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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 12:19

 

 

12/02/16 (AFP)

 

Les deux hommes qui briguent le fauteuil présidentiel en Centrafrique ont plus d'un point en commun. Âgés tous les deux de 58 ans, Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra cumulent une expérience de Premier ministre et une réputation de travailleurs plutôt discrets.

 

Arrivé en tête au premier tour du 30 décembre avec 23,78% des voix, M. Dologuélé est sans conteste le plus connu des deux en Centrafrique comme à l'étranger.

 

Ses détracteurs lui reprochent d'avoir passé ces dernières années plus de temps à Paris, où il a monté un cabinet de consultant, qu'à Bangui. Comme pour les faire taire, durant la campagne, le candidat a arpenté l'arrière-pays à grand renfort de communication et ses affiches étaient placardées partout dans la capitale.

 

Mais cet économiste de formation doit avant tout sa bonne réputation à l'image de "M. Propre" qu'il s'est forgée par sa gestion rigoureuse des affaires lorsqu'il était Premier ministre d'Ange-Félix Patassé, entre 1999 et 2001.

 

Il a, pendant sa primature, engagé de nombreux travaux de réfection des édifices publics - notamment scolaires - sur fonds propres de l’État. Il peut aussi compter sur sa silhouette rassurante aux larges épaules, son visage doux barré de ses éternelles lunettes carrées, une voix calme qui s'emporte rarement.

 

M. Dologuélé quitte le gouvernement en 2001 pour devenir président directeur général de la Banque de développement des États de l'Afrique centrale (BDEAC), où il restera jusqu'en 2010. De retour au pays après une longue absence, il fonde en 2013 l'Union pour le renouveau centrafricain (URCA). C'est la première fois qu'il est candidat à des élections.

 

Il fait de l'économie son cheval de bataille. Ses priorités: rétablir la "sécurité" et la "justice" en Centrafrique, afin d'"attirer le secteur privé" et créer des emplois, dit-il, soulignant que les crises qui secouent la Centrafrique depuis l'indépendance en 1960 viennent avant tout de l'"extrême pauvreté" de ses habitants.

 

Lors du premier tour, il a bénéficié d'un soutien officiel de poids, celui du parti de l'ex-président François Bozizé - renversé en 2013 et interdit de scrutin par des sanctions internationales-, le Kwa Na Kna (KNK), dont les fiefs de Bangui et de l'ouest comptent parmi les plus peuplés.

 

- 'candidat du peuple' -

 

Plus discret encore, Faustin Archange Touadéra est arrivé deuxième (19,42%) comme candidat indépendant et à la surprise générale.

 

Le dernier Premier ministre de Bozizé (2008-2013), qui détient le record de longévité sous l'ex-président, n'a toutefois bénéficié d'aucun soutien officiel de la part du KNK.

 

Mais les très bons scores enregistrés dans les fiefs bozizistes de l'ouest, montrant qu'il a bénéficié d'une frange importante de son électorat traditionnel malgré les directives du parti, lui ont valu le surnom de "candidat du peuple".

 

D'où lui vient cette popularité? Les fonctionnaires lui doivent d'abord la bancarisation de leurs salaires après plusieurs décennies d'atermoiements les conduisant à s'endetter lourdement, à cause de retards répétés dans les versements, de primes impayées.... "Il restera comme celui qui a payé les fonctionnaires, et il est très apprécié pour cela", souligne une source diplomatique à Bangui.

 

Sur le plan politique, M. Touadéra a conduit le dialogue réunissant à Bangui fin 2008 le pouvoir, l'opposition, la société civile et les mouvements rebelles, à l'issue duquel ont été signés plusieurs accords de paix avec les rébellions.

 

D'un naturel effacé et modeste, il a la réputation d'être un "bosseur". D'ailleurs, durant sa primature, il n'a pas cessé d'enseigner à l'université de Bangui.

 

Professeur en mathématiques pures, diplômé de l'université de Lille 1 (France) et de Yaoundé où il a obtenu un doctorat d’État, l'universitaire a été longtemps enseignant à l’École normale supérieure (ENS) de Bangui, avant de devenir recteur de l'université de Bangui en 2005.

 

Un de ses proches affirme qu'"il n'a pas couru vers la politique. C'est plutôt la politique qui est venue vers lui pour exploiter ses qualités".

 

Chacun des deux adversaires compte des appuis politiques de poids. Dologuélé a obtenu le ralliement de Désiré Nzanga Kolingba, troisième du premier tour avec 12,04 % de suffrages. Quant à Touadéra, il compte le plus grand nombre de soutiens: outre le quatrième, Martin Ziguélé (11,43 %), 21 candidats sur les 30 en lice en décembre se sont prononcés en sa faveur.

 

Présidentielle en Centrafrique: duel d'hommes discrets entre le banquier et l'universitaire

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