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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 23:33

 

 

DÉCRYPTAGE

 

Par Joan Tilouine  Le Monde.fr Le 15.12.2015 à 12h55 • Mis à jour le 15.12.2015 à 12h59

 

Entaché de violences qui ont fait au moins cinq morts, notamment dans le quartier à majorité musulmane de PK5 à Bangui, le référendum constitutionnel du 13 décembre avait valeur de test avant la présidentielle. Plusieurs fois repoussé, le premier tour devrait finalement se tenir le 27 décembre.

 

La Cour constitutionnelle de transition a retenu les noms de trente candidats. Quatre d’entre eux font la course en tête. Leurs défis sont immenses : mettre un terme aux violences, restaurer la souveraineté de l’Etat, ressusciter des institutions exsangues et relancer l’économie d’un pays dont la richesse des sous-sols a alimenté le conflit.

 

Anicet Georges-Dologuélé

 

D’aucuns disent qu’il passe plus de temps à Paris, où est implanté son cabinet de consultance qu’en Centrafrique. Ce qu’il réfute, arguant que sa campagne de proximité couvre tout le territoire et qu’il se montre particulièrement dynamique. Premier ministre de 1999 à 2001 sous Ange-Félix Patassé puis président de la Banque de développement des Etats d’Afrique centrale, il a eu à gérer plusieurs affaires de malversations et de corruption impliquant l’institution. Jamais condamné, il s’est toujours dit étranger à ces montages.

 

De retour à Bangui en 2013 après des années d’exil, l’ancien chef du gouvernement a créé son propre parti politique, l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA), dont la devise est « Rassemblement, paix, développement ». Le mouvement, essentiellement constitué d’anciens cadres du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), est peu présent sur le terrain.


Agé de 58 ans, l’économiste de formation a axé sa campagne sur la nécessité de rétablir la sécurité et la justice pour pouvoir mettre en œuvre un programme économique ambitieux, attirer les investisseurs et créer de l’emploi. « Pour édifier cette nouvelle République centrafricaine, une rupture radicale s’impose. Ce n’est qu’ainsi que nous construirons une République de l’unité retrouvée dans la paix et la concorde nationale », dit-il. Et de marteler : « de 1996 jusqu’à aujourd’hui, la seule période où il n’y a pas eu une crise militaro-politique dans le pays, c’est quand j’étais premier ministre ».

 

Karim Meckassoua


Il est le premier candidat à avoir tenu un meeting, le 5 décembre, au Stade 20 000 Places de Bangui, une semaine après la visite historique du pape François. « Elu demain président de la République, je défendrai deux projets simples. Simples, mais attendus depuis si longtemps. Le premier : nous réconcilier. Le second : nous développer », a-t-il proclamé à la tribune. Convié, le candidat rival, Anicet-Georges Dologuélé, était présent.

 

Candidat musulman indépendant de 63 ans né à Bangui dans une famille de Haoussa du Nigeria, Karim Meckassoua se présente comme un « candidat de l’union ». Ingénieur ergonome de formation, il a fait campagne à grands frais grâce au soutien financier et politique du président congolais Denis Sassou Nguesso, également médiateur de la crise centrafricaine, dont il est proche.

 

Ces derniers mois, ce candidat sans parti politique ni réel ancrage local a multiplié les va-et-vient entre Bangui et Brazzaville tout en faisant des escales à Paris où il dispose de soutiens, au ministère de la défense notamment. En 2014, Paris et Brazzaville avaient appuyé sa candidature au poste de président par intérim de la transition, en remplacement de Michel Djotodia. Son dossier fut rejeté en raison de son passé d’ex-putschiste.

 

Cet ancien homme d’affaires, qui a été actif dans le secteur minier, a joué un rôle de premier plan dans les préparatifs du coup d’Etat du 15 mars 2003 aux côtés de François Bozizé renversant le président d’alors, Ange-Félix Patassé. A cette date, Karim Meckassoua est un fidèle allié de François Bozizé qui, une fois au pouvoir, le nomme ministre des affaires étrangères. Il occupera cinq ministères différents. Et c’est à l’ambassadeur de Centrafrique en République démocratique du Congo, Elie Ouefio, l’ancien secrétaire général du parti de François Bozizé, Kwa Na Kwa (« le travail rien que le travail » en sango), qu’il a confié sa campagne.

 

Martin Ziguélé

 

« Réconciliation, rassemblement, reconstruction ». A la tête du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), le dernier premier ministre d’Ange-Félix Patassé (2001-2003) a fait de ce triptyque son slogan de campagne. « Il n’y a pas de télévision ni de radio en Centrafrique, hormis à Bangui, alors, il faut aller sur le terrain, dans toutes les grandes villes d’un pays dont je connais chaque commune, chaque préfecture, ce qui est ma force », estime celui qui avait sans doute remporté l’élection présidentielle de 2005, face à François Bozizé, et n’a pas reconnu les élections truquées de 2011.

 

Il peut compter sur une formation très bien implantée sur le territoire avec des antennes dans chacune des seize préfectures. Martin Ziguélé bénéficie également des réseaux de l’Internationale socialiste, qui lui ouvre les portes du Parti socialiste français, de l’Elysée, mais aussi des palais présidentiels d’Ibrahim Boubacar Keïta au Mali, d’Alpha Condé en Guinée et de Mahamadou Issoufou au Niger. Une « diplomatie » qui lui vaut d’être perçu comme le « candidat de la France » par certains rivaux, qui mettent en cause son bilan de premier ministre. Lui s’en défend et rappelle avoir mis en œuvre la première opération « mains propres », qui avait notamment valu l’incarcération de son ministre d’Etat aux finances.

 

Agé de 58 ans, cet expert en assurances, investi par son parti en novembre 2014, se veut la figure de proue de l’opposition à François Bozizé et le candidat leader de cette élection présidentielle. « Mon premier acte si je suis élu ? Mettre en œuvre un programme efficace de désarmement, de démobilisation et de réintégration tout en complétant le mandat de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) pour occuper les zones minières. »

 

Bilal Désiré Nzanga-Kolingba

 

Candidat malheureux face à Catherine Samba-Panza pour la présidence de la transition, Bilal Désiré Nzanga-Kolingba pâtit d’un manque de charisme qui le rend inaudible ou presque. Pourtant, c’est cet ancien député passé par la Banque mondiale, plusieurs fois ministre sous François Bozizé, que le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) a désigné en février pour prendre les rênes du parti et briguer la magistrature suprême. Une destinée dynastique pour ce fils de l’ancien président André Kolingba arrivé au pouvoir par un putsch en 1981 et défait lors de la première élection démocratique de 1993 remportée par Ange-Félix Patassé.

 

Le parcours de Bilal Désiré Nzanga-Kolingba, 59 ans, qui a mené activement campagne pour François Bozizé en 2010 dans le fief familial de Basse-Kotto, l’a mené à se rapprocher de ceux qui l’ont renversé, à savoir la coalition rebelle Séléka et l’un de ses chefs, Michel Djotodia.


Chrétien converti à l’islam en 1983, selon ses dires, il s’est discrètement rendu à plusieurs reprises chez l’un des parrains présumés de la Séléka, le chef d’Etat tchadien, Idriss Déby, qui cherche à renforcer son influence politique et militaire en Centrafrique. Toutefois, le RDC de Bilal Désiré Nzanga-Kolingba souffre d’un manque de moyens et d’une implantation limitée à deux préfectures sur les seize que compte la Centrafrique. Ce qui peut être compensé par un soutien de l’ex-Séléka. Mais si son nom renvoie à l’histoire politique du pays, ce « fils de » est également cité aux côtés des anciens ministres Simplice Zingas et Abdallah Kadre dans une affaire de détournement de 20 millions de francs CFA déboursés en 2010 par le Trésor pour une couverture médiatique du cinquantenaire de l’indépendance. Ce que tous deux démentent. L’affaire est entre les mains de la justice.

 

Joan Tilouine

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/12/15/centrafrique-qui-sont-les-principaux-candidats-a-l-election-presidentielle_4832542_3212.html#ImIFDl8hP4ujWR8L.99

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