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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 13:29

 

 

 

Par Cyril Bensimon (Bangui, envoyé spécial) LE MONDE Le 04.01.2016 à 11h12 • Mis à jour le 04.01.2016 à 11h18

 

« Quel désordre ! », concède Cécile Bozanga, une responsable de l’Autorité nationale des élections (ANE). La polémique de l’instant porte sur l’arrivée à bord d’un taxi d’une urne en provenance de l’aéroport. Il n’est question que d’environ 200 bulletins de la diaspora centrafricaine au Maroc, qui n’auront sûrement aucun impact sur le score du premier tour de la présidentielle, mais l’événement atteste de la confusion qui entoure le processus de compilation et d’enregistrement des résultats. Alors à l’intérieur du Centre de traitement des données (CTD), là où sont réceptionnés, validés et enfin saisis sur ordinateur les résultats des élections présidentielle et législative qui se sont tenues le 30 décembre, on s’invective entre membres de l’ANE et représentants des candidats qui crient à la fraude, entre forces de l’ordre centrafricaines et Casques bleus sénégalais sur qui est en droit de pénétrer dans les salles de ce lieu hautement sensible.

 

La cour de ce bâtiment, protégé par des soldats des Nations Unies, permet de prendre la mesure du problème. Des urnes avec les résultats des deux scrutins sont entreposées pêle-mêle, les procès-verbaux de décompte des voix sont dispersés sur des bureaux sans grande considération pour le choix des Centrafricains qui ont montré quelques jours plus tôt leur enthousiasme pour cet exercice démocratique.

 

Le référendum constitutionnel du 13 décembre qui devait servir de test à ces élections cruciales pour l’avenir de la République centrafricaine (RCA) avait démontré les lacunes des agents électoraux. La moitié des procès-verbaux a été perdue, était invalide ou inutilisable. Cette fois encore, les dossiers revenant des bureaux de vote sont souvent incomplets, mal rédigés voire manquants. « La validation des résultats nous appartient. On n’annule rien et les contestations doivent être faites devant les juges de la cour constitutionnelle », explique Marie-Madeleine Nkouet, la présidente de l’ANE. Que décideront ces magistrats devant la masse d’irrégularités et d’arrangements constatés avec le code électoral? Dans quelle mesure leur décision pourrait influer sur les scores des 30 candidats à la présidentielle ou sur les législatives ? Ce sont quelques-unes des questions les plus aiguës du moment.

 

« C’EST LE BORDEL ABSOLU. LA PORTE À LA FRAUDE EST OUVERTE » UN OBSERVATEUR ÉTRANGER

 

« Tout n’a pas été parfait », reconnaît une représentante de la Mission des Nations Unies. « Il y a eu quelques problèmes mais ça va aller », veut espérer Julius Ngouadé-Baba, le rapporteur général de l’ANE. « C’est le bordel absolu. La porte à la fraude est ouverte », se lamente un observateur étranger exaspéré par « la France qui voulait ces élections à tout prix » et les équipes de la division électorale de l’ONU, les mêmes qui avaient assisté les processus électoraux à Haïti, en République démocratique du Congo et au Mali.

 

Ces trois scrutins n’avaient pas brillé par leur transparence. Des sources officielles françaises rétorquent que ces élections, même imparfaites, devaient être organisées pour sortir de trois années de transition chaotiques et ouvrir une porte de sortie aux soldats de « Sangaris », une opération militaire qui promettait d’être brève mais dure depuis deux ans.

 

Avant le vote, les principaux candidats reconnaissaient que ces élections seraient marquées par des imperfections. Les premiers résultats ont commencé à être annoncés mais trop parcellaires, ils ne permettent pas encore de distinguer l’ordre d’arrivée de la course à la magistrature suprême. Les premiers résultats partiels portant sur un quart des électeurs inscrits ont toutefois réservé une surprise en plaçant un outsider en tête de la course. Faustin Archange Touadéra, candidat indépendant, ancien premier ministre (2008-2013) de l’ex-président François Bozizé renversé en 2013. Avec 120 838 voix, il devance pour l’instant largement l’un des favoris Anicet Georges Dologuélé (68 547 voix) et Désiré Kolingba (39 952 voix), le fils d’un ancien président. Ces chiffres proviennent à la fois de Bangui (où 76 % des bureaux votes ont été comptés), de huit provinces sur 16 ainsi que de l’étranger (16 % des résultats traités), où de nombreux Centrafricains réfugiés et expatriés ont voté.

 

Tourner au plus vite la page

 

Largement distancé à Bangui, Martin Ziguélé affirmait, samedi, maintenir son objectif d’une victoire au premier tour. « Il y a eu des dysfonctionnements volontaires et involontaires mais ce n’est pas un problème. Jusqu’à preuve du contraire, nous faisons confiance aux institutions chargées de ces élections », disait-il. Anicet Dologuélé se disait « premier, second ou troisième dans tout le pays », « possible vainqueur au premier tour » et estimait qu’il était « encore trop tôt pour critiquer la transparence du scrutin ».

 

Reconnaissant d’ores et déjà que « (s) es résultats ne sont pas satisfaisants », Karim Meckassoua dit avoir déposé « beaucoup de requêtes après les nombreuses irrégularités que nous avons documentées. » Ira-t-il jusqu’à réclamer une annulation du scrutin présidentiel auprès de la cour constitutionnelle ? « Non, je suis républicain », assure-t-il. Les autres perdants adopteront-ils la même posture ? Diplomates et bailleurs internationaux à Bangui semblent désormais ne souhaiter qu’une chose : la large victoire d’un candidat qui permettrait de tourner au plus vite la page de ces élections.

 

Cyril Bensimon  Bangui, envoyé spécial

 

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/01/04/centrafrique-depouillement-du-scrutin-presidentiel-dans-le-desordre-et-la-confusion_4841277_3212.html#YKBFCyTaJmKYZWes.99

Lu pour vous : Centrafrique : dépouillement du scrutin présidentiel dans le désordre et la confusion

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