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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 10:25

 


 

Le décret portant désignation des membres du cabinet présidentiel à été publié le 18 mai 2016 mettant ainsi un terme à la nonchalance caractérisée et décriée par les médias et la classe politique centrafricaine. À travers ce décret, on constate qu'un gouvernement bis ou parallèle à vu le jour. Ce gouvernement déguisé ne viole t-il pas les dispositions de la constitution qui en prévoit un pour diriger la politique du President de la République ? Dans les jours à venir un gouvernement "ter"sera mis en place à la primature. Le choix de ces différentes personnalités nommées au cabinet présidentiel est-il basé sur le critère de compétence et d'intégrité prôné par la rupture ?

 

A l'avenir, ne soyons pas surpris d'assister au retour massif des autorités de transition à la manoeuvre. La nomination de ces différentes personnalités n'est autre que des récompenses pour travail rendu, un partage de gâteaux pour tous ceux qui l'ont soutenus au deuxième tour des présidentielles. Nous osons en conséquence croire que tous les malheureux candidats aux présidentielles qui l'ont soutenus au second tour seront nommés. L'équation de la mangercratie est alors facile à résoudre et servira d'école : se présenter à l'élection présidentielle tout en sachant qu'on sera crédité de moins de 0% et soutenir celui qui est en pôle position en second tour en contrepartie d'un poste juteux. La leçon à tirer de cet énigme est qu'être candidat à une élection présidentielle en Centrafrique est un investissement viager et en même temps un business. La rupture semble s'embourber dans un cycle infernal.

 

Ce qui explique la nonchalance, l'hésitation et l'indécision des nouvelles autorités à définir les priorités nécessaires à la reconstruction et à la relance économique de notre chère patrie. Mais où va donc ce pays ? Peut-on faire du neuf avec du vieux ? Certaines personnalités nommées avec rangs et prérogatives de ministre ont servi le pays en tant que ministres il y a de cela trois décennies. Cela laisse croire que le pays a connu un vide depuis trois décennies ? Le pays n'a pas formé de cadres depuis trois décennies ? On constate à contrario que le pays dispose d'un potentiel énorme en cadres mais où est la rupture ? Si la rupture par définition signifie partage de gâteaux, la diaspora qui a mouillé le maillot à la place de la République à Paris doit aussi réclamer sa part. Qu'est ce que ces personnalités bien lessivées peuvent encore apporter à ce pays ? Ce qu'ils n'ont pu faire en trois décennies, c'est seulement aujourd'hui qu'ils pourront le faire ? Franchement il faut arrêter avec ces dérives. Quand les disques sont rayés, on les jette ou alors on les expose dans les musées. Ce gouvernement parallèle va émietter le budget de l'Etat qui souffre déjà de détournements et des usages à des fins personnelles.

 

Les nouvelles autorités du pays sont des enseignants mais elles ne créent pas les conditions nécessaires à l'intégration et l'insertion des jeunes diplômés. Ainsi, comment lutter contre le chômage des jeunes et des diplômés quand on remet sur la sellette des retraités qui n'ont plus rien à prouver ? Pour finir, le President de la République a t-il menti au peuple centrafricain en proclamant la rupture lors de sa prestation de serment ? Le mensonge officiel d'un chef de l'Etat sous serment n'est-il pas constitutif d'un parjure ? D'un délit pénal assimilable au faux témoignage ? N'y a y-il pas une faute morale ? Le peuple souverain qui à notre avis n'est pas dupe appréciera.
 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections

 

CENTRAFRIQUE : LA RUPTURE A DU MAL À ROMPRE AVEC LES ROMPUS  par Bernard SELEMBY DOUDOU

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