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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 14:42

 

 

 

31/12/15 (Le Point)

 

Mission accomplie. Les Centrafricains ont voté dans le calme ce mercredi pour un double scrutin présidentiel et législatif afin de tourner la page de trois ans de guerre.

 

Une certaine fierté pouvait se lire sur les visages des Centrafricains qui sont massivement allés voter ce mercredi 30 décembre 2015 pour élire leurs députés et surtout un nouveau président de la République. Des élections très scrutées, qui se sont déroulées dans le calme et la ferveur. Les couacs de la matinée dans les bureaux de vote n'auront pas eu raison de la motivation d'une population décidée à tourner le dos à la guerre. Et finalement, toute la symbolique de cette date était dans toutes les mémoires puisque, le 31 décembre 1965, la Centrafrique plongeait dans le coup d'État de Jean-Bedel Bokassa, qui se fait élire à vie puis couronner empereur en 1977.

 

Les temps forts de la journée

 

À 6 heures GMT du matin, de nombreux bureaux de vote se sont ouverts à l'heure prévue, selon les observateurs électoraux, mais dans d'autres arrondissements de la capitale, surtout les 2e et 8e arrondissements, les bureaux ont ouvert avec des retards, dus à des problèmes logistiques, tels que la distribution de stylos et de feuilles d'émargement. Dans certaines villes, les bulletins pour le scrutin législatif ne sont jamais arrivés sur place, des élections législatives partielles seront organisées début 2016.

 

Km 5, enclave musulmane de Bangui, a connu une journée de vote calme à l'image de ce qui s'est déroulé dans le reste du pays. Contrairement au vote référendaire du 13 décembre perturbé par des tirs et qui a connu peu d'engouement, les élections de ce 30 décembre ont mobilisé plus d'électeurs et se sont déroulées sans coup de feu. Près de 1,4 million d'électeurs – sur 4,8 millions d'habitants – étaient attendus en RCA pour s'acquitter de leur devoir national lors des élections générales (présidentielle et législatives) qui mettront fin à une période transitoire déclenchée depuis 2013. Quelque 10 000 Casques bleus de la force Minusca étaient présents sur tout le territoire centrafricain pour sécuriser près de 5 000 bureaux de vote et aider à l'acheminement du matériel électoral (urnes, bulletins), selon la mission onusienne. « Ça tient presque du miracle dans un pays en guerre », déclare le chef militaire de la mission de l'ONU (Minusca), le général sénégalais Balla Keita, à la fin de cette journée de vote sous haute sécurité. Après des débuts timides dus à de nombreux couacs d'organisation, les bureaux de vote ont connu une forte affluence dans les plus grandes régions du pays, comme le soulignent de nombreux images et commentaires qui circulaient sur les réseaux sociaux.

 

Les principaux candidats et acteurs de la vie politique centrafricaine ont unanimement appelé à la paix. D'abord à 10 heures, la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, qui a voté à l'école Jean-Colomb dans le 7e arrondissement, a déclaré : « Je suis citoyenne centrafricaine, il était de mon devoir de venir voter. J'exhorte tous mes compatriotes, femmes, hommes, jeunes en âge de voter de venir faire le même exercice que moi. Je suis heureuse de voir que dans mon centre de vote il y a autant de queue. » Pour le président du parlement provisoire, Alexandre Ferdinand Nguéndet, dont le mandat arrive à expiration, « c'est la fin de la transition qui est en train de nous conduire vers la voie de l'ordre constitutionnel normal ». Sur la radio NdekeLuka, le candidat Émile Gros Raymond Nakombo a appelé tous les Centrafricains à « voter utile pour obtenir la sécurité et la paix ». L'archevêque de Bangui, monseigneur Dieudonné Nzapalaïnga, s'est félicité de cette journée historique « Aujourd'hui, c'est un grand jour pour la Centrafrique. Nous avons tant attendu ce jour pour nous lever et choisir le président, les députés qui vont nous représenter au niveau du pays, au niveau international. [...] Je peux vous dire que les Centrafricains veulent tourner une page. »

 

De son côté, la diplomatie française, par la voix de Laurent Fabius, s'est montrée satisfaite de ce premier tour des élections, attendues par la communauté internationale avant la fin de l'année 2015 : « Je salue le bon déroulement des élections en Centrafrique et la mobilisation des citoyens qui se sont déplacés nombreux. La France fait confiance aux Centrafricains pour aller au bout de ce processus. Elle rend hommage à l'action de la présidente Samba-Panza et aux autorités de transition qui ont supervisé le scrutin. » Et enfin, le groupe du G8, l'Union africaine (UA), les Nations unies (UN), l'Union européenne (UE), la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), les États-Unis, la France, la Banque mondiale et la médiation réunis à Bangui, « saluent l'engouement du peuple centrafricain qui s'est inscrit massivement sur les listes électorales, témoignage s'il en était besoin, de sa détermination à exercer ses droits civiques et politiques afin de tourner définitivement la page de la transition ».

 

L'heure du dépouillement

 

L'Autorité nationale des élections (ANE) a relevé « des erreurs matérielles sur des bulletins dans plusieurs circonscriptions électorales », à Bangui comme en province. « Dans certaines localités, les bulletins pour les élections législatives ne sont pas parvenus dans les bureaux », a indiqué l'ANE dans un communiqué, ce qui devrait entraîner sans doute un certain nombre d'« élections partielles ». Plusieurs clichés et témoignages sur le bon déroulement des dépouillements ont été affichés sur Internet dès la fermeture des bureaux de vote.

 

Le suspense se poursuit sur le nom du vainqueur

 

Les Centrafricains et la communauté internationale retiennent leur souffle en attendant les résultats provisoires qui seront dévoilés dans les prochains jours, et la Cour constitutionnelle a maintenant 15 jours pour proclamer les résultats définitifs. Mais d'ores et déjà les pronostics vont bon train dans le pays, en particulier concernant trois candidats à la présidentielle qui se démarquent des autres, selon les observateurs. Parmi les grands favoris de ce scrutin, Martin Ziguélé, âgé de 58 ans, est considéré comme un véritable « poids lourd » ; son expérience lui permettrait de tenir une certaine avance. Son point fort est son parti, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC – créé en 1979 par l'ex-président Ange-Félix Patassé, dont Ziguélé fut Premier ministre), qui est doté d'un programme économique et politique. Mais, pour ces mêmes observateurs, le soutien de Ziguélé à la milice Seleka lors du coup d'État qui a renversé François Bozizé en 2013 pourrait jouer en sa défaveur.

 

Anicet-Georges Dologuélé, également ancien Premier ministre (de 1999 à 2001), est à la tête d'un jeune parti, l'Union pour le renouveau centrafricain (Urca, créée en octobre 2013). Fort de son alliance avec le parti Kwa Na Kwa (KNK) de François Bozizé, dont la candidature a été invalidée, il peut prendre la tête du pays. Karim Meckassoua, ce candidat indépendant s'est fait particulièrement remarquer durant la dernière campagne électorale. À noter qu'il est au coeur de l'enclave musulmane PK5 à Bangui. Son argument se base sur l'unité du peuple centrafricain. Les observateurs ont aussi relevé des profils d'outsiders, comme les candidats Sylvain Patassé et Désiré Kolingba, des fils d'ancien président, qui n'ont peut-être pas eu tous les moyens de leur politique. Pour le scrutin législatif, 1 192 candidats issus de 62 partis politiques se présentaient pour occuper les 140 sièges que comptera la prochaine Assemblée nationale (Chambre basse du prochain Parlement).

 

http://afrique.lepoint.fr/actualites/centrafrique-plus-qu-un-vote-un-ren ...

 

Lu pour vous : Centrafrique : plus qu'un vote, un rendez-vous avec l'histoire

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