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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 19:14

 

 

I- A  TITRE LIMINAIRE

 

Dans cette période électorale propice au réveil des opportunismes, à la floraison des courbettes, des louanges destinées à célébrer opportunément les divines qualités des candidats, ceux-ci seraient bien inspirés de se départir de toutes « tentation du piédestal ». L’exercice du pouvoir suprême requiert de la modestie, plus créatrice de bienfaits plus que de la vanité qui, à force d’alimenter l’Ego, finit par déchaîner, en s’appuyant sur les plus bas instincts de l’homme, des forces de destruction porteuse de « puissances maléfiques » sans limites. Il convient d’exhorter les candidats à « garder la tête froide » et « les pieds sur terre » en se détournant systématiquement déflateur et de leurs trompettes aux sonorités mielleuses. Ils doivent apprécier que leurs compatriotes soient exigeants avec eux. C’est la condition pour qu’eux-mêmes s’astreignent à l’excellence. Nous devons tous nous rappeler qu’il n’existe pas de surhomme et, ce qui ont promptement entonné un « GLORIA » à destination de tel ou tel candidat ferait mieux de s’en souvenir. Notre préférence pour tel ou tel candidat ne doit pas nous conduire à déclamer sur tous les toits des dithyrambes inappropriés dans le but affiché de nous faire remarquer par le potentiel président de la république.

 

II-SUR LA POLITIQUE ECONOMIQUE.

 

Avec le second tour des élections qui se profile à l’horizon, chacun des deux candidats s’emploie à dérouler avec force, en guise de politique économique, la liste des réalisations qui seront menées à bien sous sa présidence, 2 Cependant les le Centrafricaines et Centrafricains sont en droit d’avoir une vision globale de la politique économique que le futur président de République entend mettre en œuvre pendant les cinq années de son mandat. Quels seront la place et le rôle dévolu à l’État ? État interventionniste ou simple régulateur ? Quel fil conducteur ? Quels acteurs économiques ? Quelles finalités ? Quels besoins ? Quels moyens ? Autant de questions que tout centrafricain a le droit de se poser. Dire qu’on va électrifier un pays où qu’on va donner l’accès à l’eau potable au plus grand nombre, c’est bien, mais faut-il encore savoir comment, avec et pour qui.

 

De tels projets impliquent de réfléchir à la question d’une urbanisation adéquate qui nécessite la construction d’infrastructures, d’équipements collectifs, la réalisation d’un habitat adapté etc. Affirmer qu’on va développer l’agriculture est un projet louable, mais encore faut-il dire quelles sont les modalités de la mise en œuvre de celui-ci. Quelle politique conduire pour permettre la mise en cohérence de l’ensemble de ces actions diversifiées ? Tout cela induit la question des types d’acteurs économiques appelés à intervenir dans ces différents secteurs d’activité (entreprises, artisans, ouvriers, employés…) La question de l’origine des acteurs demeure également incontournable (nationaux ou étrangers). Bref, les candidats doivent convaincre le peuple de la crédibilité du projet de société auquel ils sont censés avoir réfléchi et à l’élaboration duquel ils ont travaillé.

 

Pendant plusieurs décennies, les dirigeants centrafricains nous ont habitués à l’improvisation, et, par conséquent, à une navigation à vue dans leur conduite des affaires publiques. Or le développement d’un pays nécessite que son économe soit réellement pensée, gage d’une mise en œuvre rationnelle et, par suite, efficiente. Quelle est leur idéal, quelle vision économique proposent-ils au pays ? Il ne s’agit pas de théorie économique pure, mais d’idéal servant de fil conducteur guidant l’utilisation intelligente de toutes les ressources personnelles et matérielles de notre pays en vue de la création des conditions d’amélioration du cadre de vie de nos compatriotes, sachant que l’idéal est l’étoile qu’on n’atteindra pas, mais qui reste un appel très fort au dépassement de soi dans la recherche déterminée d’un mieux-être.  

 

La multiplication des projets dans un chaos généralisé est le meilleur moyen de déboucher sur un échec patent avec son lot de corruptions et d’éléphants blancs. Toute politique économique doit être le tissu conjonctif permettant une synergie entre tous les projets et toutes les activités économiques et donnant à l’ensemble de ceux-ci un vrai sens et une réelle finalité. Toute politique économique, pour être efficace doit repérer tous les paramètres nécessaires et tous les leviers sur lesquels agir afin de pouvoir atteindre les objectifs recherchés. Ainsi, il convient de distinguer les principes généraux (I), les éléments de base pour la mise en œuvre d’une politique économique (II) les priorités (III).

 

II - PRINCIPES GENERAUX

 

Toute de politique économique doit être fondée sur quelques lignes de force. A-Définir le rôle et la place de l’Etat dans l’économie. La crise économique mondiale qui sévit depuis 2007 a montré les limites de l’économie néolibérale. Celui qui aspire à conduire la destinée de la République Centrafricaine ne peut manquer de se poser la question sur le modèle tout au moins sur l’orientation qu’il entend donner à l’économie de son pays. Or la place qu’on entend réserver à l’action publique dans la sphère économique est d’une importance capitale pour juger de la sensibilité et des convictions de celui à qui le peuple centrafricain s’apprête à confier les manettes de l’État. Ce problème n’est pas sans importance car, c’est dans les modalités de la synergie entre l’État et l’espace économique que se créeront les conditions de la prospérité de notre pays. La crise économique mondiale a démontré à quel point le fait de déserter l’espace économique sous la pression des tenants de la thèse « efficience des marchés financiers » (dérégulation, privatisation à outrance…)

 

A fait perdre aux états tout pouvoir de relancer l’économie en cas de difficultés, par le soutien à la consommation ou par le lancement de grands travaux par exemple. Quelles mesures prendra le nouveau président pour que l’économie de notre pays ne soit pas dominée et contrôlée majoritairement par des intérêts et des acteurs étrangers au détriment des nationaux ? Le nouveau président de la république sera-t-il en capacité d’hésiter que l’économie de notre pays soit sous les fourches caudines de l’idéologie néolibérale dont les effets dévastateurs ne sont plus à démontrer aujourd’hui ? 4 Quelles mesures incitatives proposera-t-il afin qu’un nombre de plus en plus élevé de centrafricaines et de centrafricains prennent en main l’économie de leur pays (création de banques publiques d’investissement, fiscalité favorable, attribution de marchés publics, formation…) ?

 

B-Identifier clairement les différents types d’acteurs économiques :

 

• les ménages c’est-à-dire les personnes physiques en tant que consommateur et les entrepreneurs individuels en tant que producteur ;

 

• les sociétés non financières à savoir toutes les sociétés chargées de produire des biens et des services marchands ;

 

• les institutions de crédit • les sociétés d’assurances ;

 

• les administrations publiques qui procurent des services non marchands ou effectuant des redistributions de revenus ;

 

• les administrations publiques non marchandes mais intéressées à la création d’entreprise ou d’activités économiques sous quelque forme que ce soit (grandes entreprises, PME, artisans, petits commerces, etc.).

 

• le reste du monde. C-Déterminer les contours de l’ensemble de nos besoins. Une politique économique doit être définie et mise en oeuvre à l'aulne des intérêts et des besoins propres des Centrafricaines et Centrafricains (alimentation, soins, éducation, vêtements, logement, transports, sports et loisirs, etc.).

 

-Besoins spécifiques = satisfaction prioritairement par des moyens propres. Quels sont vos atouts ? Faire le point sur nos ressources : Ressources personnelles (compétences diverses) ;

 

Ressources matérielles (les ressources minières, les terres agricoles, un réseau hydrographique très riche, nos forêts, etc.). Quelles sont nos faiblesses ? Déficit en infrastructures en général, besoins en liquidités financières, enclavement, etc. En ressources personnelles (besoins en formations…).

 

En ressources matérielles pour l’exploitation de nos richesses minières et de la mise en valeur de nos terres agricoles par exemple… Aurons-nous besoin de coopérer avec des acteurs économiques étrangers ou pas, dans quels domaines, selon quelles modalités… ? Autant de questions auxquelles doit répondre le projet de société autour duquel se nouera le pacte de confiance entre le futur président et le peuple centrafricain.

 

III – QUELQUES ÉLEMENTS (A TITRE D’EXEMPLES) DE BASE POUR LA MISE EN ŒUVRE D’UNE POLITIQUE ECONOMIQUE

 

Loin de moi la prétention de dresser une liste exhaustive des éléments susceptibles de constituer le socle sur lequel édifier l’économie. Il s’agit d’exemples visant à tracer quelques sillons indicatifs dans la perspective de l’élaboration d’une politique économique résolument tourner vers l’amélioration des conditions de vie des Centrafricaines et des Centrafricains. A - Déterminer un service public le plus large possible

 

1 - Secteurs considérés comme stratégique - Énergie (électricité, hydrocarbures)

 

- Distribution d'eau - Mines - Télécommunications À cette fin création de sociétés d'État régies par des règles de gestion et de fonctionnement strictes Si l'exploitation et la mise en valeur de certaines ressources nécessitent le recours à des technologies et/ou des compétences, au-delà des moyens et possibilités de financements nationaux, Recours à des collaborations ou coopérations étrangères, mais la règle commune doit être celle d'un rapport de 15 à 20 % pour les capitaux étrangers et 80 à 85 % pour l'État (Voir documentation sur la pratique dans certains pays comme la Bolivie, le Venezuela...).

 

2 - Autres secteurs (à définir). Création de sociétés d'économie mixte avec participation majoritaire de l'État et de sociétés d'État Faire une place aux nationaux qui ont une capacité d'investissement

 

La place faite aux investissements étrangers doit être appréciée au regard de la préservation de nos intérêts avec le souci de ne pas voir ceux-ci, à court, à moyen ou à long terme, supplantés et asservis par des intérêts venus d’autres latitudes. Toute action politique ou économique stricto sensu conduite au nom de notre pays ne doit ni ne peut ignorer la défense sourcilleuse de la souveraineté nationale. Tout investissement étranger doit s'associer à un investissement national majoritaire, privé ou étatique.

 

B - Domaine agricole 1 - Exploitations agricoles - Création de sociétés coopératives (mise en commun d'un certain nombre de moyens personnels et matériels) - Mobilisation de compétences d'accompagnement (ingénieurs, techniciens supérieurs...). Pour les compétences relatives au matériel (mécaniciens par exemple), recours au privé de même que pour les structures administratives de la coopérative…

 

2 - Industries agroalimentaires et sociétés de distribution - Inciter les nationaux en mettant en place des subventions publiques accordées après l'étude de projets C - Commerce et distribution Inciter les nationaux à prendre en main les différentes activités de ce secteur avec l’institution d’un « Privilège de Nationalité ».

 

IV – DEFINIR DES PRIORITES

 

- Maîtriser l'exploitation et la mise en valeur de nos ressources minières afin de disposer à bref délai de moyens financiers en vue de la mise en oeuvre de la politique économique. - Lancer immédiatement une politique agricole résolue ayant pour objectif d'atteindre rapidement l'autosuffisance alimentaire. - Création d'une banque publique d'investissement (en son sein un service spécifique chargé d'étudier les projets de création d'entreprises présentés par les nationaux ainsi que les financements éventuels de ceux-ci).

 

 - Éviter le financement actionnarial de l'économie avec comme objectif d'empêcher la prise de contrôle de secteurs économiques stratégiques par des entités économiques étrangères. Une mode qui voit, par un mimétisme pathologique, s’installer partout en Afrique des places boursières, fait courir à nos économies le risque d’une captation de leur substance, ne laissant à bon nombre de pays qu’une portion congrue de leurs richesses.

 

À LONG TERME

 

Certains secteurs entièrement dédiés au financement public pourraient connaître une ouverture raisonnée et progressive mais toujours limitée aux nationaux, à partir du moment où, ceux-ci, ayant satisfait leurs besoins primaires essentiels (se nourrir, se vêtir, se loger, être éduqué, se soigner, se déplacer...), auraient accédé à un certain niveau de vie et acquis un certain pouvoir d'achat, auraient commencé à suffisamment épargner. Ces quelques points, loin de constituer un document intangible, représentent modestement des pistes destinées à susciter des débats constructifs permettant à tous d’apporter les pierres qui contribueront à l’édification d’une économie résolument tournée vers la satisfaction de nos besoins propres. L’édification d’une telle économie ne peut devenir possible que si elle procède d’une claire conscience de la spécificité de nos intérêts que nous sommes les seuls à pouvoir défendre avec détermination, abnégation et passion. Une classe dirigeante doit être assez modeste pour manifester sans ambigüité sa volonté d’associer une vaste palette de représentants de toutes les couches sociales à l’édification de l’économie. Il est irritant et contre-productif de voir une prétendue classe politique, se comporter en détenteur exclusif d’une science infuse et donner l’impression d’avoir sur la chose publique la seule opinion qui vaille. L’homme ou la femme choisie par ses compatriotes pour exercer la plus haute fonction du pays, doit être assez intelligent et assez respectueux à l’égard de ceux qui lui ont fait confiance pour ne pas se comporter comme le philosophe de la « Caverne » de qui croit détenir la vérité absolue par ce que lui seul serait légitime à dispenser aux habitants de la caverne les lumières dont il serait imbibé en allant contempler le ciel étoilé. Personne n’a le monopole de la sagesse. Faire sienne cette vérité est la marque d’un dirigeant éclairé

 

V - UNE POLITIQUE SOCIALE

 

Le système économique doit être un outil au service de l’ordre. À ce titre il doit permettre de fluidifier les échanges de biens et services dans une société donnée et conduire à maximiser la satisfaction des besoins vitaux des membres de celle-ci dans une certaine équité. 8 L’économie ne doit pas aboutir à l’exploitation et à l’asservissement du plus grand nombre au profit quasi-exclusif d’un petit nombre. Il est illusoire de croire qu’il existe un système assurant une égalité parfaite entre tous. Cependant, politique économique doit avoir pour objectif d’assurer les équilibres nécessaires à la préservation de la paix sociale dans une société. La prospérité engendrée par une politique économique juste doit imaginer des solutions susceptibles de pallier aux déséquilibres qui peuvent naître au sein d’une société. Quelles mesures prendra le futur président pour prendre en compte les injustices susceptibles de naître au gré des hasards et des péripéties de la vie : - Enfants appartenant à des classes sociales économiquement défavorisées (cuit de leurs besoins en matière d’éducation de soins etc. ?

 

- Personnes handicapées – comment faciliter leur insertion sociale ?

 

- Personnes âgées – si pour ceux qui n’ont pas exercé des métiers leur donnant droit à une pension de retraite, pourront-ils espérer disposer d’un minimum de revenus leur évitant de dépendre totalement de leurs enfants ? – Que faire s’ils n’en ont pas ? Que fera le futur président pour que tout centrafricain victime d’accidents de la vie (maladie, accident de la route ou du travail…) puisse disposer d’une assurance lui assurant un certain nombre de garanties de risques. Une politique économique empreinte de modernité et d’humanité doit se préoccuper du bien- être des citoyens, d’où la nécessité de mettre en place des structures adéquates pour ce faire. Création de sociétés d'assurances et/ou prise de participation dans celles qui existent. Restauration et restructuration de l'Office de Sécurité Sociale…

 

Une politique sociale doit également s’appuyer sur des secteurs publics forts dans les domaines traditionnellement dévolus à la puissance publique : restauration et restructuration des services publics d'éducation, de santé, d'exploitation routière (désenclavement intérieur et extérieur pour faciliter la circulation des personnes et des biens. Il ne s'agit pas de créer un pays communiste mais plutôt de promouvoir une social-démocratie. Promouvoir une société qui crée les conditions pour chacun de s'émanciper par son travail mais également une société où personne ne sera abandonnée à son triste sort du fait du hasard des naissances ou des accidents et autres contingences malheureuses de la vie, d'où la nécessité de la mise en place d'un système de solidarité institutionnalisée avec participation de l'État (affectation d'un pourcentage des revenus tirés des ressources minières ou autres ressources du pays) et de tout citoyen ou étranger vivant sur le territoire national (cotisations sur revenu mensuel) en tenant compte des facultés contributives de chacun.

 

VI - PAS D’ECONOMIE POSSIBLE SANS SECURITE

 

Comment assurer la sécurité de tout le territoire centrafricain. Structuration et restauration des forces de défense et de sécurité (véritables force nationales et non claniques) … A partir de la carte de la RCA tisser une « toile sécuritaire » recouvrant l’ensemble du territoire national grâce à un maillage subtil intégrant les bases militaires, les compagnies de gendarmerie, les services de police, les administrations des douanes et des forêts… Quel sera la politique du futur chef de l’Etat dans ce domaine ?

 

VII-OBSERVATIONS SUR LA PRIMAUTE DE L’ETAT ET DES NATIONAUX DANS L’EDIFICATION DE L’ECONOMIE.

 

Notre pays, comme les pays africains en général, doit tirer des leçons de la catastrophe économique mondiale engendrée par un libéralisme débridé et sans limites. Nous devrons nous défier des chantres de la dérégulation et de la privatisation systématique, creuset de toutes les convoitises et terreau fertile pour la déferlante d’appétits féroces ayant toujours à cœur de vampiriser nos économies au profit d’intérêts étrangers à l’Afrique. Il est grand temps pour notre pays de bâtir une économie digne de ce nom, tourné vers la satisfaction des besoins des populations, en termes de création de conditions de vie décente, d’emplois et de développement d’activités productives, tout en ne perdant jamais de vue qu’une économie stable doit être majoritairement tenue par les nationaux. Cela suppose une profonde réflexion sur les voies et moyens de faire émerger des acteurs économiques nationaux importants dans tous les secteurs économiques. La facilité consisterait à toujours se laisser aller au réflexe de l’appel systématique au soi-disant bailleurs de fonds, personnages sans visage identifié, néanmoins monstres voraces sans égard et sans pitié pour les intérêts qui ne sont pas les leurs. Ces personnages répondent volontiers à votre appel lorsqu’il y a « à manger et à boire ». Mais souvent, après avoir fini de vous presser et assécher, ils se volatilisent avant que vous vous aperceviez de leur absence. Il est donc impératif de faciliter la création d’entreprises par les nationaux. Mettre en place des mesures facilitatrices :

 

 - Identifier clairement les rassembler en un seul lieu tous les services publics (éventuellement détachés) intéressés à la création d’entreprise afin d’accélérer et facilités les formalités et réduire les délais. - Simplifier autant que faire se peut les formalités préalables à la création d’entreprises.

 

- Une fiscalité adaptée intelligente et incitative s’impose qui permettrait aux nationaux de devenir maîtres de l’économie de leur pays, seul moyen de rendre celle-ci pérenne. - Prévoir des possibilités d’accéder à des aides financières Cette politique est préventive car elle vise à limiter les risques d’effondrement de l’économie nationale, en cas de retrait intempestif et inattendu d’un certain nombre d’investissements étrangers. Développement de l’énergie en négligeant aucune source (cependant priorité à l’énergie propre dans la mesure du possible). Inconvénients de l’appel au bailleur de fonds et autre investisseurs : Partenaires nombre n’a effectivement lié au pays donc aucun scrupule à partir du jour au lendemain pour aller voir ailleurs où coule le miel ; Risque de captation de tous les marchés juteux au détriment de l’investissement national (État et Nationaux) Le risque de voir les nationaux réduits à exercer des rôles subalternes (secteurs informels, investissement « bas de gamme », employés et ouvriers mal payés et « asservis » au profit d’investissements étrangers potentiellement volatiles et par conséquent fortement infidèle Favoriser en priorité l’enrichissement de l’État et des nationaux afin de garder la main sur l’économie…

 

Éviter à tout prix l’asservissement et la marginalisation des forces créatrices et laborieuses nationales par les investissements venus d’ailleurs. Attention que le recours aux bailleurs de fond ne devienne pas un moyen d’étouffer les énergies nationales Compter d’abord sur nos propres forces Selon un proverbe espagnol que j’ai retenu de ma première année d’apprentissage de cette langue « El que recive pierde su libertad », « Celui qui reçoit perd sa liberté ». Le prochain président de la république devra convaincre le peuple centrafricain de sa capacité à préserver son indépendance face à de puissants intérêts venus d’ailleurs. Attention donc à toute porte ouverte à la prédation, avec le risque de voir s’installer les habituelles connivences politico-mafieuses et, consécutivement la corruption.

 

 J’invite les Centrafricaines et les centrafricains si à méditer cet adage latin : «Donec eris felix, multos numerabis amicos. Caeli si fuerint nubila, solus eris » : « Tant que tu es heureux, tu compteras une multitude d’amis. Mais le jour où les cieux se couvriront de nuages, tu te retrouveras seul ». Depuis plusieurs décennies le peuple centrafricain se débat pour sortir d’une crise profonde. Les Centrafricaines et les Centrafricains ont fait face à des épreuves considérables qui ont mis à mal la coexistence pacifique en leur sein. Un sentiment d’abandon les a habités pendant toute cette période. Ils ne doivent pas l’oublier. Le futur président de la république gardera en permanence à l’esprit que seuls les Centrafricaines et les Centrafricains ont la légitimité et la capacité à défendre en toute sincérité les intérêts de leur pays auquel ils sont charnellement et affectivement attachés.

 

VIII – OBSERVATION ECONOMIQUE : LE PAIEMENT DE SALAIRE POUR SEUL HORIZON ECONOMIQUE

 

 L'un des maux autour desquels se noue le sort tragique de notre pays est l'irrésistible attrait de la mangeoire, symbolisée par le salaire et auquel tant de générations ont succombé pour le plus grand malheur de la nation. L'utilisation du paiement des salaires, dans une manipulation bien huilée à destination des fonctionnaires, relève d'une école de pensée que je qualifierais de dialectique de la bienfaisance carnassière qui peut se décliner sous plusieurs formes Depuis plusieurs décennies, en effet, s’est imposée l’idée que le paiement des salaires des fonctionnaires constitue la forme la plus aboutie de l’action politique en même temps qu’elle épuise toute politique économique. Cette idée a tellement bien été intégrée par les populations, qu’en dépit des nombreuses années d’arriérés accumulées d’un régime à l’autre, même les non fonctionnaires éprouvent une jouissance morale intense, chaque fois qu’un seul mois de salaire est payé par le pouvoir en place.

 

Cette action, présentée systématiquement comme un acte de bienveillance, de bienfaisance et de générosité du chef de l’Etat, agit comme un puissant sédatif, inoculé par intermittence et avec parcimonie, destiné à annihiler la vigilance des populations pour permettre aux dignitaires des régimes successifs de s’approprier en toute tranquillité deniers publics et autres richesses du pays. Ainsi maniée, la mécanique du paiement des salaires, n’est plus perçue comme une obligation de l’Etat et un droit des fonctionnaires, mais un cadeau du chef de l’Etat qui, par un indéfectible altruisme et une paternelle prévenance, interviendrait pour soulager le peuple des nombreux maux qui l’accablent, non du fait des dirigeants, mais de la fatalité.

 

C'est cela la conception toute « prébendière » de l'économie, savamment élaborée par des fils indignes de la nation qui, pendant plusieurs décennies, se sont moqués de leurs concitoyens en accumulant des sommes folles pour eux-mêmes et en fêtant leurs milliards lors de rondes et ballets macabres autour de la dépouille de leur propre pays.

 

LA DIALECTIQUE DE LA BIENFAISANCE CARNASSIERE consiste tout simplement, pour de petits malins à convaincre les populations d’actions bienfaisantes qui n’en sont pas, et à pouvoir ainsi se repaitre indéfiniment et impunément de la misère humaine, engrangeant sans vergogne et sans la moindre empathie, même pour la veuve et l’orphelin, médailles et fortunes. Pendant que le peuple s’accroche à l’espoir d’un salaire rarement payé, les penseurs de ces différents régimes, rivalisent d’ingéniosité pour thésauriser en des temps records des fortunes colossales Ces économistes de mauvaise augure dont certains, parfois, ont occupé des postes importants dans l'exécutif, ont rivalisé d’ingéniosité pour concevoir les solutions les plus farfelues, mais non moins méthodiquement cyniques et criminels, propres à garnir de manière outrancière, au détriment du pays et des populations, des comptes domiciliés à l'étranger. Songez au guichet unique qui a permis à ses promoteurs, une poignée d'individus, malfaiteurs authentiques, de s'enrichir aux dépens de l'État, en anéantissant le service des douanes. Il faudra, sans doute, un jour, débattre de tout cela et diligenter un audit afin d'évaluer tous les mécanismes criminels mis au point par des fils du pays et dont les conséquences pour le plus grand nombre sont difficiles à mesurer aujourd'hui... D’autres mécanismes peuvent être cités :

 

- DVA, Départ Volontaire Assisté, qui consistait à proposer une certaine somme à tous ceux qui souhaitaient quitter la fonction publique - « réformation » de véhicules de fonction qui consistait à déclarer hors d’usage le véhicule de fonction dont on est titulaire et de se l’approprier à vil prix ; il suffisait de dépouiller sa voiture de fonction de ses quatre roues et de la mettre ensuite sur cales, de faire constater par quelque agent public complaisant la situation ainsi sciemment créée et le tour est joué. - Vente de biens immobiliers appartenant à l'État dont certains se sont attribués la propriété à des prix fictifs puisqu'en général non réglés...

 

- Pensez également à tous les dirigeants de sociétés mixtes ou d'Etat qui s’attribuaient des matériels roulants ou non appartenant aux sociétés dont la responsabilité leur a été confiée et qui les relouaient à ces mêmes sociétés contre de juteux profits immérités puisque dénués de toute justification.

 

-Des « billeteurs », fonctionnaires du Ministère des Finances effectuant pour leur propre compte des opérations de crédit aux dépens des agents à qui ils sont chargés de verser leurs salaires, avec des taux d’intérêts conséquents.  Sur ce marché de dupes, le gagnant a toujours été le CARNASSIER qui sait « se tailler la part du lion », ne se souciant guère des ventres affamés qui, remplis d’illusions sur d’hypothétiques salaires, les regardent festoyer. Cette énumération non exhaustive des subterfuges usités par les tenants des régimes politiques successifs de notre pays pour s’enrichir, permet de mesurer le chemin à parcourir pour arriver à une véritable politique économique, seule susceptible de créer les conditions d’une vie meilleure, en rompant avec des pratiques d’un autre temps, « faux semblants » destinés à endormir le peuple pour mieux le dépouiller.

 

En définitive, au-delà de la question étriquée du salaire des fonctionnaires, même les stupidités secrétées par quelque opportuniste adepte fanatique du « mangeoirisme » et, par conséquent, convive assidu de la mangeoire, peuvent nous donner l'occasion de nous poser des questions fondamentales dans la perspective d'une reconstruction de notre pays. Quel système politique pour notre pays ? Quelles institutions politiques et administratives pour notre pays ? Quelle politique sociale et économique pour notre pays ? Quel rôle doit jouer l’Etat dans l’économie et sur quels leviers doit-il agir pour relancer l’économie ? De quels moyens personnels, financiers et matériels dispose-t-il pour bâtir une économie viable ? Qui sont les acteurs économiques ? Les nationaux sont-ils en nombre suffisant dans la sphère économique qui compte ? Sinon que faire pour créer les conditions d'une émergence de créateurs nationaux dans tous les secteurs productifs ? Quels sont les besoins réels du peuple centrafricain ? Quels moyens devrons-nous mettre en oeuvre pour les satisfaire ? Quel cadre législatif promouvoir pour garantir l'exercice de ses droits et le respect de ses obligations par tout citoyen ? Comment faire pour prémunir les citoyens contre les abus de droit et autres dérives autoritaires de ceux qui auraient à exercer un pouvoir quelconque ?

 

Le pouvoir, comment et pourquoi faire ? Comment faire prospérer dans l'espace centrafricain, l’idée d'un exercice du pouvoir politique indemne de considérations, clientélistes, népotistes, claniques, ethniques, tribalistes, régionalistes, etc ? Il appartient aux Centrafricaines et aux Centrafricains, dans leur ensemble, de trouver la solution à ces problèmes. Mon optimisme à tout crin me conduit à croire la chose possible tant je fais mienne la maxime selon laquelle « la somme des intelligences est supérieure aux intelligences individuelles ».

 

Le peuple centrafricain a pu constater, impuissant, puisque bridé au moyen d'une terreur insidieusement distillée, que chaque régime qui arrive reprend et applique à son profit toutes ces recettes éculées mais néanmoins terriblement efficaces dans la commission du pire Ce problème qui, de prime abord, semble insoluble, nécessite pourtant que, tirant des leçons de l'histoire, ensemble, nous y trouvions une solution durable, est que chaque chef d'État s'installant au pouvoir, démocratiquement élu ou non, croit être assez rusé et intelligent pour mettre en place un système susceptible d'assurer son maintien « ad vitam » à la tête du pays, et, si possible, envisager la transmission de son sceptre et/ou de sa couronne à sa progéniture.

 

Mais l'histoire de notre propre pays nous enseigne que tous les régimes guidés par cette illusion ont fini par produire eux-mêmes le poison qui a fini par les perdre. Alors comment nous en sortir ? La réponse dépend des Centrafricaines et des Centrafricains, et d'eux seuls, s'ils se laissent conduire uniquement par le sens de l'intérêt général.

 

CONCLUSIONS.

 

Cette crise donne aux Centrafricains une occasion unique de se concerter aux fins de bâtir une véritable nation, à condition d’impulser un projet présentant un certain nombre de lignes de force :

- Bilan des 55 années d’indépendance, donc des différents régimes qui se sont succédés à la tête de notre pays:

 

- La consolidation de l’unité nationale ayant pour socle la langue nationale, le SANGO, appelée à jouer un rôle majeur. Il est temps pour nous de renouer résolument avec le sentiment commun d’appartenance nationale qui, en raison de pratiques politiques criminelles, s’est considérablement érodé mais qui, malgré les coups portés depuis de nombreuses années par des citoyens partisans d’un clanisme acharné, reste bien vivace

 

- La construction d’une véritable démocratie où la liberté d’expression assure au peuple un pouvoir politique réel lui permettant, de manière transparente, de peser sur la gestion des affaires nationales (élections présidentielles et législatives) et locales (élections municipales) - La restructuration des institutions politiques et du système administratif afin de leur donner un contour et un contenu plus clairs et de leur conférer plus d’efficience - La promotion d’une société qui crée les conditions pour chacun de s'émanciper par son travail mais également une société où personne ne sera abandonnée à son triste sort du fait du hasard des naissances ou des accidents et autres contingences malheureuses de la vie

 

 - L’édification d’une telle économie ne peut devenir possible que si elle procède d’une claire conscience de nos besoins particuliers nécessitant des réponses adaptées. La satisfaction de tels besoins suppose la mise en valeur de ressources propres sans lesquelles l’indépendance nationale demeurerait une chimère. - Une politique sociale s'appuyant également sur des secteurs publics forts dans les domaines traditionnellement dévolus à la puissance publique : restauration et restructuration des services publics d'éducation, de santé, d'exploitation routière (désenclavement intérieur et extérieur pour faciliter la circulation des personnes et des biens).

 

QUELLE ECONOMIE POUR QUEL PAYS ?

 

On ne peut indéfiniment se placer dans le sillage des économies occidentales. Les canaux occidentaux de la politique économique n’ont pas permis jusqu’à ce jour à nos pays d’élaborer des systèmes profitables à nos populations. Il n’est pas question d’inventer la lune, mais de tenter de trouver des voies originales, adapté à nos besoins et susceptibles de nous doter d’instruments aptes à défendre et protéger efficacement nos intérêts. Les candidats au second tour des élections présidentielles ne pourront pas faire l’économie d’une interrogation approfondie sur l’orientation qu’il compte donner à l’économie centrafricaine. Ils ne pourront se contenter de réciter une litanie de projets épars, signes précurseurs d’une improvisation annoncée. Il est grand temps pour nous d’imaginer une économie adéquate. En dépendent, notamment, le bien-être, la prospérité, la liberté, l’égalité des citoyens, la défense et la préservation de notre environnement, etc. Il n’y a pas d’indépendance politique sans indépendance économique, pas de sécurité sans réelle capacité économique et pas d’économie sans sécurité. Seule la prospérité économique peut donner à un pays la capacité d’affirmer avec quelque succès sa souveraineté. Les Centrafricaines et Centrafricains doivent, plus que jamais, se sentir concernés par la politique économique mise en œuvre dans leur pays.

 

Les décisions en ce domaine sont éminemment subjectives et, l’édification d’un système économique n’est indemne, ni de jugements de valeurs, ni d’arrière-pensées susceptibles de charrier des égoïsmes et des appétits enclins à organiser en sourdine la préservation d’intérêts contraires à ceux du peuple. En ce domaine, en effet, les objectifs définis demeurent le reflet d’intérêts divers variant d’une société à l’autre, d’une collectivité ou d’un individu à l’autre, d’où la nécessité de toujours se poser la question : quelle économie pour quel pays ? La République Centrafricaine ne doit donc pas échapper à ce questionnement, source d’une économie adéquate et ne pas se laisser embobiner par de faux scientifiques de l’économie.

 

L’ECONOMIE EST L’AFFAIRE DE TOUS, CITOYENNES ET CITOYENS.

 

Latillé le 23 janvier 2016 Maître Ignace OUNDA-MEYBI,

 

Avocat au Barreau de Poitiers (France)

 

Président de l’UNAREM (Union National pour la Renaissance et l’Emancipation)

UNAREM  : QUELLE POLITIQUE ECONOMIQUE POUR LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE ?

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