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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 18:45

 

 

APA-Brazzaville (Congo) 2016-04-04 15:06:45 Les combats entre les éléments des forces armées congolaises et les rebelles "ninjas" du Pasteur Ntoumi ont occasionné l'incendie de commissariats, des morts et un déplacement massif de populations de la zone Sud vers la zone Nord, lundi à Brazzaville.


L'attaque simultanée de divers endroits du Sud de Brazzaville depuis 3 heures du matin par la milice "Ninja" de l'ex-rebelle Ntumi, repoussée par les forces armées congolaises, a occasionné des morts dont le nombre n'est pas encore connu, selon des habitants de la zone où les attaques ont eu lieu. 


« Nous sommes des milliers à avoir fui la zone Sud pour nous réfugier dans le Nord où il n'y a pas de combats. Les politiques devraient garantir la paix des populations », a fait remarquer une habitante. « Nous avons besoin de la paix », a-t-elle insisté.


Les tirs d'armes automatiques et lourdes se sont éloignés des quartiers Sud de Brazzaville pour migrer vers les premiers villages du département du Pool frontalier avec la ville de Brazzaville.


La zone Sud de Brazzaville est le fief des opposants dont Guy Brice Parfait Kolélas qui a eu plus de 15% des voix lors de la présidentielle du 20 mars dernier dont les résultats donnent le président Denis Sassou N'Guesso vainqueur avec plus de 60%. 

Les résultats du scrutin sont cependant contestés par les cinq candidats de l'opposition que sont Pascal Tsaty Mabiala, Guy Brice Parfait kolélas, Claudine Munari, André Okombi Salissa, et Jean Marie Michel Mokoko.

 

http://apanews.net/news/fr/article.php?id=849960#sthash.eCAEUYLp.dpuf

 

 

Congo : des tirs puis des questions à Brazzaville

 

Le Monde.fr avec AFP • 


La capitale congolaise, Brazzaville, s’est réveillée, lundi 4 avril, au son des rafales d’armes automatiques et des détonations d’armes lourdes. Des affrontements auraient opposé les forces de l’ordre congolaises aux miliciens du pasteur Ntumi dans les quartiers de Makélékélé et Bacongo, dans le sud de la capitale. « Nous sommes sur le terrain. Il n’y a pas encore de bilan mais la situation est maîtrisée », a affirmé en fin de matinée un proche du directeur général de la police congolaise, joint par Le Monde. Un autre officier de police confirme que des tirs nourris ont retenti pendant plusieurs heures, à partir de 3 heures du matin, mais considère que parler d’affrontements directs serait « trop dire ».

 

Le gouvernement a dénoncé une « véritable action terroriste » des ex-miliciens Ninja Nsiloulou qui ont attaqué « la position militaire [du quartier] Mayanga » et incendié, selon son communiqué, quatre commissariats et la mairie de Makélékélé.

 

Interrogé par Le Monde sur son implication dans les violences de la nuit, Frédéric Bintsamou, plus connu sous le nom de « pasteur Ntumi », reconnaît « encadrer et soutenir les populations qui agissent contre ce pouvoir qui n’hésite pas à employer la force face à des gens à mains nues dont certains ont décidé de prendre les armes ». « Ce ne sont pas les miennes car je les ai rendues, assure-t-il. Mais il en reste beaucoup à Brazzaville et la voie armée n’est plus exclue par certains. Nous sommes entrés dans la phase de contestation. »

 

L’ancien rebelle vit toujours entouré d’anciens miliciens « ninjas » originaires des quartiers sud de Brazzaville et du département voisin du Pool. Des hommes qui ont combattu pendant la guerre civile contre les « cobras » de l’actuel président Denis Sassou-Nguesso, réélu le 20 mars.

 

D’après le « pasteur », « la police traque les opposants à Brazzaville et entretient un climat de terreur. Le général Jean-François Ndenguet [directeur général de la police, accusé de nombreux crimes] a recruté d’anciens miliciens “cobras” pour réprimer les populations, ce qu’on ne peut plus accepter ». En conséquence, l’ex-rebelle n’exclut pas de s’engager plus avant dans la lutte contre le pouvoir :

 

« Je peux jouer un rôle à la fois militaire et politique car, si je ne me suis pas présenté à l’élection présidentielle, j’ai clairement soutenu M. Kolélas dans la campagne mais aussi Jean-Marie Michel Mokoko [deux opposants à M. Sassou-Nguesso]. J’appelle donc à une médiation de la communauté internationale. »

 

Fuite des habitants des quartiers sud

 

Cet appel à des discussions, sous l’égide de la communauté internationale, est repris par l’opposant Charles-Zacharie Bowao« C’est le seul moyen d’éviter le chaos et un pandémonium indescriptible », dit-il, alors que « la Cour constitutionnelle, nous dit-on, est en train de préparer l’annonce de faux résultats définitifs de l’élection présidentielle ». Joint par Le Monde, Guy-Brice Parfait Kolélas, un autre leader de l’opposition, affirme s’être mis à l’abri dans son quartier de Bacongo et condamne « toute forme de violence alors que la population est encore traumatisée par la guerre » et que des recours légaux ont été engagés.

 

Suite à ces tirs nocturnes, un important déploiement des forces de l’ordre était visible à Brazzaville où la sécurité a été renforcée autour des bâtiments publics et des lieux de résidence des officiels. Plusieurs barrages étaient tenus par la garde présidentielle. « Il y a un calme précaire, fragile avec quelques coups de feu de temps à autre », raconte un habitant du quartier Bacongo. « La zone est en train de se vider massivement, ajoute-t-il. Les rues sont noires de monde. Les gens remontent vers les quartiers nord où l’ambiance est restée intacte. »

 

« Nous sommes comme des immigrés »

 

« Des militaires sont entrés dans plusieurs parcelles. Ils nous ont demandé de quitter le quartier avant qu’il soit trop tard. Là nous ne savons pas où aller, nous sommes comme des immigrés, c’est choquant », a déclaré à l’AFP Mercie, une étudiante de 24 ans habitant Makélékélé.

 

Des journalistes de l’AFP ont observé de longues files d’habitants remontant« l’avenue de l’OUA », principal axe de communication des quartiers sud vers le centre, alors que les voitures étaient systématiquement fouillées.

 

Dans son communiqué, Thierry Moungalla, le porte-parole du gouvernement congolais, a condamné « certains candidats ainsi que leurs soutiens qui n’ont de cesse d’en appeler à la désobéissance civile et à l’insurrection armée ». « Le gouvernement, écrit-il, n’a pas encore la preuve que des candidats ou leurs soutiens soient impliqués dans cette affaire, mais les investigations se poursuivent. »

 

Le général Jean-Marie Michel Mokoko, arrivé troisième de la présidentielle selon les résultats officiels, n’a pas souhaité commenter les événements. « Dans la situation actuelle où l’on fait de moi l’ennemi public numéro 1, je préfère garder le silence mais sachez que je n’ai jamais voulu de situation de violence », prévient-il depuis un lieu qu’il préfère tenir secret. Plus prolixe, son porte-parole se dit « surpris de cette opération armée alors que le pays était censé être quadrillé par les forces de l’ordre. Dans le contexte actuel, on ne peut exclure une manipulation du pouvoir pour instaurer un climat de terreur et reprendre la main devant une situation qui lui échappe ».

 

Perquisition à l’hôtel Saphir

 

Jusque-là très discrète sur l’élection présidentielle au Congo, la diplomatie française s’est déclarée « préoccupée par les événements violents qui ont eu lieu cette nuit dans certains quartiers de Brazzaville ». Alors que les ressortissants français sur place ont été invités à rester chez eux et que le lycée français est resté fermé, le Quai d’Orsay a appelé « à la retenue ».

 

Dans la nuit de vendredi à samedi, la police congolaise a par ailleurs perquisitionné l’hôtel Saphir, un établissement du centre de Brazzaville géré par un homme d’affaires critique du chef de l’Etat, Joe Washington Ebina. Dénonçant une intervention « inadmissible » des forces de l’ordre destinée, selon lui, à « traumatiser les clients », le gérant a affirmé que la porte de la chambre de l’ambassadeur du Gabon au Congo (arrivé en novembre 2015 et en attente d’une résidence fixe) avait été forcée.

 

Interrogé par l’AFP, le colonel Jules Monkala Tchoumou a confirmé la perquisition nocturne, mais démenti toute intimidation. « Les policiers sont arrivés à l’hôtel Saphir avec une liste de douze noms de personnes suspectées de terrorisme qui y auraient été logées », selon l’officier. Il n’y a eu aucune interpellation.

 

Les autorités congolaises ont proclamé le 24 mars la victoire de Denis Sassou-Nguesso à la présidentielle du 20 mars, annonçant sa réélection pour un mandat de cinq ans avec plus de 60 % des voix au premier tour. Rejetant ces résultats, entachés selon eux de fraudes massives, cinq candidats d’opposition à la présidentielle ont appelé la population à les contester par des voies légales et pacifiques.

 

Plusieurs journalistes de la presse étrangère ayant couvert la présidentielle congolaise, dont ceux de l’AFP, ont séjourné au Saphir, lieu où l’on pouvait côtoyer facilement aussi bien des responsables de l’opposition que du pouvoir.

Combats à Brazzaville: incendie des commissariats de police, morts et déplacement des populations (témoins)

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