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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 02:46

 

 


http://www.france24.com/  05/02/2016

 

L'organisation de Julian Assange publie une liste de documents censés démontrer comment des entreprises comme Areva pillent la Centrafrique. Des informations intéressantes, mais moins explosives qu'on pourrait le croire.

 

Revoilà UraMin, la grosse épine minière dans le pied du géant français de l’atome, Areva. Cette fois-ci, le site WikiLeaks accuse, documents à l’appui, le groupe de négligence à l’égard des employés d’UraMin en Centrafrique. Cette salve intervient le jour même de la publication par l’ONU d’un rapport qui conclut que le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, est "détenu arbitrairement" dans l’ambassade d'Équateur à Londres. Coïncidence ou opportun timing médiatique ?

 

Les nouvelles révélations du site spécialisé dans la mise en ligne de documents confidentiels ne concernent pas seulement Areva et UraMin. Plusieurs entreprises se retrouvent épinglées dans ce que Le Monde décrit comme des tentatives de profiter des faiblesses d’un État centrafricain "corrompu et déliquescent" pour piller ses nombreuses ressources naturelles.

 

Mais à quel point ces informations sont-elles réellement des révélations ?

 

Areva et UraMin. Areva a déjà été épinglé pour avoir acheté à prix d'or UraMin et ses mines d’uranium en 2007. Les documents publiés par WikiLeaks montrent que le groupe français a abandonné, en 2012, l’exploitation du gisement centrafricain de Bakouma sans s’intéresser le moins du monde au sort du personnel local.

 

Un rapport, non daté, du "Comité centrafricain de suivi du processus de retrait de la société Areva Ressources Centrafrique" soutient que le géant de l'atome n'a pas fait le nécessaire pour protéger les mineurs contre les radiations de l'uranium. Ils n’auraient reçu aucun équipement particulier pour manipuler cette roche pourtant dangereuse et Areva n’aurait mis en place aucun suivi de santé. En outre, l’entreprise serait partie en 2012 sans s’assurer que le personnel local rejoigne la capitale Bangui en sécurité, alors que le site de la mine avait été la cible d’un groupe armé six mois plus tôt.

 

"Il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un rapport gouvernemental qui doit donc être traité avec précaution, car ce comité n’est pas un acteur neutre", tient à souligner Yannick Weyns, auteur d’un rapport sur la situation centrafricaine pour l'institut International Peace Information Service (IPIS).

 

Areva conteste d’ailleurs certains aspects du rapport. Le groupe nucléaire a affirmé à France Inter qu'il a mis en place un suivi radiologique et que "les doses reçues par le personnel sont faibles et largement en-dessous des seuils réglementaires". Il nie aussi avoir laissé le personnel local seul face aux émissions radioactives. "Les employés du site avaient des tenues de travail adaptées et bénéficiaient de sensibilisations régulières aux enjeux de sécurité", a par ailleurs déclaré le groupe au Monde.

 

Du pétrole et des armes chinoises. WikiLeaks publie des documents qui démontreraient que "la plus grande entreprise militaire détenue par l'État Chinois (...) a tenté d'investir en République centrafricaine, probablement via des contrats d'armement occultes destinés à alimenter la guerre civile, malgré les sanctions internationales".

 

L’entreprise en question, PTI-IAS, est une filiale spécialisée dans le pétrole du géant chinois de l'armement civil Poly Corp. Elle a obtenu en 2007 un contrat d’exploration et d’exploitation d’un potentiel gisement pétrolier dans le nord-est de la Centrafrique. Pour WikiLeaks, PTI-IAS sert en fait de cheval de Troie afin que Poly Corp puisse vendre sous le tapis des tanks et des missiles qui alimentent les tensions dans le pays.

 

Si l'idée est séduisante, elle se heurte cependant à la réalité historique. "Il n'y avait pas de sanctions internationales sur les ventes d’armes à la Centrafrique avant 2013", rappelle Yannick Weyns. Poly Corp n’avait donc, en 2007, aucune raison d’imaginer des montages compliqués pour y vendre de l'armement.

 

Une jeune pousse sud-africaine très pressée. Deux documents démontrent la rapidité avec laquelle une petite structure sud-africaine, Dig Oil, obtient en 2011 le droit de chercher du pétrole dans le sud-ouest du pays et évoquent le versement à venir d’une "prime" aux autorités, un terme qui "désigne généralement un dessous-de-table", selon WikiLeaks.

 

La possibilité d’un acte de corruption n’étonnerait pas Yannick Weyns, qui note que le "soupçon de pots-de-vin existe toujours pour ce genre de contrat dans les pays en conflit". Mais il souligne la nécessité de connaître le contexte historique de cet accord pour bien en comprendre les enjeux. "À cette époque, les relations entre le président d’alors François Bozizé et le Tchad se détérioraient, et en cherchant de nouveaux alliés, il s’est tourné vers l'Afrique du Sud", raconte cet expert. L'attribution de la concession à Dig Oil pourrait tout aussi bien être un geste de bonne volonté du régime de Bozizé à l'égard de Pretoria.

 

Une très étrange organisation sportive. Une longue série de documents concerne l’Alliance mondiale des sports (AMS), une ONG de promotion du sport dans le monde reconnue par l’ONU. "C'est probablement le cas le plus intéressant des 'révélations' de WikiLeaks", assure Yannick Weyns.

 

L’AMS a obtenu toute une série de concessions, pour l’exploitation de mines de diamant ou encore pour le traitement de biofertilisants et la fourniture d'électricité, de la part des autorités centrafricaines.

 

WikiLeaks assure que cette structure est une immense supercherie dont le véritable but n'a rien de sportif. L'AMS chercherait uniquement à se faire de l'argent en exploitant les ressources naturelles de pays africains en détresse.

 

La garantie d'achat que les autorités centrafricaines ont accordé en 2012 à l'AMS apparaît ainsi très suspecte à Yannick Weyns. Le gouvernement s'engage à acheter de l'électricité à hauteur de 21,6 millions de dollars par an pendant 20 ans à cette ONG sportive. "C'est une somme vraiment très élevée pour ce genre de contrat", assure l'expert.

 

Organisme controversé, l’Alliance mondiale des sports a en outre signé des contrats similaires d’exploitation des ressources naturelles au Burundi et au Niger.

 

 05/02/2016

Centrafrique : Areva, les Chinois et une ONG sportive mis en cause par WikiLeaks (France24)

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