Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 23:29

 

 

Par AFP — 15 février 2016 à 12:52 (mis à jour à 17:29)

 

Les Centrafricains attendaient lundi les premiers résultats partiels du second tour de l’élection présidentielle tenue la veille, un scrutin qui doit permettre de tourner la page de trois années de violences et d’une transition chaotique.

 

Le duel s’annonçait serré entre Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra, deux anciens Premiers ministres âgés de 58 ans, arrivés en tête du premier tour du 30 décembre.

 

Le vainqueur ne sera pas officiellement connu avant une semaine, a prévenu l’Autorité nationale des élections (ANE).

 

Quelque deux millions d’électeurs étaient appelés à participer à ce scrutin, couplé au premier tour des législatives, organisé une nouvelle fois après son annulation en janvier en raison de trop nombreuses irrégularités.

 

Le retour de la sécurité et la relance de l’économie seront les priorités du vainqueur pour relever le pays, l’un des plus pauvres du monde, ravagé par des années de troubles.

 

Le renversement du président François Bozizé, en mars 2013, par la rébellion à dominante musulmane de la Séléka de Michel Djotodia avait précipité la Centrafrique dans un cycle de violences inter-communautaires qui a culminé fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement forcé de centaines de milliers de personnes.

 

Quelques 10.000 hommes de la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) appuyés par la force militaire française Sangaris, ont depuis lors été déployés pour stabiliser le pays.

 

- «Nette amélioration» -

 

En terme d’organisation, «il y a eu une très nette amélioration» par rapport au 1er tour, notamment parce que le matériel électoral a pu être déployé à temps jusque dans les provinces les plus reculées, a affirmé lundi à l’AFP le rapporteur général de l’Autorité nationale des élections, Julius Ngouadé Baba.

 

Le dépouillement des bulletins s’est prolongé parfois tard dans la nuit, certains bureaux ayant terminé leurs décomptes vers 03H00 lundi, à la lumière des lampes électriques.

 

Les urnes et procès-verbaux devaient ensuite être acheminés à Bangui depuis les quatre coins du pays pour être vérifiés et recomptés en présence de représentants des candidats.

 

«A l’heure où je vous parle, les résultats commencent à parvenir au Centre de traitement de données» de l’ANE, a ajouté M. Ngouadé Baba.

 

Les résultats provisoires complets seront annoncés d’ici une semaine, mais dès mardi, l’ANE devrait annoncer de premiers chiffres partiels, a-t-il dit.

 

Dans l’ensemble, les opérations ont eu lieu sans incident sécuritaire et dans le calme.

Des tensions ont toutefois perturbé le vote dans certains bureaux où des électeurs avaient été refoulés car leurs noms ne figuraient pas sur les listes électorales ou car ils ne disposaient pas de cartes d’identité.

«C’est l’élection de la prise de conscience. Pour la première fois, on fait un vrai choix pour tourner le dos à la guerre», avait affirmé un électeur, Paterne, qui votait à Bangui.

 

- Faible mobilisation -

 

Dans ce pays de 4,8 millions d’habitants, chrétiens comme musulmans s’étaient massivement inscrits sur les listes électorales.

 

Mais dans la capitale comme en province, l’affluence a été beaucoup moins importante qu’au premier tour (79%), selon plusieurs observateurs, soulignant qu’elle devrait toutefois dépasser les 50%.

 

Principale explication avancée: les électeurs dont le candidat a été éliminé au premier tour ne se sont pas déplacés pour apporter leur voix à l’un des deux finalistes.

 

Alors qu’aucun chiffre officiel n’a été avancé, l’entourage de Faustin Archange Touadéra s’est dit «satisfait et confiant».

 

Selon son directeur de communication, Charles Lemasset, M. Touadéra arrive «largement en tête» dans la plupart des arrondissements de Bangui et dans plusieurs préfectures de province.

 

Son rival, Anicet Georges Dologuélé, n’était pas joignable lundi matin. Il était arrivé en tête du premier tour (23,78%), bénéficiant en partie du ralliement en sa faveur du parti KNK de M. Bozizé.

 

Le score de M. Touadéra (19,42%) avait été la grande surprise du 30 décembre. Dernier Premier ministre de M. Bozizé, il avait attiré une partie de la base électorale du KNK, malgré les directives du parti.

 

Concernant la crainte d’éventuelles violences à l’annonce des résultats - surtout en cas de scores serrés - M. Ngouadé Baba s’est montré optimiste, affirmant que les candidats s’étaient engagés à «accepter les résultats qui sortiront des urnes».

 

AFP

 

 

En Centrafrique, les élections malgré tout

 

Par Patricia Huon, (à Bangui) Libération — 14 février 2016 à 20:12

 

«Le matériel électoral est arrivé à temps, les bureaux de vote ont ouvert à l’heure. De gros progrès ont été faits», dit Souleymane Ndéné Ndiaye, chef de la mission d’observation de l’Union africaine. C’est le principal enjeu du second tour de l’élection présidentielle qui se tenait dimanche en Centrafrique : éviter le chaos organisationnel du premier tour.

 

«Irrégularités». Fin décembre, celui-ci avait été terni par des problèmes logistiques. Des bulletins de vote en nombre insuffisant, des noms absents des listes électorales, des procès-verbaux invalides… La Cour constitutionnelle a dû fermer les yeux sur des cafouillages et adapter les standards démocratiques à la situation. Elle s’en est tirée par une pirouette paradoxale : les résultats de l’élection présidentielle ont été validés, tandis que ceux des législatives, qui s’étaient tenues en même temps, dans les mêmes bureaux de vote, ont été annulés en raison «de nombreuses irrégularités».

 

Les deux scrutins sont à nouveau conjoints. Les élections, prévues le 31 janvier, ont été reportées afin d’éviter la précipitation du premier tour. La mobilisation est nettement moindre qu’en décembre, mais l’espoir que cette élection permettra de tourner la page après trois années de violences intercommunautaires est intact.

 

Deux candidats sont en lice. Faustin Archange Touadéra et Anicet-Georges Dologuélé, anciens premiers ministres, tous deux âgés de 58 ans. Anicet Dologuélé, qui a dirigé le gouvernement d’Ange-Félix Patassé de 1999 à 2001, est arrivé en tête du premier tour (23,78 %). Ce technocrate, banquier de formation, met en avant son expérience pour rassurer les milieux des affaires. Faustin Touadéra (19,42 %), professeur de mathématiques, se présente comme le «candidat du peuple».

 

Alliances fragiles.Leurs programmes comportent peu de différences. Chacun s’engage à restaurer la sécurité, à relancer l’économie et à réconcilier les communautés. Des alliances se sont nouées avec des candidats qui n’ont pas franchi le premier tour de la présidentielle. Désiré Kolingba, troisième (12,04 %), s’est rallié à Anicet Dologuélé, tandis que Martin Ziguélé, quatrième (11,43 %), a appelé à voter pour Faustin Touadéra. «Des promesses ont dû être faites en échange de ces soutiens. Mais certaines de ces alliances n’ont pas de sens politiquement et sont donc fragiles», confie un observateur. Le scénario idéal serait une large victoire de l’un des deux candidats afin d’éviter toute contestation.

 

Patricia Huon (à Bangui)

Présidentielle en Centrafrique: le pays dans l’attente des premiers résultats

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com