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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 18:53

 

 

 

05 novembre 2015 à 16h34 Par Vincent Duhem  Jeune Afrique

 

Les faits

 

Les violences sont quasi quotidiennes depuis l’assaut mené le 26 septembre du commissariat du 5e arrondissement de Bangui. Elles ont redoublé d’intensité un mois plus tard après l’attaque d’un convoi de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC, une frange de l’ex-Séléka). La délégation, qui comprenait notamment Ahmat Nedjad (porte-parole), Mahamat Abdoulaye Garba (secrétaire général du bureau politique) et Youssoufa Hassan Bouba (deuxième coordinateur politique), a été prise pour cible le 26 octobre vers 10h (heure locale) près du marché Combattants (8e arrondissement) puis emmenée dans un lieu tenu secret. Deux de ses membres sont toujours portés disparus, morts selon toute vraisemblance.

 

Cet événement a entraîné un nouveau cycle de violences et de représailles. Elles se concentrent autour du 3e arrondissement, dans le sud de la capitale. Au centre de celui-ci, se trouve le quartier KM5 qui abrite les milices musulmanes. Ces dernières harcèlent les zones périphériques : Boeing, Fatima, Kina, Kokoro, Cattin.

 

Dans le même temps, des groupes anti-balaka, essentiellement basés dans le 4e arrondissement, commettent des violences dans le nord et le sud de Bangui. Ainsi, le 29 octobre, deux musulmans sont tués dans le 6e arrondissement. Puis, le 4 novembre en fin de matinée, un convoi de 29 véhicules de biens appartenant à des musulmans du Km5 en partance pour Bambari, Bria, Kaga-Bandoro et Batangafo est attaqué à trois reprises. On dénombre au moins 1 mort et deux blessés du côté du contingent de la Minusca chargé de la protection du convoi.

 

Les protagonistes

 

Les alliances vont et viennent. Depuis fin septembre, deux groupes sont responsables des violences. Ils ont cependant la particularité de ne jamais s’affronter. Ils ciblent ainsi les populations civiles et participent parfois à des actions communes. À Bangui, anti-Balaka de Maxime Mokom et milices musulmanes proches de l’ex-Séléka de Noureddine Adam sont des alliés de circonstance.

 

On désigne ces deux groupes sous le nom de « nairobistes » en référence à l’accord signé en avril dans la capitale kényane dont l’objectif était de permettre un retour aux affaires des anciens président François Bozizé et Michel Djotodia.

 

Les milices du KM5 (proche de l’ex-Séléka)

 

Entre 100 et 200 hommes armés composent ces milices du KM5, quartier limitrophe du 3e arrondissement. Leur représentant se nomme Haroun Gaye. Il est membre du FRPC (la branche de l’ex-Séléka dirigée par Noureddine Adam et Michel Djotodia). La Minusca a plusieurs fois tenté de l’arrêté, en vain. Selon plusieurs sources sécuritaires, deux autres figures sont impliquées : Abdoulaye Tidjani et Abdoulaye Hissène, un des principaux « généraux » de l’ex-Séléka.

 

Les anti-balaka de Mokom

 

L’autre groupe armé responsable des violences est une des composantes des anti-balaka. Elle est dirigée par Maxime Mokom. Ce dernier s’appuie principalement sur deux anciens membres de l’armée centrafricaine (Faca), l’ex-capitaine Eugène Ngaikosset et Olivier Koudemon (alias « Gbangouma », lui aussi ancien capitaine de l’armée). Comme Noureddine Adam, Mokom est un des signataires des accords de Nairobi.

 

Les enjeux

 

Le but commun de ces deux groupes est clair : déstabiliser les autorités de transition et rendre impossible l’organisation des élections, dont le 1er tour est pour l’instant prévu le 13 décembre. La stratégie est de provoquer la population pour l’amener à se soulever. Dans un communiqué publié le 3 novembre, le FRPC d’Adam et Djotodia a d’ailleurs rappelé que la mise en place d’une 3e transition était « un impératif incontournable ».

 

Certains observateurs estiment d’ailleurs qu’organiser un scrutin dans de telles conditions sécuritaires est illusoire.

 

Le bilan

 

Les violences inter-communautaires ont fait plus de 75 morts depuis fin septembre. Des centaines de maisons ont été incendiées selon les estimations d’associations humanitaires et de militaires sur place.

 

La situation humanitaire est préoccupante. Des milliers de Banguissois ont dû quitter leur quartier et se retrouvent dans des camps de déplacés comme celui de Mpoko qui jouxte l’aéroport. Un camp qui regrouperait aujourd’hui près de 20 000 déplacés. De nouveaux sites de déplacés ont dû être créés. Couvents et écoles ont été sollicités. Plus de 7 000 personnes sont arrivées à Bimbo, ville faisant partie de l’agglomération de Bangui.

 

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Lu pour vous : Centrafrique : tout comprendre des violences qui secouent Bangui
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