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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 22:38

 

 

 

Installés dans la ville de Yokadouma à l'Est du Cameroun, ils restent dans l'espoir de regagner la Centrafrique  à la suite des élections qui se tiendront à la fin du mois de décembre 2015.

 

Ils font partie des 158 358 réfugiés installés dans la région de l'Est Cameroun. Il s'agit précisément de ceux basés dans le département de la Boumba et Ngoko, à 3 km de la ville de Yokadouma.

 

Il est environ 6h30 min ce jeudi 10 décembre 2015 dans ce Camp des réfugiés. C'est une ambiance de calme qui règne ici. Sur le site quelques cases construites en matériaux provisoires servent d'abris pour ces derniers. C'est également un jour de deuil, on apprend que le délégué du bloc 1 vient de perdre son épouse. Pour cette circonstance triste, hommes et jeunes  garçons se sont retrouvés dans la cour pour rendre un dernier hommage à la disparue. Une prière d'après la religion musulmane est dite et place à la collation. Sur des plateaux, l'on transporte du riz et des beignets, à cet effet, les uns et les autres se régalent. Mais sur les visages se lit une froideur. Ce n'est pas seulement l'effet du deuil, mais le mal est bien profond.

 

Retour à la paix

 

Si ces réfugiés sont installés loin des tensions de la Centrafrique, les souvenirs ne sont pas si lointains. Ouseni est actuellement mototaximan dans la ville de Yokadouma. Ce jeune Centrafricain  de 20 ans a tout abandonné dans son pays, pour s'installer au Cameroun avec ses parents. «J'étais élève, mais j'ai interrompu mes études pour venir m'installer ici», renseigne-t-il. Si pour lui le Cameroun est un bon pays d'accueil, il reste qu’«on est plus à l'aise chez soi». Par conséquent l'espoir est orienté vers les élections qui sont annoncées dans quelques semaines. D'ailleurs à l'entrée dudit camp, on peut lire sur une banderole, «vote des réfugiés: inscription des électeurs sur la liste électorale», de quoi comprendre que, même loin, ces derniers participent  à la destinée politique de leur pays. Difficile pour eux de donner  un avis pour un candidat. Le seul challenge reste le retour à la paix en Centrafrique. «nous avons envie que  les élections se passent bien, que la paix soit rétablie et que nous rentrons chez nous», indique un réfugié.

 

Une vie difficile

 

En effet, la vie de réfugiés est loin d'être une partie de plaisir. Installés dans cette zone depuis la crise Balaka et Anti-Balaka, ces derniers  doivent braver les difficultés qui s'imposent au quotidien. La  plus téméraire, l'intégration avec les populations locales. Une équation difficile à résoudre. «Au départ le contact avec les riverains n'était pas facile, le forage qui avait été construit au camp était également utilisé par les populations riveraines, mais les délégués et les responsables de la ville en ont discuté et tout est revenu dans l'ordre», explique Ashta Oumarou, qui en dépit de la guerre, a abandonné les études et est aujourd'hui mère de 4 enfants. D'autres problèmes auxquels ils font face, la restriction de l'exploitation de la forêt (chasse et bois), qui les entoure. Autre chose, ces hommes et femmes sont sans activité rentable, et pour se nourrir, ils doivent se contenter de la distribution des  vivres des Nations-Unies qui se fait deux fois par mois apprend-on. Des difficultés  qui justifient certainement la prolifération de la prostitution au sein des jeunes filles Centrafricaines dans les rues de Yokadouma. Toujours est-il que la chose la mieux partagée ici est le retour de la paix en Centrafrique  et surtout une paix durable.

 

 Lucienne Wouassi à Yokadouma

 

RÉFUGIÉS CENTRAFRICAINS DANS L'ESPOIR DE RETROUVER LA TERRE NATALE

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