Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

7 juin 2016 2 07 /06 /juin /2016 15:40

 

Des Congolais ont fait 18 morts en Centrafrique

 

Par Rédaction The Associated Press  07/06/2016 Mise à jour : 7 juin 2016 | 10:35 

 

DAKAR, Sénégal – Des soldats congolais déployés en République centrafricaine pour le compte des Nations unies ou de l’Union africaine ont tué au moins 18 personnes, dont des femmes et des enfants, entre décembre 2013 et juin 2015, a affirmé mardi Human Rights Watch.

 

L’organisation new-yorkaise de défense des droits de la personne reproche à la République du Congo de ne pas avoir enquêté de manière crédible sur ces meurtres et l’incite à demander des comptes à ses militaires.

 

HRW affirme qu’une fosse découverte en février près d’une base militaire contenait les restes de 12 personnes qui, selon les soldats congolais, s’étaient échappées après avoir été détenues en mars 2014.

 

Le groupe a également documenté les cas de deux leaders d’une milice chrétienne qui ont été torturés à mort à Bossangoa en décembre 2013, l’exécution publique de deux miliciens présumés en février 2014 et le décès de deux civils qui ont été battus à mort à Mambere en juin 2015.

 

«La découverte des 12 corps est une preuve accablante d’un crime horrible commis par les soldats congolais, qui avaient été envoyés pour protéger la population, et non pour la victimiser», a dénoncé le responsable de HRW en Afrique, Lewis Mudge.

 

HRW dit avoir écrit au président congolais Denis Sassou N’Guesso pour demander la tenue d’une enquête. Les pays qui fournissent des hommes aux missions de l’ONU et de l’UA sont ensuite responsables de traduire en justice les soldats accusés de crimes.

 

Le rapport explique que le leader d’une milice chrétienne s’est querellé avec les militaires congolais en 2014, tuant l’un d’entre eux. Les soldats ont ensuite encerclé sa résidence, arrêtant 12 personnes. On comptait parmi les détenus cinq femmes, dont une qui était enceinte, et deux enfants âgés de sept mois et dix ans.

 

Des témoins ont raconté avoir entendu des coups de feu et vu des traces de sang.

 

L’UA a temporairement suspendu les commandants à Boali et à Bossangoa en juin 2014, et leurs soldats ont été redéployés ailleurs au pays, selon le document.

 

Une mission onusienne a pris le relais de la force de l’UA en septembre 2014, en exigeant que les soldats congolais soient remplacés.

 

 

http://www.itele.fr/ 7 juin 2016

 

Des soldats congolais opérant en tant que Casques bleus dans la Mission de l’ONU en République centrafricaine (Minusca) ont tué au moins 18 personnes, dont des femmes et des enfants, entre 2013 et 2015, selon un rapport publié mardi 7 juin par l’ONG Human Rights Watch.

 

De nouvelles accusations d’exactions en Centrafrique. Selon un rapport d’Human Rights Watch (HRW) paru ce mardi 7 juin, des Casques bleus congolais ont tué au moins 18 personnes entre décembre 2013 et juin 2015, lors de leur mission de maintien de la paix en République centrafricaine.

 

D’après HRW, ces crimes ont eu lieu alors que les soldats opéraient au sein de la mission de l’Union africaine en Centrafrique (Misca), puis au sein de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca), qui lui a pris le pas en décembre 2014.

 

Au moins 18 morts

 

L’enquête de HRW se base sur la découverte, le 16 février dernier à Boali, à 500m d’une base de Casques bleus, d’une fosse contenant les restes de 12 corps identifiés comme étant ceux de prisonniers détenus par les Casques bleus congolais en mars 2014. Le rapport indique:

 

L’exhumation des corps vient réfuter la thèse des Casques bleus selon laquelle les victimes s’étaient échappées.

 

Outre le massacre de ces 12 personnes, Human Rights Watch affirme pouvoir confirmer la mort de 6 autres personnes, tuées par des Casques bleus congolais:

 

Deux chefs anti-Balaka tués par torture à Bossangoa, en décembre 2013

 

Deux anti-Balaka présumés, exécutés publiquement à Mambéré, en février 2014

 

Deux civils battus à mort à Mambéré, en juin 2015

 

Concernant le massacre de Boali, HRW affirme avoir informé l’ONU et les autorités gouvernementales de Centrafrique de la location présumée de la fosse. "Mais ni les soldats de l’Union africaine, ni les Casques bleus de l’ONU, ni mêmes les autorités gouvernementales n’ont fait un effort pour protéger le site ou pour conduire une expérience médico-légale de l’exhumation afin de préserver des preuves pour de futures actions judiciaires", assène le rapport.

 

"Tuer ou non les femmes et les enfants"

 

Dans son rapport, Human Rights Watch retrace le déroulé du massacre de Boali, le 24 mars 2014. Les victimes ont été arrêtées à la suite d’une altercation d’un chef anti-balaka local avec des Casques bleus congolais, au cours de laquelle un de ces soldats a perdu la vie. "Enragés par la mort de leur collège, écrit l’ONG, les Casques bleus congolais ont encerclé la maison du chef anti-balaka, l’ont arrêté avec au moins 12 autres personnes, parmi lesquelles figuraient 5 femmes – dont une enceinte de six mois – et deux enfants – de 10 ans et 7 mois."

 

Les soldats de la Minusca ont ensuite ordonné aux habitants vivant à proximité de la base de rentrer chez eux et de fermer la porte, "la seule et unique fois" qu’ils donnaient de tels ordres, selon un témoin entendu par Human Rights Watch. L’ONG poursuit:

 

Plus tard cette même nuit, des témoins ont entendu des cris et une première salve de coups de feu venant d’une zone près de l’endroit où les victimes étaient confinées, suivie une heure plus tard par une autre volée de coups de feu, émanant du même endroit. Un témoin affirme avoir entendu un débat animé entre les Casques bleus congolais à propos de tuer ou non les femmes et les enfants, avant la seconde salve de tirs.

 

Des traces de sang ont été retrouvées le jour suivant à plusieurs endroits sur la base. Les soldats congolais ont ensuite interdit aux habitants de cultiver ou même de couper l’herbe sur une zone appelée "Usine Boali 3", située à 500 mètres de la base. "Les habitants ont déclaré qu’ils pensaient que c’est à cet endroit que les Casques bleus ont enterré les victimes", écrit HRW.

 

Deux ans plus tard, l’ONG révélera l’existence d’une fosse rassemblant les restes de 12 corps humains, à 500 mètres de la base des Casques bleus congolais. "Les corps étaient salement décomposé, écrit-elle dans son rapport du 7 juin, mais leurs vêtements, et d’autres objets distinctifs ont permis d’identifier les victimes comme étant les membres d’un groupe d’au moins 12 personnes que les soldats congolais ont arrêtés le 24 mars 2014."

 

Centrafrique, terre d’exactions

 

Ce n’est pas la première fois que des exactions sont commises par des membres de forces d’intervention extérieures en Centrafrique, depuis le début du mandat de l’ONU. Le 17 mai dernier, l’ONU indiquait avoir recensé depuis le début de l'année, 44 accusations d'abus sexuels qui auraient été commis par ses Casques bleus dans le monde. Parmi ces accusations, 29 concernent sa mission en République centrafricaine (Minusca).

 

Du côté de l’opération française Sangaris, présente en Centrafrique depuis la fin 2013, une procédure disciplinaire a été récemment ouverte contre cinq de ses soldats, accusés d'avoir passé à tabac deux Centrafricains à Bangui ou d'avoir laissé faire.

 

A la mi-mars dernière, des enquêteurs du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) avaient recueilli les témoignages d’une centaine de filles en Centrafrique, affirmant avoir été abusées sexuellement par des soldats des forces internationales. Onze mois plus tôt, l’ONG AIDS-Free World rendait publiques des accusations de pédophilie, émanant de jeunes garçons, à l’encontre de 13 militaires français de l’opération "Sangaris" et de cinq soldats africains de la Misca.

 

Comment expliquer qu’il y ait autant d’exactions en Centrafrique ? Pour Antoine Glaser, journaliste et ex-directeur de la Lettre du continent, ces exactions ne sont ni nouvelles, ni spécifiques à la Centrafrique :

 

Je pense que ça a toujours existé au niveau des Casques bleus. Ça a toujours existé, mais avant c’était vraiment l’omerta. Maintenant, on en parle beaucoup plus, ça sort plus facilement à travers les réseaux sociaux, car l’information n’est plus verrouillée comme elle l’a été à un certain moment.

 

Il affirme que ces exactions peuvent s’expliquer par la malformation, le mal-équipement et le mauvais entretien financier des Casques bleus.

 

Thierry Vircoulon, chercheur à l’Institut français des relations internationales, va plus loin :

 

Il y a eu beaucoup de mauvaises troupes parmi les Casques bleus. Tout simplement parce que la mission de l’ONU a été formée à partir de contingents africains, qui appartenaient initialement à la CEAC, qui ont été transféré à l’Union africaine. Les Nations unies ont hérité des contingents mauvais, venant d’armées n’étant pas très portées sur la discipline et le droit humanitaire. Cela peut s’expliquer comme cela.

 

Plus de 13.000 personnes ont été déployées par les Nations unies en Centrafrique pour les besoins de la Minusca.

 

 

Matthieu Beigbeder - Photo : 12 crânes appartenant aux 12 restes de corps humains, découverts dans une fosse à Boali (crédits Human Rights Watch)

Centrafrique : Des Casques bleus congolais ont tué au moins 18 personnes, selon HRW
Centrafrique : Des Casques bleus congolais ont tué au moins 18 personnes, selon HRW
Centrafrique : Des Casques bleus congolais ont tué au moins 18 personnes, selon HRW

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com