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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 23:28

 

 

 

Bangui, le 23 décembre 2015

 

Le collectif des jeunes cadres et militants du parti KNK

 

A

 

Monsieur le Président  François BOZIZE, Président Fondateur du  parti travailliste KNK

En exil en Ouganda

 

Objet : Lettre ouverte

 

Grand ouvrier,

 

C’est avec constellation et même beaucoup de pincements au cœur  que nous, jeunes cadres sympathisants et ouvriers du parti travailliste KNK, avions appris le ralliement et le soutien de notre parti au candidat Anicet Georges DOLOGUELE, Président et candidat de l’URCA à l’élection présidentielle en cours.

 

Depuis le coup d’état qui a renversé notre régime nous, jeunesse consciente et consciencieuse avions pris du recul pour observer sans complaisance l’évolution de la vie et la configuration politique de notre pays en proie à des crises politico-militaires récurrentes.

 

Le débauchage et la prostitution ont battu le record mondial.

 

Un coup d’œil lapidaire sur notre rétroviseur nous permet de reconnaître que nous devons nous en prendre à nous même, au lieu de chercher des boucs émissaires ailleurs.

 

En effet, nous avons fait beaucoup de tort au peuple centrafricain car nous sommes « l’alpha et l’oméga » de cette descente aux enfers du pays. Les jeux d’intérêt battent leur plein.

 

Depuis les tentatives échouées, les coups d’état précédents jusqu’au 15 mars 2003, vous aviez introduit en RCA des mercenaires soudano-tchadiens qui se sont livrés  inlassablement au pillage systématique de nos ressources.

 

Le vol des cheptels de bétails, des véhicules des particuliers, des sociétés d’état et privées (CFAO, DROP, KAJIMA), le démontage des usines de l’ex SOCADA de Bossangoa, Guiffa, Grimari, Pendé et leur transfèrement dans leurs pays d’origine, sans oublier l’incendie des maisons dans le nord-est et le nord-ouest de notre pays, les boucheries humaines tant décriées par les ONGs humanitaires.

 

Le phénomène de torture tristement célèbre « ARBATACHA » qui consiste à attaché les bras du prisonnier par derrière et de  flageller sa poitrine jusqu’à la mort via l’hémorragie interne restera à jamais gravé dans la mémoire collective.

 

Oui, reconnaissons-le et faisons amende honorable par rapport aux mercenaires étrangers que nous avions  introduit dans notre pays, pis encore incorporé dans nos forces de défense.

 

Le centrafricain lambda connaît aujourd’hui que les ailes dures de la nébuleuse coalition SELEKA ne sont d’autres personnes que les ex-libérateurs qui font partie de ceux-là et qui ont fait dissidence par rapport au non règlement de leur facture.

 

Qui plus est, au lieu de mettre en œuvre le DDR avec les 8.000.000.000 de F.CFA que les pays de la CEMAC avaient en son temps mis à votre disposition, vous et vos intouchables les aviez dilapidé pour entretenir en partie votre garde prétorienne au détriment des FACAS négligées et même méprisées.

 

Mieux encore, vous aviez armé une branche de ces fractions rebelles  C.P.J.P  de Abdoulaye ISSENE contre l’U.F.D.R de DAMANE, votre conseiller spécial jusqu’à votre chute.

 

Nous avions observé tout cela impuissant par instinct de survie.

 

Que dire des propres prisons que géraient cyniquement vos fils ?

 

Que dire du holdup électoral de 2011 à l’issue duquel vos fils et maîtresses  se sont retrouvés à l’Assemblée Nationale ?

 

Que dire de la disparition tragique de Charles MASSI votre ancien compagnon et d’autres compatriotes exécutés sommairement?

 

La liste est longue.

 

En dépit tout cela, nous vous avions soutenu car la jeunesse était fatiguée des changements de régimes qui ne lui ont rien apporté en réalité.

 

Notre conviction était qu’un jour, vous alliez vous ressaisir.

 

Mais hélas, vos entêtements et errements  politiques nous ont conduit à notre chute.

 

Grand ouvrier, aujourd’hui notre parti le KNK ne représente plus rien  et n’existe que de nom ; car au lieu de nous rassembler ou, mieux encore préparer un dauphin, vous aviez contribué à son émiettement.

 

C’est avec consternation que nous avions appris, comme nous l’avions susmentionné l’accord politique que vous aviez passé avec le candidat populiste Anicet Georges DOLOGUELE, peu connu sur la scène politique centrafricaine.

 

En tout cas, vous aviez joué la mauvaise carte.

 

Nous estimons que vous devriez au contraire apporter caution à l’un de ceux qui ont défendu bec et ongle notre régime tels que Jean BARKES NGOMBEKETTE, Faustin Archange TOUADERA ou Cyriaque GONDA de l’ancienne majorité présidentielle qui ont au moins une assise nationale.

 

Mais hélas, vous aviez préféré pactiser avec un parti qui vient de naître avec aucune ramification nationale. Nous ne sommes pas des moutons de panurge et ne nous menez pas en bateau.

 

Nous croyons que ce n’est pas de votre faute car étant à distance vous ne pouvez pas avoir une bonne lecture de la situation sur le terrain.

 

Nous demeurons convaincus, que l’actuel Secrétaire Général, ouvrier de dernière minute Bertin BEA y est pour beaucoup de choses  parce qu’il cherche à défendre ses propres biftèques.

 

Fort de ce qui précède, cet accord politique ne lie pas la jeunesse de KNK et nous ne respecterons pas cette consigne de vote.

 

En revanche, nous exhortons la jeunesse centrafricaine toute entière et celle de KNK en particulier de ne pas voter un aventurier reconnu pour avoir fait accumuler au régime de PATASSE des arriérés de salaires  en ne payant que les dettes extérieures antérieures à ce régime en contrepartie de 10%.

 

La jeunesse éclairée d’aujourd’hui n’est plus manipulable.

 

Nous voterons selon la consistance du programme de société des candidats et non à cause des gadgets  ou des billets de banque  craquant que nous reçevons.

 

Débout jeunesse centrafricaine!

 

Fais un vote utile.

 

Pour les cadres du KNK                                                 

                                                                                                    Wilfried SERENAM             

Des jeunes cadres du KNK adressent une lettre ouverte à Bozizé
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