accomplissement de ses fonctions. Le Groupe Parlementaire MLPC pose donc au Premier ministre, Chef du Gouvernement, la question de savoir ce que le gouvernement compte faire pour opérer un changement rapide dans ce secteur si important de l’économie nationale ?

 

- la filière caféière est totalement désorganisée et, le café centrafricain produit dans des conditions très difficiles est vendu au tiers du prix normal c'est-à-dire bradé à des acheteurs souvent venus des pays voisins.

 

- Enfin la filière de l'huile de palme, avec la société CENTRAPALM traverse une grave crise sans que soient recherchées, proposées et appliquées des mesures de redressement. Que compte faire le Gouvernement actuel pour une redynamisation de cette filière et pour sauver cette exploitation?

 

Deuxièmement, si la mise en valeur de nos richesses minières évoquée en page 29 ne peut se concevoir sans la révision du Code Minier, il est plus urgent que les différentes conventions existantes et à venir soient connues de la représentation nationale, afin d'en vérifier les apports réels sur le plan fiscal et budgétaire..

 

Pour terminer, nous relevons que le présent débat politique qui est d’une grande importance pour notre pays  n’est malheureusement pas suivi en dehors de la capitale Bangui, du fait que la Radio nationale centrafricaine n’émet plus sur les ondes courtes depuis le sabotage des installations de Bimbo. Même si dans votre discours programme, vous n'avez pas fait mention de la volonté du gouvernement de parvenir dans un bref délai à une réhabilitation totale de la Radio nationale,  dans l’intérêt du peuple centrafricain, nous espérons que vous y penserez.

 

Le Groupe Parlementaire MLPC vous accordera sa confiance, Monsieur le  Premier ministre, et nous vous jugerons à l'acte. La confiance oui, mais la vigilance sera de mise !

 

Pour le Groupe Parlementaire MLPC,

 

Le Président du Groupe

 

 

Honorable Clément NOBONA,

Député de Kabo I

 

 

DECLARATION DU GROUPE PARLEMENTAIRE MLPC RELATIVE AU DISCOURS PROGRAMME DU PREMIER MINISTRE CHEF DU GOUVERNEMENT

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