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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 11:40

 

 

07/03/16 (AFP)

 

Au moins dix personnes, dont une majorité de civils, ont été tuées dans des violences qui ont opposé durant plusieurs jours des groupes armés dans la région de Bambari (est), a affirmé lundi à l'AFP une source de la gendarmerie locale.

 

Des heurts avaient éclaté le 2 mars entre des anti-balaka, milices chrétiennes et animistes, et des peuls armés soutenus par d'ex-rebelles Séléka, majoritairement musulmans, après l'assassinat de deux jeunes musulmans par des individus non identifiés, a expliqué cette source.

 

"Les musulmans se sont alors lancés dans des représailles pour venger leurs frères (...) On dénombre à présent dix personnes tuées, y compris les deux jeunes musulmans dont l'assassinat a servi de détonateur", a affirmé la même source, précisant que "la majorité" était des civils.

 

Bambari connaissait un retour au calme "précaire" lundi, a-t-elle ajouté, précisant toutefois que des "vagues successives" de déplacés continuaient d'affluer des villages voisins et de brousse "où de violents affrontements ont eu lieu" les jours précédents, pour se mettre à l'abri.

 

Ville minière de l'est de Centrafrique où est installée l'une des principales factions de l'ex-Séléka, Bambari a été le théâtre de fréquents affrontements entre groupes armés qui ont fait plusieurs centaines de morts et de blessés en 2014 et 2015, ainsi que des milliers de déplacés.

 

Toutefois, ils avaient cessé depuis plusieurs mois, à la faveur de la conclusion d'un accord de cessation des hostilités entre anti-balaka et ex-séléka sous l'égide de la force onusienne Minusca, qui a déployé quelques 10.000 casques bleus dans le pays aux côtés de la force française Sangaris.

 

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la rébellion à dominante musulmane de la Séléka avait précipité la Centrafrique dans un cycle de violences intercommunautaires, culminant fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement forcé de centaines de milliers de personnes.

 

Après trois années de violences, les Centrafricains ont élu la semaine dernière un nouveau président, Faustin-Archange Touadéra, qui aura la lourde tâche de redresser ce pays à la dérive.

 

 

Centrafrique : nouveaux déplacements massifs de populations à cause des violences à Bambari

 

YAOUNDE, 08/03/16 (Xinhua) -- Le nombre de personnes déplacées à Bambari a considérablement augmenté à cause des violences meurtrières ces derniers jours aux environs de cette ville du Centre de la République centrafricaine, a-t-on appris lundi de source locale.

 

Autrefois poumon économique de ce pays pauvre et enclavé d'Afrique centrale, Bambari représente le fief du Front patriotique pour la renaissance en Centrafrique (FPRC) et de l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), deux factions de l'ex-coalition de la Séléka, qui avait pris le pouvoir en mars 2013 à Bangui, avant d'être à son tour chassée moins d'un an plus tard.

 

Cette ville abrite aussi la base de l'un des trois états-majors dits régionaux (Bria et Kaga-Bandoro, dans le Nord, en sont les deux autres) de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), en dehors du centre de commandement de Bangui, la capitale.

 

Opérationnelle depuis septembre 2014 dans le pays en vue d'aider au retour de la paix et de la sécurité, cette mission onusienne est chargée d'assurer la protection de plusieurs milliers de personnes hébergées dans quatre sites de déplacés implantés dans cette ville et ses environs, a rapporté à Xinhua le général Joseph Zoundéko, chef d'état-major du FPRC.

 

Parmi ces sites, a expliqué l'ex-dirigeant rebelle, figurent l'ex-base de la force française Sangaris, le site alternatif de la gendarmerie centrafricaine et l'aérodrome, à 14 kilomètres du centre-ville de Bambari.

 

"Depuis jeudi, le nombre de déplacés dans ces sites a augmenté", constate le général Zoundéko, joint au téléphone lundi à Bambari.

 

C'est la conséquence de trois jours de violences commises jusqu'à dimanche par l'Union pour la paix en Centrafrique, groupe armé formé essentiellement de combattants peuls et dirigé par Ali Darass, dissident de l'ex-coalition rebelle de la Séléka et rival du FPRC de Joseph Zoundéko.

 

Ces violences menées contre les populations chrétiennes en représailles à l'assassinat d'un éleveur peul par des individus non identifiés mais soupçonnés par l'UPC d'appartenir aux milices chrétiennes anti-Balakas ont causé plus d'une dizaine de morts, d'après un bilan établi par le général Zoundéko.

 

"Pratiquement toute la population de la sortie sud de Bambari, à partir de PK10 jusqu'à peu près PK30, s'est enfuie et est allée chercher refuge dans ces sites. Le nombre est vraiment énorme. Or, depuis deux mois, la paix était revenue dans la ville et beaucoup de ceux qui avaient déserté leurs maisons avaient commencé à y retourner, déplore-t-il.

 

C'est surtout Awaké, village situé à 20 kilomètres de Bambari sur l'axe menant à Koango, qui a été la principale cible des massacres perpétrés par les hommes d'Ali Darass. "Il y a beaucoup de morts, le nombre exact n'est pas connu. Il y a aussi des dégâts matériels important, caractérisé par des destructions de maisons", a indiqué l'ex-responsable rebelle.

 

Sous le choc, la population chrétienne promet de se venger, faisant planer le risque d'une reprise des hostilités après deux d'accalmies dans cette ville, s'inquiète-t-il cependant.

 

 

En Centrafrique, des heurts meurtriers à Bambari

 

http://www.la-croix.com/  Laurent Larcher, le 08/03/2016 à 8h45

 

Une quinzaine de personnes auraient été tuées ces derniers jours dans cette ville du centre du pays.

 

Depuis mai 2014, Bambari est profondément divisée entre musulmans et chrétiens.

 

C’est une poudrière qui ne s’éteint pas, un foyer de tension et de violence qui s’embrase régulièrement. Et qui tue, aveuglément et sans distinction, des chrétiens et des musulmans pris entre deux feux.

 

Des civils fauchés dans des accrochages entre groupes armés irréductiblement ennemis, abattus dans des règlements de comptes entre alliés, victimes expiatrices organisant des expéditions punitives pour venger un mort.

 

Face à face meurtrier

 

Les raisons de perdre brutalement la vie sont nombreuses à Bambari. Cette fois, c’est l’annonce de l’enlèvement de deux musulmans, début mars, qui a mis le feu aux poudres. Des Peuls se sont vengés sur des chrétiens.

 

En réaction, des anti-balaka se sont à leur tour attaqués à des musulmans. Bilan des affrontements et des représailles, une quinzaine de morts et des centaines de personnes ayant fui en brousse ou rejoint un camp de déplacés, le temps que les esprits se calment.

 

Depuis mai 2014, Bambari est littéralement coupée entre chrétiens et musulmans. Les deux communautés se font face et se portent coup sur coup. Tombée entre les mains de la Séléka – l’ex-coalition rebelle – en décembre 2012, cette ville a été gérée par les rebelles musulmans d’une main de fer pendant plus d’un an.

 

Les responsables des communautés catholiques, protestantes et musulmanes ont eu beau s’unir dans une plateforme inter-religieuse pour éviter les divisions et travailler à la cohésion sociale, le divorce entre les communautés n’a pas été conjuré.

 

Stratégies et instabilité

 

Pour la Séléka, Bambari est d’une importance capitale : elle est le verrou qui ouvre la porte du nord-est, et elle est entourée de mines d’or aux bénéfices juteux pour ceux qui les contrôlent. Au printemps 2014, la rébellion musulmane choisit d’y établir son état-major.

 

La perspective d’être désarmée par les forces internationales et l’arrivée dans la ville de la force Sangaris jugée favorable aux groupes anti-balaka radicalisent les plus extrémistes à partir du mois de mai 2014.

 

Minée par des tensions internes, des rivalités de leadership, la Séléka à Bambari est incapable de parler d’une seule voix. Parmi ces groupes, l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC) d’Ali Daras, et les milices peules composées de chasseurs traditionnels et de déplacés.

 

Les anti-balaka ont fait leur apparition dans la région au printemps 2014. Ils sont arrivés dans le sillage de la force Sangaris. Depuis, plusieurs milices anti-balaka sèment la terreur dans la ville et dans la campagne, s’attaquant en premier lieu aux musulmans isolés.

 

Un avenir précaire

 

Le cycle de violence actuel est-il lié à l’évasion, en février, d’un leader anti-balaka particulièrement cruel, arrêté par les casques bleus de la Minusca en janvier 2016 ? C’est possible, selon les témoins.

 

En attendant, cet épisode ultra-violent montre combien la paix est fragile en Centrafrique. Pour le nouveau président Faustin-Archange Touadéra, élu le 14 février avec 62,69 % des voix, le défi sécuritaire est immense.

 

À Bambari, mais pas seulement. Malgré la visite réussie du pape François, en novembre 2015, et une élection présidentielle relativement apaisée, la Centrafrique reste encore un pays extrêmement divisé par plus de deux ans de crise ouverte.

 

À cela s’ajoutent les incursions d’autres mouvements rebelles, qui profitent du chaos centrafricain pour trouver refuge dans le pays, et poursuivre des activités criminelles.

 

Selon deux ONG américaines, Invisible Children et The Resolve LRA Crisis Initiative, la guérilla ougandaise de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) a enlevé plus de 200 personnes dans l’est de la RCA, depuis le début de l’année. Dont 54 enfants.

 

Laurent Larcher

 

 

 

 

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