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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 12:07
Lu pour vous : Anicet Mulongo, un « invisible » en Afrique

 

 

http://www.la-croix.com/  Pierre Cochez, le 17/02/2016 à 11h13

 

Ce Congolais de Kinshasa, travailleur humanitaire, est l’un des nombreux expatriés africains qui travaillent dans les ONG internationales sur le continent. Il trouve dans les ONG la rigueur qui manque aux employeurs de son pays.

 

Il a le pas élastique et silencieux quand il arpente « sa » base. Son talkie-walkie est toujours allumé, accroché à la ceinture de son bermuda kaki. Anicet Mulongo est le coordinateur logistique et sécurité de la base de Solidarités International à Kabo, dans le nord de la Centrafrique, pas très loin de la frontière tchadienne.

 

La ville est tenue par les Séléka, c’est-à-dire une poignée de partisans musulmans armés qui s’occupent en rançonnant le passant ou le commerçant. Pas d’élus, de fonctionnaires, de religieux ni de policiers pour arrêter ce banditisme. Ils ont tous fui vers la capitale, Bangui, aux premiers coups de feu, il y a deux ou trois ans.

 

Anicet Mulongo est la preuve de la montée en puissance des Africains dans le management des ONG internationales sur le continent. Il est l’un des six expatriés de Solidarités International à Kabo. Trois sont originaires de la République démocratique du Congo (RDC), dont lui.

 

Les soldats congolais ne sont pas toujours bien vus

 

Un est venu du Burkina Faso. Deux sont français. « Ici, la population locale nous appelle le “staff invisible”, explique-t-il. Cela pour dire que l’on peut nous confondre avec les gens d’ici, à la différence des Européens. C’est un avantage dans certains cas, un

inconvénient dans d’autres. »

 

Être un expatrié africain est plus facile pour apprendre le dialecte local, le sango. Venir de RDC permet aussi de relativiser les troubles en Centrafrique. « Ici, c’est calme », résume-t-il. Mais la nationalité congolaise en Centrafrique n’est pas forcément un avantage en ce moment. Les soldats congolais de la force onusienne ne sont pas toujours bien vus de la population.

 

Côté Solidarités International, Anicet explique : « Nous sommes payés pareil que les expatriés français et nos contrats de travail sont de droit français. » Tous les trois mois, il peut prendre un « break » de quelques jours. Il en profite pour rallier Goma où habitent sa femme et trois de ses quatre enfants.

 

Dans l’action humanitaire depuis 1997

 

« En avril, je vais les faire retourner à Kinshasa où je possède une petite maison », prévoit-il. C’est là qu’il est né il y a quarante-trois ans. Il y a fait ses études d’ingénieur mécanique, avant de s’engager en 1997 dans l’action humanitaire.

 

« Au Congo, nous avons accès à l’école et à un bon enseignement. Mais, ensuite, tout est désorganisé et il vaut mieux aller servir à l’étranger ou dans des ONG », précise-t-il. Anicet Mulongo a d’abord été responsable du parc de voitures du Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU (HCR) au Rwanda, puis il est retourné en RDC, à Goma, pour Oxfam, avant de travailler pour une ONG américaine dont la douzaine de petits avions sert de base logistique dans la région.

 

Il décroche alors une bourse de la coopération française pour suivre la formation d’un an à Bioforce, l’école de référence des humanitaires, basée à Lyon. Ensuite, il multiplie les missions de logistique et de sécurité dans plusieurs ONG dont Solidarités International. Il est à Kabo depuis juillet. C’est-à-dire à la merci d’un générateur pour sa connexion Internet qui le relie à sa carrière.

 

Il estime que son métier est passionnant

 

« Je suis en contact avec mes anciens collègues par les réseaux sociaux, via Skype ou Facebook. Pour trouver un emploi, je visite les sites. Je passe d’abord un test où il faut répondre à une quarantaine de questions. S’il est positif, je passe un entretien par téléphone ou par Skype. Après, il y a un entretien plus technique avec des responsables de la logistique et de la sécurité », égrène-t-il.

 

Sur son métier, il estime « qu’il est intéressant, je dirais même passionnant » dit-il avec un certain flegme, emprunté peut-être à son grand-père qui avait la nationalité norvégienne. C’est là-haut, à Oslo, que sa fille aînée a décidé de commencer à suivre des cours de pilotage aérien.

 

Anicet Mulongo a beaucoup travaillé dans des pôles d’urgence. Il s’est fait une spécialité de « l’ouverture de bases ». Ici, à Kabo, il est le second de Julien, le coordinateur terrain. Quand celui-ci s’absente, la marche de cette entreprise de 70 personnes est sous sa responsabilité. « Je suis motivé par des actions qui sont palpables. Quand je suis loin du terrain, cela ne me parle pas. Ce que j’aime, c’est apporter mon caillou à l’édifice. »

 

Pierre Cochez

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