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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 09:29

 

 

 

·         Au bout de vingt-cinq ans, Idriss Déby n’a rien perdu de sa superbe. Dimanche, le président sortant du Tchad briguait un cinquième mandat à la tête de ce vaste pays d’Afrique centrale, qu’il a toutes les chances d’obtenir. IB TimesBBC

·          

·         Depuis son arrivée au pouvoir, le 4 décembre 1990, à la faveur d’un coup d’Etat soutenu par la France pour chasser Hissène Habré, Idriss Déby n’a jamais cédé le moindre pouce de terrain face aux tentatives de déstabilisation.

 

·         Toujours en selle, il est confronté cette fois à treize candidats, dont l’ancien chef de gouvernement Joseph Djimrangar Dadnadji (janvier-novembre 2013) et l’ex-ministre Saleh Kebzabo. Un morcellement de l’opposition dont il escompte bien tirer parti pour s’accrocher à son fauteuil présidentiel cinq années de plus.

 

·         Idriss Déby, 63 ans, sait qu’il peut compter en outre sur le soutien des Occidentaux, qui ont fait de lui un partenaire incontournable dans leur guerre contre les islamistes – notamment de Boko Haram – au cœur d’une région troublée, percluse de conflits. AllAfrica.comDeutsche Welle

·          

·         Cette victoire annoncée ne masque pas pour autant un mécontentement économique, social et politique grandissant, tempère Jeune Afrique.

·          

·         Un courroux qui n’est plus circonscrit à N’Djamena, la capitale, et aux villes du Sud, réputées frondeuses. Longtemps considéré comme acquis au pouvoir, le Nord, lui aussi, regimbe. En cause : le coût de la vie, l’austérité budgétaire et la corruption.

 

·         Autant d’obstacles qui alourdissent le fardeau des 13 millions d’habitants, dont la moitié vit sous le seuil de pauvreté et 70 % ne savent pas lire ou écrire.

 

·         Dans ce climat délétère, que peut-il advenir ? Pour le quotidien burkinabé Le Pays, « toutes les conditions semblent réunies pour une contestation postélectorale ». Et de conclure : « Ces Tchadiens qui manifestent ne sont pas de la génération des traumatisés de guerre que la peur a conquis. Ces Tchadiens sont ceux qui voient chaque jour sur internet, à la télévision, les luttes des autres pays pour plus de démocratie, plus de liberté et plus de justice. »

 

Lu pour vous : 

 

PRESIDENTIELLE AU TCHAD : Une formalité pour le dictateur Deby  

 

http://lepays.bf/   LUNDI 11 AVRIL 2016

 

A la suite des nomades, des militaires et des réfugiés, les autres Tchadiens ont été conviés aux urnes, hier dimanche 10 avril 2016, pour choisir leur président parmi treize candidats. En attendant les résultats de cette consultation électorale, on peut d’ores et déjà se poser des questions sur sa crédibilité. En effet, des opposants qui ont eu le tort de manifester contre le président Idriss Deby Itno, ont été embastillés. De plus, la société civile s’est retirée de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et plusieurs syndicats sont en mouvement de grève depuis le 22 mars dernier pour exiger des conditions et des moyens idoines de travail. C’est dire que le mercure sociopolitique est monté d’un cran au pays de Deby. Ce qui n’est pas pour faciliter l’acceptation des résultats issus des urnes, par tous les acteurs ; opposition et pouvoir se regardant en chiens de faïence. Du reste, pouvait-il en être autrement ? Le chef de l’Etat tchadien qui avait fait la promesse de ne pas briguer un 5e mandat présidentiel, n’a pas tenu parole. C’est peu de dire que ce n’est pas digne d’un homme d’Etat, qui plus est, d’un militaire censé incarner le sens de l’honneur et de la dignité. Comment l’opposition peut-elle se payer encore le luxe de le croire sur parole quand il promet la limitation du nombre de mandats s’il est réélu ? Quelle garantie qu’il ne fera pas volte-face, une fois qu’il aura empoigné à nouveau son pouvoir ? Il n’y en a aucune. Comme le dit l’adage, « qui a bu, boira ». Deby qui aura fait preuve de parjure, ne se gênera pas de remettre le couvert chaque fois qu’il en aura l’occasion. Les opposants devraient, par conséquent, unir leurs forces, s’ils veulent avoir une chance de faire pencher la balance en leur faveur. Mais, cela n’est pas le cas. On voit bien que pendant que la société civile s’est retirée du processus électoral, l’opposition politique, elle, a exhorté les Tchadiens à aller voter massivement. Ces divergences de vues au sein des acteurs qui devaient porter ensemble le combat pour la démocratisation effective du pays, rendent largement service au dictateur. Certainement que l’opposition parie sur la lassitude des populations, pour obtenir le changement de régime à la faveur de ce scrutin. Mais cette opposition aurait pu accroître ses chances de tirer son épingle du jeu en allant en rangs serrés. La multiplicité des candidatures fait le jeu du dictateur. La stratégie de l’opposition est que chacun de ses leaders fasse le plein des voix dans son fief, quitte ensuite à  fédérer les énergies en cas de second tour. Ce n’est peut-être pas mauvais comme stratégie, mais encore faut-il qu’il y ait ce fameux second tour !

 

Le régime travaillera sans doute à obtenir par tous les moyens, le silence des différents groupes de pression

 

Idriss Deby qui n’est pas né de la dernière pluie, sait mieux que quiconque, les risques que pourrait représenter pour lui, un second tour. Il ne prendra aucun risque de perdre le pouvoir et la face. Pour sûr, il ne ménagera aucun effort pour réussir le coup K.-O. D’ailleurs, il est notoire qu’un dictateur ne perd pas des élections qu’il organise. L’homme fort de N’djamena s’est donné la peine d’organiser ce scrutin pour contenter l’Occident. Quant à sa victoire, ce sera une simple formalité. Le souci d’une élection fiable à tous égards, ce ne sera pas cela qui intéressera le satrape. De toute façon, il aura sacrifié au rituel: réussir à organiser encore un scrutin, point barre ! Et les partenaires occidentaux, du haut de leur hypocrisie, s’en contenteront. Pour l’Union africaine (UA) dont il est, du reste, le président en exercice, ce sera motus et bouche cousue.  Deby va certainement se faire le plaisir de servir des chiffres honorables pour  qu’ils paraissent vraisemblables. Sa tâche est rendue d’autant plus aisée que la société civile s’est retirée du processus électoral. En effet, le retrait de la société civile laisse le libre champ aux officines du président tchadien. Elles fabriqueront leurs chiffres pour la joie de Deby. Pour ne rien arranger, l’opposition s’y est mal prise dans la préparation de cette présidentielle. Elle a plus bataillé pour la biométrie plutôt que de s’attaquer à la contestation de la candidature même de Deby. Il aurait été judicieux pour elle, de mettre un accent particulier sur le refus de cette énième candidature du président sortant. Elle aurait été bien inspirée de sonner la mobilisation autour de ce mot d’ordre. L’autre hic, c’est que bien des candidats de l’opposition, ont eu à pactiser avec le dictateur Deby, de par le passé. Et contrairement à des hommes politiques de certains pays africains qui ont fait, vis-à-vis de leur mentor, le choix de la démission, ils ont attendu que le satrape lui-même les mette à la porte. Ce faisant, ils ont moins de crédibilité. Bien des électeurs ont pu se laisser convaincre que ces personnalités-là sont aujourd’hui amères parce qu’elles ont été congédiées de la table du seigneur. La messe étant quasiment dite pour l’opposition, reste à savoir ce que nous réservent les lendemains de cette nouvelle victoire plus que probable de Deby. Le front social en ébullition va-t-il se calmer après la publication des résultats de la présidentielle ou va-t-on, au contraire, assister à une métastase des mouvements d’humeur et de contestation dans le pays ? Les opposants politiques du maître de N’djamena vont-ils se résoudre facilement à faire contre mauvaise fortune bon cœur ? La société civile acceptera-t-elle de se résigner ou trouvera-t-elle les ressorts internes pour poursuivre la lutte ? Il faudra attendre de voir. Le régime travaillera sans doute à obtenir par tous les moyens, le silence des différents groupes de pression. Mais, à terme, le Tchad pourrait devenir très difficile à gouverner à l’issue de ce scrutin.

 

Auguste SAWADOGO

 

Revue de presse - Tchad : le défi électoral et social d’Idriss Déby

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