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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 12:59

 

 

http://www.diaspora-magazine.com/  Jeudi 18 Février 2016 à 17:00

 

Dominique Yandoka, membre de la jeunesse de l’Alliance des Forces Démocratiques de la Transition (AFDT) a été arrêté et détenu à la prison du port amont pendant trois jours suite à la marche organisée par cette jeunesse pour demander l’annulation des élections. Trois jours plus tard, il sera libéré. C’est alors qu’il nous a accordé une interview le 4 février à l’hôtel Ledger Plaza.

 

Dominique Yandoka, bonjour ! Parlez-nous un peu de la marche que vous avez organisée récemment suite à laquelle vous avez été arrêté ? 


Notre marche avait pour but d’aller déposer un mémorandum auprès des institutions telles que la Minusca, l’Union Européenne, l’Union Africaine et la Présidence de la République ainsi que d’autres organismes de la place. C’était une marche pacifique dans le sens où malgré tout ce qui s’est passé en Centrafrique, la justice de notre pays n’a pas tiré leçon. Elle avait pris une décision politique de sélectionner des candidats suite à une élection et de nous imposer un choix de la communauté internationale. C’est pour cette raison que nous les jeunes avons décidé de faire cette marche demandant l’annulation des élections parce qu’il y va de notre avenir. 


Est-ce que cette marche avait son sens d’être du moment où la décision de la Cour constitutionnelle n’est susceptible d’aucun recours ?

 
En temps normal, à partir du moment où la Cour constitutionnelle se prononce sur un cas, sa décision n’est susceptible d’aucun recours. Sauf qu’aux yeux du monde entier, cette Cour a dit plus la politique que le droit. Donc nous en tant que citoyens, jeunes, avons décidé d’aller à l’encontre de cette décision politique de la Cour constitutionnelle.  Pour moi, pour vous et pour le monde entier qui nous écoutent, cette marche a un sens parce que le droit de manifester est un droit constitutionnel. Personne ne pourrait nous l’interdire. 


Est-ce que vous l’aviez fait dans les règles de l’art, c'est-à-dire en respectant les procédures ? 

Nous avons respecté la procédure, c'est-à-dire que dans un premier temps, nous nous sommes adressés au ministre de la Sécurité publique pour déposer une demande officielle tout en donnant de temps aux autorités de nous encadrer pour ne pas qu’il y ait débordement. Nous avons effectué deux demandes. Suite à cela, nous avons constaté dans un premier temps que le délai pour organiser la marcher était trop court pour réécrire au ministre. Nous lui avons adressé une lettre d’information modifiant la date et l’itinéraire. Le ministre a promis de nous répondre, c'est-à-dire de nous donner son accord ou non.  Il a promis de nous notifier sauf que jusqu’au jour de la marche on a reçu aucune notification. Pour éviter qu’il y ait de débordement, nous avons envoyé une correspondance avec accusé de réception auprès des forces Sangaris ainsi que ceux de la Minusca leur demandant de venir prêter main forte aux autorités locales pour nous aider à faire cette marche. Donc la Sangaris nous a donné son accord de principe.  Le soir, à la veille même de cette marche, les éléments de la Sangaris m’ont appelé pour dire qu’ils sont en réunion de concertation avec les autorités pour nous encadrer demain. 


Comme le ministre de la Sécurité ne nous a pas encore donné son accord, nous avons décidé d’aller symboliquement marcher quittant notre point de rencontre initiale pour allez déposer le mémorandum auprès de la Minusca. C’est ce qui avait été fait. J’ai été reçu avec mes collègues par un cadre de la Minusca. 

En attendant la réponse, nous avons délégué quatre personnes y compris moi dans un véhicule pour aller déposer auprès de l’UA, de l’UE et auprès de la Présidence de la République sans la foule. En route, j’ai croisé monsieur Zouma au niveau de l’église Sion où nous nous sommes fait arrêter par la police qui nous a emmenés au commissariat du port.

 
Quelles ont été les conditions de votre détention ?

 
J’ai été molesté,  manu militari, menotté, jeté en cellule où j’ai passé trois jours jusqu’à lundi qu’on nous a transcrit devant le procureur. 

 

Dans les deux, trois premières heures, c’était très difficile parce qu’ils étaient très agressifs envers nous. Il y avait des gens qui nous proféraient des menaces, qui sortaient leurs armes, qui sortaient même des couteaux pour dire qu’ils allaient nous tuer jusqu’à ce qu’il y ait eu l’intervention d’un haut gradé de la police qui est venu quatre heures après me dire de sortir  pour être transféré dans une autre geôle. Moi, personnellement, ils m’ont menotté. Comme vous pouvez le constater sur mes bras, il y a des traces de menottes.

   
Quelle a été la décision de la justice pour que vous soyez libre aujourd’hui ?

 
Je tiens sincèrement, même si la Cour constitutionnelle n’avait pas dit le droit, il existe encore des hommes de valeur dans ce pays. Il existe encore des juges d’une certaine lucidité. Je rends aussi hommage au procureur et doyen des juges qui avait pu suivre ce qu’on appelle le droit parce qu’à leur sens,  le dossier était vide. Il peut y avoir débordement mais comme nous n’avons cassé aucune aiguille, nous n’avons pas empêché la circulation des gens, donc pour eux le dossier était vide. C’est en ce moment là qu’ils ont décidé de nous mettre en liberté.

 
Votre dernier mot. 


C’est surtout pour vous dire que nous sommes tous centrafricains. Ce qui s’est passé dans le pays est le résultat des élections bâclées. Les autorités de la transition avaient pour mission de conduire à bien le pays pour qu’il n’y ait plus de trouble. A partir du moment où les élections ne se sont pas bien déroulées, le peuple centrafricain comptait beaucoup sur la Cour constitutionnelle mais celle-ci n’a pas fait son travail. Ce que nous voulons c’est que la paix revienne. Que les autorités sachent que ce pays appartient à tous les centrafricains. Chacun a le droit de manifester s’il a envie.

                 
 

Herve Serefio

 

NDLR : Ces choses d'un autre âge doivent cesser dans notre pays. Que des jeunes aux mains nues qui manifestent leur mécontentement soient interpellés et traités de cette façon est totalement inadmissible alors que de grands bandits et criminels qui doivent être arrêtés depuis des lustres, circulent librement et parviennent même, comble du scandale, à devenir députés. Où va-t-on ?  

Lu pour vous : Centrafrique : Dominique Yandoka explique les conditions de sa détention

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