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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 13:40

 

 

Le Citoyen n° 4802 du 09 mai 2016

 

Décidemment en Centrafrique, le pouvoir n’est plus qu’une simple marchandise que se disputent les plus offrants, non pas en paroles, mais en espèces sonnantes et trébuchantes, pardi !

 

En effet, au pays de Boganda aujourd’hui, la démocratie ne marche plus avec les idées et les projets de société, mais avec l’argent et le pain. On dit que vous devez savoir « couper le pain », si vous voulez gagner les élections dans ce pays. C’est comme cela que les choses fonctionnent dans une société où dominent la faim et la misère, et où les hommes et les femmes n’existent qu’à partir du ventre en descendant. Mais les choses ne semblent pourtant pas s’être déroulées de cette manière pour l’élection de Faustin Archange Touadéra à la tête du pays, heureusement. C'est sûrement l’exception qui confirme la règle !

 

Mais il semble que la règle de fraction et de la distribution du pain s’impose de plus en plus partout dans le pays, jusque dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, ce heut lieu de la démocratie et rempart de l’éthique politique.

 

L’achat des consciences et la corruption ont bien fait irruption dans la salle de réunion des élus du peuple . Catastrophe !

 

Les choses ont commencé avec le rassemblement d’un grand nombre de députés autour d’un des leurs pour un repas dans un restaurant de la place. La presse a été aussi conviée. Au cours de ce repas, le député hôte ne s’est pas accommodé de la moindre économie de promesses à l’endroit de ses collègues. Voiture, argent, moyens de communication et autres facilités, objets de rêve de tout élu du peuple digne de ce nom, ont été miroités. Une enveloppe de cent mille francs CFA a même été remise à chacun des convives pour le transport à la fin du banquet.

 

Une dernière retrouvaille aurait eu lieu avant la tenue de l’élection du bureau de l’Assemblée nationale, au cours de laquelle des clés de voitures auraient été remises et des engagements pris en présence de notaires. Un bureau de l’honorable institution aurait été soumis à cette occasion qui serait exactement celui qui a été élu le vendredi 6 mai 2016, avec Abdou Karim Meckassoua au perchoir, Aurélien Simplice Zingas comme 1er vice-président et Timoléon Baikoua, deuxième vice-président de l’Assemblée nationale.

 

Bien naïf est celui qui reste médusé en apprenant que le député Abdou Karim Meckassoua a emprunté un tel chemin pour s’installer au perchoir, lui qui a toujours été présenté comme une personnalité compétente et intègre, sachant se lacer au-dessus de la mêlée. En vérité, de nombreux Centrafricains ont préféré fermer les yeux sur la méthode, en se disant qu’après tout, la fin justifie les moyens et qu’il vaut mieux celui-là au perchoir qu’un autre dont la présence à ce poste aurait posé d’autres problèmes bien plus complexes, Meckassoua est l’un de ceux qui étaient bien vus au perchoir. Mais il n’empêche qu’il a grandement terni son aura en se servant de la vulnérabilité de ses concitoyens, vulnérabilité qui a mis en lumière le danger qui guette la République et la démocratie.

 

En effet, avec ce qui vient de se passer avec l’élection du bureau de l’Assemblée nationale, les Centrafricains viennent de donner la preuve qu’ils peuvent tout vendre y compris leur âme, au plus offrant. Des députés dont le travail consiste à voter des lois, viennent de donner la preuve que même de slois scélérates pourront être votées, pourvu que des enveloppes circulent suivant la trajectoire qui convient.

 

Le vrai danger qu’il faut attaquer avec la dernière énergie, ce sont ces pratiques fortement mortifères pour la liberté, la démocratie et la République qui ont pour noms corruption et achat de conscience. Ce qui est sûr, il est impossible de construire l’avenir d’un pays avec de telles pratiques.

 

F. Kamondo

Lu pour vous : Le perchoir vendu aux enchères, Abdou Karim Meckassoua enlève la marchandise

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