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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 03:37

 

 

 

MEDIAS PLUS, n°1362 du Lundi 28 décembre 2015

 

Que la politique soit l’art du mensonge, de la démagogie, de la ruse et de l’hypocrisie, il n’ya point de doute à cela et l’auteur du livre Le Prince, l’Italien Nicolas Machiavel et bien d’autres penseurs politiques, stratèges et hommes d’Etat, nous l’ont apprit.

 

Mais mentir au nom du Pape, le premier représentant du Christ sur la terre, la plus haute autorité spirituelle et morale du monde, premier porte-parole mondial de l’évangile, de la vérité, de l’amour, de la justice et messager de la paix, est le plus scandaleux des comportements que devrait éviter un homme politique qui a la prétention d’être l’homologue du pape, c’est-à-dire un chef d’Etat, surtout que les circonstances de la venue du Pape en Centrafrique sont connues de tous.

 

Il n’y a rien de plus malsain et de plus mensonger que cette litanie politique de l’ancien rebelle, allié du chef rebelle François Bozizé, je veux nommer Abdou Karim Meckassoua, ancien ministre d’Etat du régime sanguinaire, criminel, immoral et amoral de François Bozizé, et candidat à la présidence de la République.

 

Contexte

 

Depuis l’arrivée du Pape en Centrafrique les 29 et 30 novembre dernier, l’éternel ami des chefs rebelles François Bozizé (de l’ex-rébellion dénommée Coordination des patriotes centrafricains (CPC), devenue successivement le parti KNK, la milice Cocora puis la milice Antibalaka) et non moins allié du seigneur de guerre et chef rebelle tchado-centrafricain Martin Koumta Madji alias Abdoulaye Miskine, chef de la rébellion du Front démocratique du peuple centrafricain (FDC), le nommé Meckassoua, ne cesse d’inonder les réseaux sociaux et certains médias de la place payés pour la cause, avec des communiqués de presse et des déclarations selon lesquels c’est lui Meckassoua qui aurait été le tout premier devant Dieu et devant l’histoire à demander au Pape François de visiter la Centrafrique.

 

Il cite même les noms des cardinaux de la curie Romaine et quelques un d’Afrique qui sont écoutés à Vatican, comme le cardinal sénégalais Sara et le cardinal Laurent Monsengwo de la République démocratique du Congo (RDC), sans oublier le Nonce Apostolique en Centrafrique, l’archevêque de Bangui Monseigneur Dieudonné Nzapalainga et ses frères leaders de la Plateforme des confessions religieuses que sont le Révérend pasteur Nicolas Guèrèkoyamé Gbangou de l’Alliance des évangéliques en Centrafrique (AEC) et l’Imam Kobine Layama, président de la Communauté islamique en Centrafrique (CICA) comme étant ceux qu’il aurait contactés et sensibilisés afin que sa demande d’une visite papale en Centrafrique soit acceptée par le Saint Père.

 

Voilà l’erreur que ne devrait pas commettre en ce moment précis quelqu’un qui est candidat à l’élection présidentielle. Mais ce n’est pas une simple erreur dès l’instant où c’est un mensonge bien cousu: c’est une faute lourde, un péché, une falsification ou une tentative éhontée de falsification de l’histoire.

 

Ma foi catholique, ma connaissance si petite soit-elle de la diplomatie vaticane, et ma modeste expérience des affaires d’Etat m’amènent d’abord à m’insurger contre un tel mensonge grossier émanant d’un croyant qui se dit obligé de prier cinq (5) fois par jour, puis à rétablir la vérité historique que tente de falsifier grossièrement quelqu’un qui a occupé des hautes fonctions d’Etat dans un régime dictatorial issu d’une rébellion, la CPC, dont il a été par ailleurs responsable de l’aile politique au niveau de la diaspora centrafricaine en France, de fin 2001 à mars 2003.


Ce qu’il faut savoir

 

Première vérité: Au niveau de la curie romaine qui chapeaute la diplomatie vaticane, la visite du pape dans un Etat tiers est toujours décidée par le Souverain Pontife lui-même, sur conseil de ses proches collaborateurs, à la demande soit (i) des autorités catholique du pays à visiter, (ii) des chefs d’Etat ou de gouvernements du pays à visiter, lesquels en formulent la demande par la voie diplomatique. Quelque fois, (iii) c’est le pape lui-même qui, sur la base des informations qu’il reçoit d’un pays donné, exprime son intention de visiter le pays concerné pour un message précis. C’est alors que ses collaborateurs réfléchissent sur la forme, le fond et la faisabilité ou non d’une visite papale dans le pays concerné.

 

Ce n’est donc pas un individu, fut-il ancien rebelle et ancien ministre d’Etat d’un régime issu d’une rébellion, et ami de redoutables chefs de guerre comme Bozizé et Abdoulaye Miskine, qui peut prendre sur lui d’inviter le pape et d’obtenir que le pape visite son pays sans l’avis des autorités politiques dudit pays et des autorités religieuses catholiques qui sont les collaborateurs physiquement lointains mais spirituellement et canoniquement (juridiquement) proches du Pape. Et l’Eglise catholique est si bien organisée que les déclarations de Meckassoua prêtent à sourire. Il a l’excuse de son ignorance des rouages du catholicisme, mais qu’il cesse de mentir au nom du pape François qui n’est pas son collègue ni son homologue comme Mme Catherine Samba-Panza.

 

Si n’importe quel individu qui n’a pas le statut d’évêque, qui n’est ni chef d’Etat ni chef du gouvernement, pouvait obtenir à sa simple demande que le pape visite son pays comme le prétend l’inénarrable Abdou Karim Meckassoua, alors le pape ne serait jamais sur place à Rome un seul jour puisque rien que ses amis d’enfance, d’école, de catéchisme ou d’associations dispersés a travers le monde l’auraient fait déplacer tous les jours que Dieu faits pour leur faire plaisir de visiter le pays où ils se trouvent, et le pape ne serait alors qu’un simple pigeon voyageur, en perpétuel transit sur les cinq continents.

 

Plus grave, en disant pendant sa campagne électorale et en faisant dire ce qu’il a écrit dans ses communiquées de presse, Meckassoua affiche un mépris total à l’endroit des Evêques de Centrafrique en général et des autorités politiques centrafricaines en particulier, parce qu’il croit que ceux-ci n’ont rien fait pour que le Pape François arrive en Centrafrique. On sait que Meckassoua vaut une haine viscérale à l’égard des deux têtes de l’Exécutif parce qu’il digère mal l’échec de sa nomination au poste de Premier ministre, chef du gouvernement de transition sous Catherine Samba-Panza. Mais cela ne l’autorise pas à mentir au nom du Saint Père.

 

Le Pape François n’est pas son ami pour qu’il se croit permis de l’inviter chez lui comme n’importe quel ami ou connaissance que l’on peut inviter chez soi pour une excursion, un pique-nique, une soirée de gala, un anniversaire, une cérémonie de mariage ou de baptême, etc. Le Pape François n’est non plus un des coreligionnaires de sieur Meckassoua avec qui il a le devoir de vendredi dans les mosquées, pour qu’il se croit autorisé à avoir de grosses têtes pour lui envoyer un billet d’invitation à visiter son pays où son hôte lui-même n’est pas en sécurité.

 

Dans un contexte où beaucoup de musulmans se comportent comme des rebelles-terroristes et manquent de respect pour leurs chefs religieux comme l’Imam pacifiste Kobine Layama, ce mensonge du candidat Abdou Karim Meckassoua est déjà très mal digéré par la communauté chrétienne de Centrafrique en général et celle dite catholique y compris même certains musulmans qui demandent à Meckassoua de respecter le Pape, même si beaucoup de musulmans centrafricains ne respectent pas leurs Imams.

 

Pour l’information du public et au risque de nous répéter, il n’y a que les évêques catholiques et les autorités politiques d’un pays qui sont habilités à formuler la demande de visite du pape dans leur pays. Ou c’est le pape lui-même qui en exprime le désir et met en mouvement la diplomatie vaticane. Dans touts les cas, la demande suit toujours la procédure diplomatique idoine qui exige:

 

-l’implication de l’ambassade du Saint Siège (appelée Nonciature apostolique) accréditée auprès du pays à visiter;

 

-l’implication du ministère des Affaires étrangères du pays hôte, en tant que responsable de la diplomatie nationale;

 

-l’implication des évêques catholiques du pays à visiter.

 

Deuxième vérité: Le nom de Meckassoua ne figure ni dans les commissions et sous-commissions du Comité d’organisation de la visite du pape mis en place par le gouvernement ni dans celui mis en place par l’Eglise catholique en communion avec toutes les confessions religieuses de Centrafrique. Ne faisant pas partie des organisateurs de l’événement tant au niveau diplomatique, sécuritaire, politique, médiatique, protocolaire voire même culinaire ou matériel, comment Abdou Karim Meckassoua peut se targuer d’être celui grâce à qui le Pape François est venu en Centrafrique?

 

On le voit, il n’y a pas d’autre mot pour qualifier les déclarations de Meckassoua pour la visite du pape François en Centrafrique que celui de MENSONGE. Il ne lui reste qu’à dire que c’est également lui qui est à l’origine de la visite du Pape en Ouganda et au Kenya.

 

Si déjà celui qui n’est que candidat à la présidence de la République se permet de mentir au nom du pape, il mentira sûrement demain au nom de Dieu, de Jésus-Christ et de Mahomet s’il devenait président de la République.

 

Abdou Karim Meckassoua se trompe ainsi en croyant tromper les électeurs chrétiens et musulmans pour avoir leurs voix le 30 décembre prochain. Mais ce vote va se retourner contre lui le moment venu, car mentir au nom du pape c’est manquer de respect pour Dieu dont le pape est le digne serviteur et porte-volonté sur la terre. On ne ment jamais au nom de Dieu et de ses dignes serviteurs impunément.


Troisième vérité: Se croyant plus malin que Leuk le lièvre, Abdou Karim Meckassoua insinue par ces déclarations tapageuses que sans lui, la visite du pape n’aurait pas été un succès à Bangui, ce qui est archifaux.

 

Or, savons-nous, c’est le gouvernement de transition qui a mobilisé les propres ressources de l’Etat pour effectuer les travaux d’aménagement routier, d’embellissement de la capitale et l’esplanade de la cathédrale, sans oublier tout ce qui a trait à la sécurité et à la sensibilisation populaire pour que la visite du Pape connaisse un éclat.

 

Les forces internationales (Minusca et Sangaris) ont joué leur partition pour sécuriser l’événement. Les chrétiens catholiques de tous les diocèses de la RCA et d’autres bonnes volontés ont contribué financièrement, matériellement et par la prière pour que tout se passe bien et que le message du pape qui tourne autour du pardon, de la paix, de l’amour, de la réconciliation et de la miséricorde soit entendu, compris, et intégré dans les comportements de tous les Centrafricains quelque soit leur appartenance religieuse et politique.

 

Halte au mensonge !

 

Ce n’est pas parce que le gouvernement et l’Eglise catholique n’en parlent pas et ne font pas de publicité sur ce qu’ils ont fait par rapport à la visite du pape à Bangui que Meckassoua croit avoir le terrain favorable à une exploitation politique de la situation.

 

Le gouvernement et l’église catholique devraient en principe réagir pour demander au sieur Abdou Karim Meckassoua de cesser de mentir au nom de notre saint Père qui est sur la terre. Ce grossier mensonge ne peut rester sans conséquence sur son avenir politique proche et lointain en Centrafrique. Cela servira de leçon aux grands démagogues et menteurs politiques patentés de la République centrafricaine.

 

Cyrus-Emmanuel Sandy


MEDIAS PLUS, n°1362 du Lundi 28 décembre 2015

Lu pour vous : CENTRAFRIQUE:LE CANDIDAT MECKASSOUA DOIT CESSER DE MENTIR AU NOM DU PAPE QUI N’EST PAS SON COLLÈGUE  - PAR CYRUS-EMMANUEL SANDY

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