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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 15:48
Centrafrique : « La France doit continuer à être engagée »

 

 

http://www.la-croix.com/  Recueilli par Pierre Cochez, le 13/05/2016 à 14h58

 

François Hollande se rend le vendredi 13 mai en Centrafrique, avant de participer samedi 14 mai à un sommet au Nigeria consacré à la lutte contre Boko Haram.

 

Trois questions à Bénédicte Jeannerod, directrice du bureau de Paris de Human Rights Watch (HRW).

 

La Croix : Dans quel contexte se situe la visite du président français à Bangui ?

 

Bénédicte Jeannerod : Depuis le début de l’année, le climat en Centrafrique est à l’apaisement. C’est évident. L’élection du président Touadéra a été acceptée par l’immense majorité de la population et ses premiers pas ont été bien accueillis. La sécurité des Centrafricains s’est améliorée. Mais cette situation reste extrêmement fragile et la République centrafricaine a besoin de ses appuis internationaux pour se relever. Dans ce contexte, la France doit continuer à être engagée aux côtés de son partenaire. Le retrait annoncé de la force française Sangaris ne doit pas être une forme d’abandon.

 

Faut-il tirer un trait sur les violences ?

 

B. J. : La visite de François Hollande doit permettre d’affirmer un soutien financier concret à la lutte contre l’impunité de ceux qui ont perpétré des violences depuis le début de la crise centrafricaine. Pour l’instant, aucun d’entre eux n’a été poursuivi.

 

Le gouvernement de transition avait mis en place une cour pénale spéciale de justice. Elle est censée s’emparer de la lutte contre l’impunité et poursuivre les responsables d’exactions. C’est un outil fragile qui demande des moyens que la France peut apporter. Identifier les coupables de violence et les juger est un facteur de stabilité pour le pays. Cela permettra d’éviter de trop grandes frustrations. Cette lutte contre l’impunité va demander beaucoup de courage de la part des hommes politiques. Nous les soutiendrons et nous interpellerons les autorités si elles ne sont pas assez proactives.

 

Nous attendons aussi du président français qu’il aborde les allégations de violences sexuelles proférées à l’encontre des forces de maintien de la paix, y compris à l’encontre de militaires de Sangaris. Les soldats de maintien de la paix ne sont pas au-dessus des lois. François Hollande doit donner des informations sur les investigations en cours menées par la justice française à ce sujet. Les accusations sont très graves et elles alimentent la défiance des Centrafricains.

 

Quels sont les autres défis pour l’avenir proche ?

 

B. J. : Il est nécessaire d’aider les populations qui ont fui à revenir chez elles. C’est le cas, en particulier, pour les musulmans qui se sont souvent réfugiés à l’extérieur du pays. On estime aujourd’hui que près de 500 000 personnes ont fui la Centrafrique. Près de 500 000 autres personnes ont été obligées par les violences à se déplacer à l’intérieur du pays. Une bonne gestion des retours des populations est essentielle à la stabilité du pays.

 

Recueilli par Pierre Cochez

 

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