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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 10:46

 

 

En confirmant les résultats de la présidentielle du 30 décembre 2015, la Cour Constitutionnelle de Transition (CCT) a mis un terme à une longue et interminable attente de la population qui s’est présentée massivement aux urnes pour exprimer ses choix et mettre fin à trois ans de souffrance. Ces élections tout le monde le sait, même si elles se sont déroulées dans le calme selon les observateurs « ont été entachées de plusieurs irrégularités » jamais connues dans l’histoire de la RCA.

 

L’autorité nationale des Elections (ANE) a prouvé, dès le début du processus électoral son incapacité à gérer ces élections au regard des tergiversations des hauts responsables et leurs démissions en cascade, la désorganisation savamment orchestrée par une équipe mal formée, recrutée sur des critères peu objectifs ayant abouti aux résultats qui, sans nul doute, enlèveront toute crédibilité du scrutin et la légitimité des nouvelles autorités « élues ».

 

Malgré l’apport de la communauté internationale en termes de fonds engloutis pour sortir ce pauvre pays de l’ornière, il existe des femmes et d’hommes acquis à la cause de Satan qui ont su monter de toutes pièces des manœuvres et des stratégies pour retarder cette sortie qui devrait libérer le peuple de sa souffrance. Ils ont montré aux yeux du monde les vraies facettes de la malhonnêteté, de l’hypocrisie et du mépris des règles élémentaires de la vie en société qui caractérisent l’homme centrafricain (ce n’est pas tout le monde dirait-on). Ce sont autant des maux qui ont depuis toujours tiré la RCA vers le bas qui se renouvellent et s’endurcissent. Où allons-nous ?

 

En observant les comportements des candidats qui se sont engagés pour ce scrutin dont certains savaient qu’ils allaient échouer lamentablement, on se pose la question de savoir ce que ces derniers cherchent précisément. Pour l’homme de la rue, c’est qu’à l’issue de ces élections ceux-ci iront en quête de postes ministériels ou de positions enviables au sein de l’administration centrale. Ceci peut être vrai lorsque cinq jours après le scrutin (le 04 janvier) une vingtaine de candidats s’était levée comme un seul homme pour dénoncer « une mascarade électorale» condamnant les fraudes massives et des irrégularités et demande l’annulation pur et simple des élections. Quelques jours après, plus exactement trois jours, soumis à quelles pressions, ces mêmes candidats se rétractent et acceptent la poursuite des décomptages des voix. Quarante-huit (48) heures plus tard après la proclamation provisoire des résultats par l’ANE, ils opèrent un virement à 90° une fois de plus pour adouber et soutenir un candidat au second tour du scrutin. Que cherchent-ils finalement ? On est véritablement en face d’hommes et de femmes qui ne savent plus ce qu’ils sont et font ni où est-ce qu’ils vont, sous la pression des vagues comme une bande de poissons devant un requin. De vrais paradoxes !

 

La Cour Constitutionnelle de Transition dont la décision est sans appel a donné son verdict ce lundi 25 janvier 2016 plus de trois semaines après les élections. Dans son réquisitoire et après la délibération elle a reconnu les cas de fraudes et d’irrégularités au même titre que l’ANE mais rejette en bloc les requêtes déposées par certains candidats en confirmant simplement les mêmes résultats provisoires. Le grand paradoxe c’est qu’elle valide les résultats de la présidentielle mais annule les législatives alors qu’elles étaient couplées. Les mêmes irrégularités et fraudes constatées ont pourtant touché aussi de plein fouet la présidentielle. Cela donne l’image d’un médecin qui après avoir diagnostiqué la fièvre hémorragique à virus Ébola chez un patient ayant vécu des jours sur le même lit avec un ami, déclare d’office ce dernier sain.  Pourquoi n’a-t-on pas annulé les deux scrutins ? Quelle carte la CCT joue-t-elle ? Quelles leçons d’impartialité, d’objectivité et de transparence donne-t-elle au monde et plus particulièrement au centrafricain ? Quelle valeur veut-elle transmettre à une jeunesse sans repère moral, en prise à un manque de probité intellectuelle qui attendait de ces scrutins la fin de l’instabilité et d’errements de ses dirigeants ? Que pense la communauté internationale de ces tergiversations et cette maladie qui gangrène ce pays sous perfusion ?

 

Nous reviendrons plus tard sur l’implication et la responsabilité de cette communauté internationale dans ce drame que connaît le pays car la faute ne revient pas seulement aux pauvres centrafricains qui, victimes de manipulations diverses, infantilisés à volonté n’attendent que de l’extérieur l’arrivée de son sauveur.

 

William Béni NDIOH

 Le Centrafrique est-il condamné à être toujours tiré vers le bas ?  par William Béni NDIOH

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