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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 12:11

 

 

 

Ce qui se passe sous nos yeux en Centrafrique ne cesse de tarauder mon esprit et soulève en moi beaucoup de réflexions sur notre destin commun, notre avenir et la place que nous devons occuper dans le concert des nations. En vérité, il me semble que nous sommes encore loin de la lumière et de la vérité, celle qui affranchit et non celle qui divise. Je sais aussi que le Centrafricain n’aime pas la vérité et n’aime pas non plus sortir du lot pour apprécier les choses en s’appuyant sur la raison pour se remettre en cause et aller véritablement à la recherche de ce qui peut l’aider à trouver une issue honorable dans ce labyrinthe où nous sommes plongés.

 

Notre refus permanent d’aller vers la vérité nous met toujours dans une situation d’impasse où notre intelligence n’arrive plus à se manifester pour accoucher de nouvelles manières de penser et des actions porteuses d’espoir et de changement. Le rejet de l’esprit critique, le refus d’écouter l’autre, les réactions épidermiques face à une situation sans prendre du recul, l’acceptation des discours de l’autre sans discernement, la croyance aux rumeurs sans vérifier leurs fondements, constituent aujourd’hui des maux qui maintiennent le Centrafricain dans la caverne. Il faut du temps pour en sortir tant il n’y a pas d’hommes capables de nous apporter la lumière et la raison en un mot la vérité qui libère.

 

Pascal dans ses « pensées » affirme qu’ « il deux principes qui partagent la volonté des hommes, la cupidité et la charité ». La cupidité selon lui nous amène à nous attacher aux biens de la terre et notre volonté en dépend. Tandis que la charité nous rapproche de la Vérité, en un mot de Dieu, pour celui qui croit. Notre cupidité nous aveugle et nous empêche de prendre des décisions justes. Nous obéissons plutôt à nos cœurs, à nos sentiments erronés du moment ; ce qui nous éloigne de la « clarté » pour reprendre les termes de Pascal.

 

Une occasion en or a été offerte à la Cour constitutionnelle de dire la vérité, le droit qui allait libérer le peuple de son ignorance et de sa torpeur. La voie allait être ouverte à de nouvelles valeurs qui rapprochent les hommes de l’humilité, de la reconnaissance des qualités de l’autre et de son acceptation sources de l’intercompréhension. Or, notre nature humaine nous tire toujours vers le bas et nous empêche d’accéder à la clarté, c’est-à-dire à la lumière.  

 

Pourquoi je dis ceci ? Rappelons-nous que tout le monde avait décrié le fait qu’il y ait trop de candidats (30) à la présidentielle. Certains vont même demander à ce qu’on augmente le montant de la caution à 20 millions pour réduire leur effectif. D’autres élevaient la voix pour demander leur regroupement sur des bases idéologiques pour avoir au plus cinq candidats. Mais ces voix n’ont pas été entendues. L’occasion qui a été offerte à la Cour serait d’annuler les élections pour que les meilleurs et les capables puissent se représenter. J’en suis sûr, si cela a été le cas, on aurait réduit l’effectif des candidats, puisse que les aventuriers allaient désister et laisser la place aux vrais citoyens dotés de projets de société. Il est certain que pour les législatives peu repartiront à la course. Ils n’ont plus rien ; même pour s’acheter de quoi à manger.

 

Voilà la chance que la nature a offerte gracieusement à la Cour mais elle n’a pas su en profiter parce que aveuglée par son manque de discernement. Le travail psychologique organisé consiste à répéter à longueur de journée que le peuple à trop souffert et qu’il faut accepter le verdict de la Cour et non celui des urnes. On oublie cependant que cela pourrait produire d’autres effets. Il fallait aussi faire vite pour obéir à son maître qui, férule à la main, intimait l’ordre de donner les résultats tronqués mais qui répondent bien à la vision qu’il veut imposer à la république dite indépendante. Cela n’étonne personne. Ne dit-on pas que la main qui donne est celle-là qui commande ?

 

Pauvre Centrafrique !

 

William Béni NDIOH

De l’ignorance et l’aveuglement de la Cour constitutionnelle  par William Béni NDIOH

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