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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 10:20
Elections en RCA : la honte de la République  par William Béni NDIOH

 

 

 

Huit jours après la proclamation des résultats des élections du 30 décembre 2015 par la Cour constitutionnelle de transition, le climat général empesté d’odeur de suspicion règne dans le pays. A Bangui, la rue grouille de causeries dont le sujet porte naturellement sur l’actualité : les élections. Si la présidentielle ne constitue guère une préoccupation pour les uns, les législatives dont les résultats du premier tour sont purement et simplement annulés par la Cour du Sir Zacharie Ndouba et ses acolytes restent une pilule difficile à avaler par les candidats qui avaient vendu propriétés, siphonné leurs économies et bradé autres biens précieux avant la campagne pour le premier tour du scrutin. Beaucoup n’ont plus le minimum pour offrir ne fût-ce qu’un repas à leur progéniture. Ce sont ceux-là à qui on demande de repartir à zéro pour une course dont les gagnants sont connus d’avance.

 

La décision prise par la Cour constitutionnelle ouvre véritablement la voie à tout sauf la paix. L’histoire de la RCA aura retenu en gras cette date du 25 janvier 2015 cet acte honteux et irresponsable posé par nos concitoyens qui ont choisi la voie de la facilité et l’obéissance éhontée à la fraude et la tricherie aux yeux du monde prouvant ainsi notre faiblesse congénitale et notre incapacité à dire non à cette fameuse communauté internationale qui joue au vampirisme. Se nourrir de notre sang en créant des conflits permanents pour justifier sa présence en terre centrafricaine. Le chuchotement du public en dit tout.

 

La Cour n’a pas dit le droit. Elle a préféré jeté la patate chaude qu’elle avait sous la main afin de respirer oubliant qu’elle a fait le même geste en glissant une peau de banane sous les pieds de l’ANE, de dame Samba-Panza et ses amis de la Communauté internationale. La Cour ayant compris que ce groupe avait beaucoup plus le regard rivé sur la présidentielle, il fallait laisser couler les choses en obéissant docilement mais en même temps annuler les législatives ce qui par ricochet, prouve que tout est à reprendre à zéro. Le forcing opéré par la communauté internationale qui demande aux « candidats malheureux » de se taire et d’accepter le verdict de Zacharie Ndouba ne va pas s’arrêter en si beau chemin. Il doit aller jusqu’au bout de sa logique : la validation des scrutins en dépit des fraudes et irrégularités connues de tous.

 

A terme il faut envisager deux choses :

 

1. Un faible taux de participation aux prochains scrutins qui, certainement, risque de décrédibiliser les élections et ouvrir de nouvelles tensions dont on a plus besoin.

 

2. Un retour à la case de départ, c’est-à-dire, l’annulation de l’ensemble des élections, la reconstitution de l’ANE avec la nomination d’hommes et de femmes dotés d’une intelligence certaine et d’une morale sans faille capables de redresser la situation et en même temps changer l’image négative qui est collée à la peau de la république.

 

Rien n’est sûr que le point 2 puisse être accepté du moment où les bailleurs ne vont plus s’engager à jeter l’argent par la fenêtre comme ils l’ont fait en 2015. Donc il faudra accepter même si tout est bancale mais la gestion du pouvoir par les usurpateurs ne sera pas facile car ils auront en face d’eux des catégories attachées à la vérité qui joueront à la veuve sous la fenêtre du juge en train de demander que justice lui soit rendue. Sombres perspectives pour une communauté internationale incapable d’appliquer les résolutions onusiennes en éradiquant les groupes armés mais qui se complait à cautionner la fraude, le pillage des ressources et la gabegie.

 

William Béni NDIOH

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