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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 11:50

 

 

18/05/16 (AFP)

 

L'Américaine Jane Holl Lute, chargée par l'ONU de coordonner la lutte contre les abus sexuels commis par des Casques bleus, mise sur la fermeté pour régler une des crises les plus graves pour la réputation des Nations unies.

 

Forte de son expérience au ministère américain de la Sécurité intérieure (US Homeland Security) et à la Maison Blanche, Jane Holl Lute veut appliquer un "programme énergique" pour enrayer une longue série d'accusations qui ont terni l'image des missions de l'ONU, notamment en République centrafricaine (RCA).

 

"C'est scandaleux", a-t-elle déclaré mardi à l'AFP. "Il est stupéfiant de devoir parler de telles choses ici".

 

Mme Lute a été nommée en février coordinatrice spéciale de l'ONU dans ce dossier, un comité d'experts indépendants ayant vivement critiqué la manière dont l'institution avait réagi à des accusations de viols, notamment d'enfants, en RCA.

 

Depuis lors, elle s'est rendue en Centrafrique et en République démocratique du Congo pour voir de près les deux missions les plus souvent accusées, Minusca et Monusco, et elle a rencontré plusieurs fois les pays fournisseurs de Casques bleus.

 

"Il y a eu une grave défaillance de la chaîne de commandement au sein des unités impliquées" de la Minusca, estime-t-elle. "Il faut créer un environnement où de tels agissements ne seront pas tolérés."

 

L'ONU a recueilli depuis le début de l'année 29 accusations portées contre des Casques bleus de la Minusca, contre 22 pour l'ensemble de l'an dernier, mais la plupart des faits datent des années précédentes.

 

"Nous nous attendons à découvrir davantage de cas encore", explique Mme Lute. Mais ces nouveaux cas "attireront immédiatement l'attention au plus haut niveau" des Nations unies. "La priorité numéro un est de sensibiliser tous les échelons du système", explique-t-elle.

 

- 'Poches de résistance' -

 

Ce changement d'attitude implique de serrer la vis aux unités militaires et de police servant dans les 16 missions de maintien de la paix de l'ONU dans le monde, de fixer des règles de non-fraternisation qui empêchent aux soldats d'entretenir des relations entre eux, et d'imposer dans certains cas cantonnement ou couvre-feu.

 

Jane Holl Lute admet rencontrer des "poches de résistance" chez certains responsables militaires qui ne veulent pas assumer la responsabilité de prévenir les abus sexuels.

 

A ceux qui prétendent "qu'il n'y a pas de problème dans ma mission, je réponds: c'est du baratin", lance-t-elle. "Nous devons tous nous préoccuper de ce problème".

 

La pression monte sur les pays fournisseurs de Casques bleus afin qu'ils mènent rapidement des enquêtes et prennent des mesures pour poursuivre et sanctionner leurs hommes quand les allégations sont crédibles.

 

L'Afrique du Sud vient ainsi d'annoncer qu'elle allait mettre en place des cours martiales in situ en République démocratique du Congo pour juger ses soldats soupçonnés.

 

L'Egypte a récemment infligé cinq ans de prison à un de ses soldats coupable d'abus sexuel en Centrafrique, après un mois d'enquête, un record selon l'ONU.

 

Les Nations unies envisagent de relever les empreintes génétiques des Casques bleus avant déploiement afin de pouvoir mener des tests ADN le cas échéant, ainsi que de cesser de payer leurs soldes quand ils font l'objet d'accusations crédibles de viol ou d'exploitation sexuelle.

 

L'ONU a aussi créé en mars un fonds pour aider les victimes, auquel la Norvège vient de verser 125.000 dollars.

 

"Nous avons fait beaucoup de progrès", affirme Jane Holl Lute. "Nous en avons encore à faire".

 

Abus sexuels des Casques bleus: la coordinatrice de l'ONU veut des mesures énergiques

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