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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 13:26
L'élection du PAN fait encore couler de l'encre

 

Lu pour vous : L’Assemblée nationale devra être dissoute pour cause de forfaiture morale des « Députés majoritaires »

 

Medias Plus n° 1436 du 09 mai 2016

 

Corruption active et passive des députés à une grande échelle ; ingérence intempestive de l’Exécutif et du corps diplomatique dans la procédure de désignation du président de l’institution ; intention manifeste de confessionnalisation de la fonction du président de l’Assemblée nationale par la majorité de parlementaire en violation de la Constitution et des recommandations du Forum national de Bangui ; tels sont les quelques griefs que la population centrafricaine porte à l’encontre des députés qui viennent à peine de prendre fonction mais qui ont trahi. Preuve

 

En ce qui concerne notamment la qualité morale des personnalités appelées à représenter le peuple et les institutions de la République, c’est le vœu de tous les Centrafricains de l’arrière-pays qui ont suivi les tractations ayant conduit à la mise en place du Bureau de la nouvelle assemblée nationale.

 

De sources concordantes, presque tous les candidats au poste de président de l’ Assemblée nationale ont « mouillé la gorge » des députés avec de l’eau fraîche de l’Hôtel Ledger Plaza, l’hôtel Oubangui, Bar Restaurant Kanakou, l’hôtel Somba, National Hôtel ou encore de leurs propres salons, accompagné de billets craquants de la BEAC comme il en a été le cas chez Kanakou avec le présidentiable Martin Ziguélé ou au National Hôtel avec Augustin Agou, et que sais-je encore.

 

Se comportant en véritables cupides et chercher à manger, la majorité des députés couraient ça et là derrière les candidats au perchoir de l’Assemblée nationale comme des filles de plaisir, pour offrir leurs services, non sans demander et recevoir quelques sommes d’argent. Même des députés des partis politiques qui ont présenté un candidat à la présidence de l’Assemblée nationale se sont prêtés à ce jeu honteux et immoral d’objet de corruption facile. C’est sans état d’âme qu’ils ont pris l’argent de presque tous les candidats à la présidence de l’Assemblée nationale.

 

D’où ces questions de simple bon sens qui s’imposent :

 

Comment des députés corrupteurs et corrompus pourront-ils contrôler et dénoncer les ministres et fonctionnaires corrupteurs et corrompus ?

 

Auront-ils le courage de dénoncer publiquement les auteurs et complices d’acte de corruption dans l’administration publique, la magistrature, les entreprises et sociétés publiques et privées ?

 

Auront-ils le courage de lever le petit doigt pour indexer et ouvrir la bouche pour dénoncer nommément les corrupteurs et les corrompus de la République ? Que non !

 

Ce qui s’est passé à partir du jeudi soir du 05 mai jusqu’au 06 mai à 11 heures dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale est révélateur de la légèreté comportementale et la bassesse morale de quelques hommes et femmes pourtant appelés « Honorables ». Mais le sont-ils encore avec leurs comportements déshonorants qui leur ont fait perdre toute crédibilité et tout honneur ?

 

En effet, s’il y a des gens dans ce pays qui devraient faire preuve d’un sens élevé de l’honneur, d’une moralité irréprochable et d’une rigueur et intégrité exemplaires, c’est bien et avant tout les élus du peuple que sont le président de la République, chef de l’état, les députés, les sénateurs et maires élus, et les agents de l’état investis d’une haute mission publique et honorable que sont les magistrats, les médecins et paramédicaux, les gendarmes, militaires et policiers, les diplomates et les enseignants. La noblesse de leurs métiers et de leurs corps leur exige d’avoir des saines et saintes attitudes, et de poser des actes qui sont loin d’être des scandales.

 

Si le député se fait corrompre pour faire accéder quelqu’un à une haute fonction publique élective ou nominative, comment pourra-t-il d’ici demain dénoncer les actes de corruption et autres infractions ou délits que pourraient commettre la personne qu’ils ont élevée ? Telle est la question

 

Par ailleurs, si la communauté internationale elle-même qui se fait le gendarme mondial de l’éthique publique, de la bonne gouvernance, de la démocratie et de la justice, s’ingère dans les affaires intérieures d’une institution autonome et démocratique comme l’ Assemblée nationale en prenant fait et cause pour les corrompus et les corrupteurs, en se rangeant du côté de la forfaiture morale au point d’œuvrer pour la confessionnalisation d’une fonction publique élective, au point de menacer le pays de sanction financière au cas où un musulman ne serait pas le président de l’ Assemblée nationale d’un pays pourtant laïc, indivisible, unitaire et démocratique (cf. article 24 alinéa 3 de la Constitution centrafricaine du 30 mars 2016), l’on est en droit de penser et dire tout haut que le vaste complot international ourdi contre le peuple centrafricain avec la complicité du terrorisme occidental est loin de connaître un épilogue. Car le scénario pour l’imposition à coût d’argent et de menaces du député mal élu Abdou Karim Meckassoua à la présidence de l’Assemblée nationale a connu les étapes suivantes :

 

Acte 1 : invalidation par la Cour constitutionnelle de transition, des résultats des élections législatives du 30 décembre 2015 sur toute l’étendue du territoire national afin de donner une nouvelle chance à Abdou Karim Meckassoua (qui a été pourtant battu par un candidat chrétien dans les urnes de la 2è circonscription du 3è arrondissement de Bangui communément appelée « enclave musulmane du Km 5 ». On aurait compris dès lors  que c’est à cause du fameux candidat de la communauté internationale dont l’impopularité déjà dans ce que les gens appellent son fief est connue et sa grave impopularité nationale révélée (avec 2,74 % de voix seulement) que les élections législatives du 30 décembre 2015 ont été annulées. Un monstre froid, capable de sacrifier toute une nation, toute une population et tout un peuple pour faire plaisir à un seul individu : tel est le vrai visage de la fameuse communauté internationale.

 

Acte 2 : Le candidat Meckassoua, contre la volonté populaire et la vérité des urnes, a été proclamé élu député de sa circonscription dès le premier tour avec 39 voix seulement par la Cour constitutionnelle de transition qui, pour parvenir à cette fin, a procédé à l’invalidation de la quasi-totalité des bureaux de vote où Meckassoua a été proprement battu par son challenger Lazare Ndjadder. D’où la bonne question qui est celle de savoir : comment quelqu’un proclamé élu député avec moins de (50) voix obtenues peut-il être préféré aux députés qui ont obtenu plus de cinq mille (5000) voix voire 7.000 et 8.000 voix et ce, sans parti pris de la haute juridiction ? Cette question pèse et pèsera lourdement sur la conscience de tous les Centrafricains qui se sont compromis dans la proclamation des résultats des élections marquant la fin de la transition en Centrafrique, qu’ils soient de la Cour constitutionnelle de transition, de l’Autorité nationale des élections (ANE), des administrations préfectorales, sous-préfectorales, municipales et autres.

 

Acte 3 : Corruption et ingérence de l’Exécutif dans la victoire de Meckassoua. Ce n’est un secret pour personne et sans faire l’avocat du diable, que le jeudi 05 mai 2016 c’est-à-dire la veille de l’élection du bureau de l’Assemblée nationale et ce jusqu’à 19 heures, ce sont les députés Martin Ziguélé du MLPC et l’indépendant Jean Symphorien Mapenzi qui étaient bien partis pour le perchoir de l’Assemblée nationale, avec une nette avance et une chance réelle pour le candidat des partis politiques Martin Ziguélé. Mais c’est à partir de 20 heures que les données ont commencé à changer notamment avec l’entrée en scène de la plus haute autorité de l’Exécutif qui ont mis à contribution le candidat malheureux à la présidentielle Fidèle Gouandjika pour le sale boulot. C’est en ce moment que Meckassoua lui-même, assuré de ce soutien de l’Exécutif, va exploiter à fond la carte de la cohésion sociale en jouant sur sa confession musulmane, mais surtout en sortant des enveloppes pleines de billets de banque et la promesse de dotation des députés chacun d’un véhicule 4x4 BJ 80. Un député qui a requis le strict anonymat a déclaré avoir reçu un million cinq cent mille C FA (1.500.000) pour voter Meckassoua à la présidence de l’Assemblée nationale, et que le montant de l’argent de la corruption varierait entre 1.500.000 et 3.000.000 de F CFA. Quant aux véhicules BJ 80, ils viendraient du Qatar via le Congo B de Denis Sassou Nguesso, l’ami et parrain politique de Meckassoua dans la sous-région. Des véhicules en provenance du Qatar ? Voilà qui commence à devenir clair dans le projet d’islamisation de la République centrafricaine avec toutes les conséquences que les Centrafricains seront encore appelés à endurer.

 

Ainsi, à cause des députés corrompus, véritables traîtres de la Nation dont l’effectif officiel est de soixante cinq (65) mais quatre vingt deux (82) officieusement, les dix sept (17) autres ayant refusé de jouer le jeu de Meckassoua, quand bien même ils ont bouffé son argent. Ils sont déjà connus. Ainsi donc et de sources autorisées, Meckassoua aurait battu campagne dans la nuit du jeudi 05 à partir de 20 heures jusqu’à 06 heures du matin, avec des espèces sonnantes et trébuchantes et les promesses révélées ci-haut avec le soutien manifeste des plus hautes autorités de l’Exécutif.

 

Acte 4 : L’entrée effective en scène des ambassadeurs et représentants de plusieurs organisations internationales a été signalée le matin du vendredi 06 mai au siège de l’Assemblée nationale où, avant la phase décisive, certains responsables de partis politiques ont été reçus par lesdits hauts diplomates qui leurs auraient signifié sans détour que si ce n’est Meckassoua au perchoir de l’Assemblée nationale, la RCA n’aurait plus le soutien de la communauté internationale pour financer son économie et réaliser les projets sensibles tels que le DDRR, la RSS, le redéploiement de l’Administration dans l’arrière-pays, la restauration de l’autorité de l’Etat et la :  mise en route opérationnelle de la Cour pénale spéciale (CPS) pour mettre fin à l’impunité en Centrafrique.

 

Un tel chantage ne pouvait prospérer si ceux qui ont reçu le message n’étaient pas auparavant corrompus. Et pourtant, la communauté internationale avait mieux à faire ailleurs que de procéder à des menaces et intimidations pour obtenir ce que tout Centrafricain sait déjà, à savoir : l’accession du Nigérian-centrafricain Abdou Karim Meckassoua à la magistrature suprême de l’Etat centrafricain. N’ayant pu l’imposer comme premier ministre à cause de la résistance éprouvée de la cheffe d’état de transition de l’époque, Mme Catherine Samba-Panza, la fameuse communauté internationale vient de réussir à imposer Meckassoua comme le numéro 2 de la RCA afin de bien le préparer à être le numéro 1, tôt ou tard…

 

Acte 5 : Selon plusieurs députés témoins des faits, les dernières manœuvres électorales ont eu lieu dans la salle de vote lorsque ceux qui circulaient avec les paniers qui tenaient lieu d’urnes battaient ouvertement campagne pour le candidat Meckassoua en chuchotant aux députés à qui ils remettaient les bulletins de vote le nom de Meckassoua qui leur aurait promis véhicule gratuit et le reliquat de leurs enveloppes. « Reliquat de quelle enveloppe ? » s’est interrogé un député qui ne comprenait pas le sens de ce message codé qui lui était adressé. Quelle honte !

 

Quelle honte que de savoir que l’entrée en fonction des députés de l’actuelle législature s’est faite sur toile de fonds de corruption pour envoyer quelqu’un au perchoir de l’Assemblée !

 

 Quelle honte que de savoir ceux que nous appelons « Honorables » ont déshonoré la République par leur propension à la corruption et à l’intimidation, ce qui donne d’eux l’image des gens sans personnalité !

 

Quelle honte que de savoir que l’Assemblée nationale est remplie de gens déshonorables et de piètre moralité !

 

Quelle honte que de savoir que c’est un député mal élu avec de surcroît un score minable et ridicule (2,74%), qui est porté au perchoir de l’auguste représentation nationale !

 

Quelle honte que de savoir que la victoire de Meckassoua n’est rien d’autre que la victoire de la Séléka et des extrémistes musulmans du Km 5, de Bambari, de Kaga-Bandoro, de Bria, de Birao, pour ne citer que ceux-là, qui disaient que si le président de la République élu est un chrétien, le numéro 2 qui vient après lui dans le système politique devrait être obligatoirement un musulman, sinon partition… !

 

On le voit, la République vient encore une fois d’être trahie par ses propres fils, ces déshonorables prêts à tout brader pour préserver leurs seuls intérêts personnels égoïstes. L’acte de trahison est si grave que les centrafricains dans leur grande majorité ne demandent que la fin prématurée du mandat de l’actuelle Assemblée nationale. Beaucoup espèrent qu’elle n’ira pas au-delà de l’année 2016 pour ne pas provoquer des réactions populaires.

 

Par ailleurs, il est fort possible que la grande majorité des députés de l’actuelle législature ne soient plus élus en fin 2016 ou début 2017.

 

Affaire à suivre

 

Damoclès Diriwo

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