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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 23:44

 

 

http://afriqueeducation.com/  Jeudi 11 février 2016 à 19:41

 

Afrique Education : Votre présence au second tour de cette présidentielle très discutée, a été une surprise pour beaucoup de personnes. Le candidat indépendant que vous êtes, a-t-il, aussi, été surpris de sa performance ?

 
Professeur Faustin Archange Touadera : Je remercie, tout d'abord, votre journal de m'avoir offert cette opportunité de m'exprimer sur les sujets brûlants de l'heure. Revenons à votre question, je ne suis pas surpris de ma performance, mais, plutôt, de ce que certaines personnes s'étonnent de ma présence au second tour. J'ai, toujours, après mes études universitaires, travaillé dans mon pays jusqu'au jour d’aujourd'hui. J'ai commencé comme enseignant à l'Université de Bangui où j'ai formé des générations de compétences, qui travaillent dans les secteurs tant public que privé. Fort de mon passé d'enseignant, et, récemment, en tant que premier ministre, chef du gouvernement, je ne peux que me prévaloir l’adhésion de bon nombre de nos compatriotes. 

 
Afrique Education : Dans quel état d'esprit abordez-vous ce deuxième tour ? Avec l'assurance de gagner, avec la modestie qui vous a toujours caractérisé ou dans l'incertitude totale, le corps électoral centrafricain n'étant pas manipulable ?

 
Professeur Faustin Archange Touadera : J'aborde ce second tour avec beaucoup de circonspection. Je puis vous assurer que je suis convaincu de ma victoire à ce second tour de l'élection présidentielle. Ce qui me convainc à cet effet, c'est l'engouement de la population, que dorénavant n’est pas manipulable comme  vous-même avez compris. L'on ne peut pas se présenter devant la population pour demander son suffrage en adoptant un profil condescendant, en lui faisant croire qu'on est le deüs ex machina (l’homme providentiel). La population a besoin des dirigeants humbles et efficaces. Voilà ce que j'ai à offrir au peuple pour recueillir son suffrage.

 
Afrique Education : Vous étiez 30 candidats au départ. Il n'en reste que deux pour le deuxième tour. Sur quels candidats comptez-vous pour accéder au Palais de la Renaissance ? 

 
Professeur Faustin Archange Touadera : De prime abord, je respecte la souveraineté du peuple centrafricain dans son choix. Beaucoup de mes frères et sœurs, qui ne sont pas retenus, pour le second tour, ont décidé de me soutenir; je leur en sais gré (Il en est de même de Martin Ziguélé du MLPC qui a totalisé plus de 11% des suffrages, ndlr). Leur engagement est fonction de l’ultime  vision que nous partageons, à savoir, une Centrafrique nouvelle avec des femmes et des hommes intègres, qui sauront relever les défis, qui nous attendent, tous. Je compte, naturellement, sur eux, ainsi que, sur l'ensemble de l'électorat, pour remporter la victoire, qui est la nôtre au second tour.

 
Afrique Education : Que diriez-vous à un électeur centrafricain pour voter pour vous plutôt que pour votre adversaire ? Que lui promettez-vous pour l'attirer dans votre camp ?

 
Professeur Faustin Archange Touadera : Il y a une forte mobilisation, qui se met en place sur l'ensemble du territoire et à l'extérieur pour m'accompagner à l’exemple des étudiants que j'ai formés, hier, et que je continue de former, ainsi que, les fonctionnaires, les pensionnaires, et je dirai, toute la couche sociale, qui se sont organisés pour battre campagne, en ma faveur, au premier tour, sans que je les appuie, personnellement.  La maturité du peuple centrafricain l'amène à faire la distinction entre le bien et le mal. L'électeur centrafricain se rappelle, encore, du courage dont j'ai fait preuve pour entreprendre des réformes audacieuses pendant les cinq années que j'ai passées à la tête du gouvernement de 2008 à 2013. Grâce à ces réformes, même si les conditions de vie de la population n'avaient pas atteint le niveau escompté, elles tranchaient, véritablement, avec celles que j'avais héritées. Fort de ces constats, je me considère comme un homme épris de paix, qui a été freiné dans son élan, un homme de consensus et de paix, un rassembleur du peuple centrafricain déboussolé et en détresse, un homme selon la réelle volonté de DIEU TOUT PUISSANT.

 
Afrique Education : Quelles sont les principales mesures que vous mettriez en place dans les 100 premiers jours ?

 
Professeur Faustin Archange Touadera : Les 100 premiers jours de ma présidence seront consacrés, en premier lieu, à l'amorce du rétablissement de la sécurité, sur l'ensemble du territoire, avec son corollaire, le désarmement et la lutte effrénée contre la consommation des produits stupéfiants. En second lieu, à la résilience et à la relance économique afin de placer le pays sur la trajectoire du développement.
 
Afrique Education : Quelles sont les grandes lignes de votre programme pendant ce mandat ?

 
Professeur Faustin Archange Touadera : Les valeurs, rien que les valeurs. La RCA a souffert, depuis fort longtemps, de la carence de valeurs dans sa gestion. Quelles que soient les stratégies de développement envisagées, si ceux où celles qui sont appelés à les mettre en œuvre ne fondent pas leur gestion sur des valeurs sûres, tout sera voué à l'échec. C'est pour cela que je mènerai une lutte sans vergogne contre la corruption, le népotisme, le clientélisme, l'affairisme, autrement dit, je ferai la promotion de l'excellence. L'éthique sera promue comme principe de base, ainsi que, le leadership efficace. Des valeurs d'intégrité, de lutte contre la corruption, de responsabilité, de respect des lois et des règles et des droits humains, etc., que j'ai mises en œuvre pendant mon magistère à la primature me réconfortent dans cette vision. 

 
Afrique Education : On dit que votre adversaire est plus proche du patronat et des milieux d'affaires, que vous. Pourquoi ne privilégiez-vous pas ce secteur qui peut créer beaucoup d'emplois plus que la fonction publique, si on s'en occupe bien ?

 
Professeur Faustin Archange Touadera : J'entretenais de bonnes relations avec les promoteurs du secteur privé lorsque j'étais premier ministre. D’ailleurs, mon gouvernement avait traduit, en prérogative, la création des conditions propices à l’émergence d’un secteur privé compétitif et dynamique.  Ceci étant, je m'efforçais à améliorer le climat des affaires propice aux investissements, par la lutte contre la corruption et le respect de l'éthique dans le secteur privé. Les emplois de masse ne peuvent être créés que par le secteur privé. A ce titre,  je faisais mener des réflexions aux fins d'inciter les Centrafricains à investir dans le secteur privé, creuset de création de l'emploi. N'eût été la crise qui a sapé les fondements de notre économie, cette initiative aurait abouti. Par ailleurs, les efforts que mon gouvernement et moi faisions pour sécuriser les recettes de l'Etat afin de payer, régulièrement, les salaires aux fonctionnaires et autres agents de l'Etat, qui sont des consommateurs, profitaient au secteur privé.

 
Afrique Education : Vous êtes l'ancien premier ministre de François Bozizé et membre du KNK. Quel est le sort que vous lui réservez si vous êtes élu ? Quel sort réserveriez-vous à Michel Djotodia ? Et à Catherine Samba-Panza ?

Professeur Faustin Archange Touadera : J'ai servi, cinq années, durant, aux côtés du président, François Bozize, comme premier ministre. La logique voudrait que je me départisse de lui pour désapprouver sa gestion lorsque j'étais en fonction. Nous avons collaboré dans un respect mutuel jusqu'au jour où le triste sort que le pays a connu, a mis un terme à cette collaboration. Je ne lui reproche rien. J'ai fait mention dans ma profession de foi que, s'il arrive que j'accède à la magistrature suprême de mon pays, désormais, le président préside, le gouvernement gouverne, la magistrature doit travailler en toute liberté. Le président, François BOZIZE, qui m'a donné l'occasion de faire mes premières armes en politique est justiciable comme l'est chaque citoyen centrafricain. Je ne formule aucun grief contre lui. Cependant, ceux qui sont à même de soutenir leurs accusations contre lui, n'ont qu'à le faire devant la justice. Michel DJOTODIA et Catherine SAMBA-PANZA sont des compatriotes envers lesquels je ne nourris pas d'animosité, aussi bien, que je n'en nourris guère vis-à-vis de quiconque. Ce qu'il faut savoir, et c'est la règle, après avoir servi l'Etat à quelque niveau de responsabilité que cela soit, on est obligé de passer devant le jugement de l'histoire. J'en ai fait l'expérience après avoir servi mon pays comme premier ministre. 

 
Afrique Education : En tant que candidat indépendant, vous n'êtes pas porté par un parti politique. Comment travailleriez-vous au niveau de l'Assemblée nationale pour faire voter vos lois ? Avec quelle majorité ?

 
Professeur Faustin Archange Touadera : Une élection présidentielle est le rendez-vous d'une femme ou d'un homme avec ses concitoyens. Je ne doute pas de la lucidité des Centrafricains à me doter d'une majorité à l'Assemblée nationale pour me permettre de concrétiser ma vision à laquelle ils souscrivent. Il y a, certes, des candidats aux législatives, qui partent sous la bannière des formations politiques, mais, il n'en demeure pas moins que beaucoup de ces candidats sont indépendants. 
 
Afrique Education : Les Centrafricains en portant leur choix sur vous, ont signifié leur volonté d'indépendance. La Françafrique a une forte emprise sur votre pays. Que faire pour desserrer cet étau qui étouffe vraiment votre pays ?

 
Professeur Faustin Archange Touadera : La Françafrique ? Je puis vous affirmer,  sans détour, lorsque j'étais premier ministre, je n'étais, guère, soumis aux objurgations d'une puissance quelconque. J'entretenais avec les représentants de la France, en Centrafrique, des relations d'amitié et de coopération sincères sur la base de respects mutuels. La gestion travestie de la République centrafricaine résulte, plutôt, de la carence de valeurs, qui l'étouffe que l'implication d'une puissance dans l'optique de réduire sa capacité à se développer.

 
Afrique Education : Allez-vous composer un gouvernement d'union pour commencer et dire merci à ces partis qui vous soutiennent ?

 
Professeur Faustin Archange Touadera : Les Centrafricains ont compris que le partage de gâteau ne sied plus. Tous ceux qui ont décidé de me soutenir ne m'ont, jamais, réclamé quoi que ce soit. Au contraire, ils m'exhortent, tous, à faire feu de tout bois pour redorer le blason de la République centrafricaine. Les Centrafricains ont du génie et je suis convaincu qu'ils mettront, chacun, de leur côté, leur génie au profit du bien-être de tous.

 
Afrique Education : L'entretien tire à sa fin. Y a-t-il un fait non abordé qui vous tient à coeur ? Bref votre dernier mot ?

 
Professeur Faustin Archange Touadera : Pour finir, je remercie, une fois de plus, votre journal pour avoir eu à s'intéresser à ma modeste personne, et, par la même occasion, à me donner cette circonstance de présenter, à nouveau, ma vision de la gestion de la chose publique.

 

Propos recueillis par Jean Paul Tédga

 

*Interview parue dans le numéro 432 du 1er au 14 février 2016 d'Afrique Education (actuellement chez les marchands de journaux).

 

PRESIDENTIELLE EN CENTRAFRIQUE - Professeur Faustin Archange Touadera : « Je suis convaincu de ma victoire »

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