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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 11:34
Lu pour vous : Congo B : Retour du général Mokoko à Brazzaville

 

 

 

http://www.opinion-internationale.com/  mercredi 10 février 2016 - 11H35

 

La personnalité sans doute la plus attendue au Congo en ce début d’année a atterri hier mardi à l’aéroport Maya Maya de Brazzaville. C’est Jean-Marie Michel Mokoko, candidat à l’élection présidentielle et fraîchement démissionnaire de son poste de conseiller du Président chargé des questions de paix et de sécurité.

 

Le général Jean-Marie Michel Mokoko, ancien pensionnaire de l’École militaire de Saint-Cyr, également diplômé de l’École d’état-major de Compiègne, jouit d’une popularité certaine au Congo, et son retour suscite une forte effervescence au sein de la population et parmi ses soutiens dans l’armée nationale.

 

C’est au titre de chef d’état-major des armées du Congo, poste qu’il occupait depuis 1987, que le général a largement œuvré au retrait du pouvoir de Denis Sassou Nguesso en 1991 pour permettre la tenue de la Conférence nationale et contribuer ainsi à la fin du monopartisme.

 

En poste à Bangui depuis 2013 à la tête de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca), le général Mokoko n’aura pas résisté aux appels de sa base à s’engager pour sortir le Congo de la crise. Et c’est afin de participer à l’élection présidentielle du 20 mars prochain, qu’il a repris sa liberté le 3 février, en démissionnant de son poste de conseiller auprès du chef de l’État.

 

C’est un dispositif de sécurité impressionnant qui a été mis en place par les autorités pour accueillir le général Mokoko, et les forces de l’ordre n’ont pas hésité à user de gaz lacrymogènes et de matraques pour disperser l’immense foule rassemblée à cette occasion.

 

Dans une interview donnée le soir à France24, le général Jean-Marie Michel Mokoko a dénoncé la « réception sauvage » orchestrée par les forces de police de Brazzaville pour le pousser à retirer sa candidature. Il a réaffirmé sa détermination : « S’ils décident de me tuer, ils n’ont qu’à le faire ! »

 

 Qui donne le ton de la campagne électorale ?

 

Au mois de juillet dernier, alors qu’il était en poste à Bangui, le général Mokoko s’était exprimé publiquement contre le projet de réforme constitutionnelle voulu par le président Denis Sassou Nguesso. Pour faire taire ses détracteurs qui le soupçonnent depuis longtemps d’accointances avec le pouvoir, le général avait averti : « Si la transparence du scrutin n’est pas garantie, il faudra réagir ». Il avait aussi prévenu qu’un « soulèvement populaire et pacifique [n’était] pas à exclure » et que dans ce cas, sa place serait « du côté du peuple ».

 

Le projet pour le Congo de celui qui souhaite « porter la voix du peuple » sonne comme la fin de la récréation : le général Mokoko a pour objectif de « changer les mentalités, moraliser l’appareil d’État, éliminer la corruption et regagner la confiance de la communauté internationale ».

 

Sa présence pourrait donc créer de vives tensions dans la capitale congolaise. Une source locale, qui préfère rester anonyme, nous rapportait hier dans la soirée que dores et déjà des éléments de la police traquaient et agressaient les proches et partisans du général.

 

Jean-Claude Miangouayila

 

 

PRESIDENTIELLE AU CONGO BRAZZAVILLE : La guerre des généraux aura-t-elle lieu ?

 

http://lepays.bf/  JEUDI 11 FÉVRIER 2016  

 

« Vrai opposant ou opposant motard ? » Ainsi nous interrogions-nous dans notre édition du 9 février dernier, lorsqu’à la surprise générale, l’ancien chef d’état-major de l’armée congolaise, le général Jean-Marie Michel Mokoko, annonçait sa candidature à la présidentielle du 20 mars prochain. Quelques jours seulement après cette annonce fracassante, la raison est en train de prendre le pas sur le scepticisme, tant les faits parlent d’eux-mêmes. En effet, de retour de la RCA où il était à la tête de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), le Général Mokoko s’est vu réservé un accueil indigne d’un  officier supérieur dont le seul péché est d’avoir manifesté son intention de briguer la magistrature suprême de son pays. Tenez ! Même escorté par des éléments de la MISCA et sa garde nationale congolaise du fait des honneurs dus à son rang, le général Mokoko a vu son cortège attaqué à coups de pierres et certains de ses partisans molestés par les sbires – pardon- les hommes liges de Denis Sassou Nguesso. A ce qu’on dit, l’objectif de tout ce ramdam, était de provoquer des troubles au cours desquels pourraient s’ensuivre des morts qui seraient mis sous la responsabilité du Général Mokoko désormais présenté comme un renégat pour ne pas dire un ingrat. C’est la preuve donc, si besoin en est encore, que la candidature du Général donne des sueurs froides au maître de Brazzaville qui, après son référendum constitutionnel controversé, ne voyait aucun obstacle à sa réélection ; l’opposition politique ayant montré ses limites, du fait de son incapacité à parler d’une même voie. Car, venant de l’intérieur, le Général Mokoko connaît les forces et les faiblesses de son ancien mentor et de ce fait, il peut lui tenir la dragée haute à la prochaine présidentielle. Dès lors, on comprend pourquoi Sassou a le sommeil trouble. Il redoute le scénario burkinabè où Blaise Compaoré, lâché par certains de ses anciens compagnons, a fini par être chassé du pouvoir et ce, après plus d’un quart de siècle de règne sans partage. Et l’accueil que Sassou a réservé à son ancien chef d’état-major n’est rien moins qu’une réponse à la volonté de ce dernier de l’affronter dans les urnes ; comme si, en tant que Congolais, le général Mokoko n’a pas le droit d’aspirer aux plus hautes fonctions de son pays.

 

Le Général Mokoko sait à quoi s’en tenir

 

En tout cas, le général Mokoko est prévenu. Sassou ne lui fera pas de quartiers. Il tentera, par tous les moyens, de le décourager. Car, si pour avoir annoncé sa candidature, cela lui a valu l’accueil que l’on sait, qu’en sera-t-il quand viendra l’heure de la campagne où le Général Mokoko sera appelé à sillonner le territoire congolais ? Et à l’allure où vont les choses, il n’est pas exclu que dans les jours à venir, Sassou et ses fidèles lieutenants montent une cabale contre « l’officier félon » qu’ils ne veulent plus voir même en peinture. Et comme sous nos tropiques, il existe des juges acquis pour connaître de ce genre de combines, on ne sera pas non plus surpris d’entendre demain que le Général Mokoko est poursuivi pour« trahison et atteinte à la sureté de l’Etat », juste pour ne pas dire pour «ingratitude notoire et aggravée envers Sassou». Le Général Mokoko sait donc à quoi s’en tenir. Il  ne doit pas prêter le flanc. Du reste, on imagine bien qu’en prenant son courage à deux mains pour s’opposer à un dictateur avec qui il a collaboré, le Général Mokoko donne la preuve qu’il n’a rien à se reprocher. Car les dictateurs  sont ainsi faits que quand ils ont un dossier sale contre vous, ils vous tiendront toujours par la barbichette, convaincus que vous n’oserez jamais leur tenir tête. On attend maintenant de voir ce que Sassou sortira bientôt de ses officines ; lui qui, en tant que général, et à en juger par l’accueil très peu amical réservé à Mokoko, donne l’impression de ne pas vouloir affronter dans les urnes un  autre général.

 

Boundi OUOBA

 

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