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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 10:11

 

 

 

Le Monde.fr avec AFP  13.12.2015 à 09h55

 

Les Centrafricains se prononcent, dimanche 13 décembre, par référendum sur un projet de réforme des institutions. Entre 6 heures (6 heures à Paris) et 16 heures, près de deux millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour approuver une nouvelle Constitution censée instaurer une 6ème République depuis l’indépendance en 1960 de l’ex-colonie française, l’un des pays les plus pauvres au monde.

 

Si le texte est adopté, la Centrafrique connaîtra son 13ème régime politique depuis l’indépendance, illustration de son instabilité chronique. La Centrafrique a déjà connu cinq Républiques, un Empire (celui de Jean-Bedel Bokassa) et six transitions, après le renversement de pouvoirs établis parfois eux-mêmes transitoires.

 

Les principales innovations du texte concernent notamment le nombre maximum de mandats présidentiels (deux), la lutte contre la corruption qui gangrène l’administration depuis des décennies, l’éviction des groupes armés du processus politique et la création d’une Haute cour de justice.

 

Difficultés d’organisation

 

Organiser un tel scrutin en Centrafrique était un véritable défi : l’autorité de l’Etat a disparu de régions entières, et de nombreux bureaux de vote – 5 600 en tout – se trouvent dans des régions isolées, uniquement accessibles par des pistes défoncées. Un couvre-feu a été instauré de 20 heures à 5 heures après la nouvelle vague de violences qui a éclaté à Bangui, fin septembre, entre milices chrétiennes et animistes anti-balaka d’une part, et ex-rébellion majoritairement musulmane de la Séléka d’autre part, faisant plus de 130 morts.

 

Dimanche à l’aube, l’Autorité nationale des élections (ANE) devait boucler les derniers préparatifs et finir d’acheminer le matériel électoral vers les bureaux de vote de la capitale. Des milliers d’électeurs n’ont pas encore récupéré leur carte électorale, mais ils seront finalement autorisés à voter sur simple présentation de leur récépissé d’enregistrement sur les listes électorales, afin de faciliter le déroulement des opérations, a annoncé l’ANE. Sur les principales artères de Bangui, des affiches appelant à voter « Oui »au référendum soutiennent que « la paix, c’est dans les urnes ».

 

Répétition de l’élection du 27 décembre

 

Hormis le parti de François Bozizé, dont la candidature à la présidentielle a été invalidée cette semaine, et certains responsables anti-balaka et Séléka, la plupart des partis politiques centrafricains ont appelé à se prononcer en faveur du texte.

 

Selon plusieurs observateurs de la crise centrafricaine, ce scrutin est surtout une « répétition générale » pour les élections fixées au 27 décembre, sur lesquelles pèsent des craintes plus sérieuses de troubles sécuritaires.

 

Dans certaines régions du Nord et de l’Est tenues par des groupes armés, des chefs rebelles, comme Nourredine Adam, ex-numéro 2 de la Séléka, ont déjà prévenu qu’ils ne laisseraient pas le vote avoir lieu.

 

Samedi, plusieurs centaines de personnes ont protesté à Bangui contre l’invalidation de la candidature à la présidentielle d’un chef anti-balaka, Patrice-Edouard Ngaïssona.

 

Tirs malgré la mobilisation des forces de sécurité

 

Un plan de sécurisation national impliquant les casques bleus de la Minusca (près de 11 000 hommes) et les forces centrafricaines (police et gendarmerie), ce qui n’a pas empêché les incidents.

 

Des tirs ont éclaté dimanche matin dans Bangui entre partisans et opposants au référendum constitutionnel centrafricain, notamment dans l’enclave musulmane du PK5 où cinq personnes ont été blessées, dont deux grièvement, selon la Croix-Rouge. Les tirs dans ce quartier se poursuivaient vers 9 h 30 non loin de la mosquée centrale.

 

Des tirs et des explosions de grenade ont également été entendus dans Gobongo, un des fiefs des milices chrétiennes anti-balaka dans la capitale, selon une source sécuritaire.

 

Référendum constitutionnel en Centrafrique

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