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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 19:41

 

 

 

13/11/15 (AFP)

 

Le gouvernement de transition centrafricain vient d'annoncer, après trois reports et sous la pression de Paris, la tenue des élections pour le 27 décembre dans un pays sous grande tension. Un scrutin mal préparé selon Roland Marchal, chercheur à Sciences politiques, qui craint "une descente aux enfers".

 

Question: Que pensez-vous de la tenue des élections avant la fin de l'année fixées sous forte pression de la communauté internationale, notamment de Paris, malgré de fréquents affrontements armés dans la capitale et plusieurs régions du pays?

 

Réponse: Je comprends qu'une transition doive se terminer. Mais ce qui m'inquiète, c'est le schéma de pensée consistant à croire que le jour d'après sera différent du jour d'avant. Actuellement, la réconciliation entre communautés est inexistante, et j'ai peur que la situation n'empire, après les élections. Car une fois un président élu, on quitte la transition pour entrer dans une situation irréversible, et beaucoup d'+opérateurs armés+ seront mécontents. Certes, Paris veut partir (opération militaire française Sangaris - 900 hommes), mais l'instabilité va durer longtemps. Je crains une descente aux enfers.

 

Q: Que faire avec ces groupes armés, ex-rébellion Séléka comme milices anti-balakas qui tiennent des pans entiers du pays, et s'affrontent jusque dans Bangui?

 

R: Il faut s'en occuper, car ils ont tout à perdre. Qu'ils obtiennent un minimum de choses, et je ne parle pas, comme cela a été fait pour certains, de les acheter avec quelques millions de FCFA. Entendre leurs revendications: c'est trop facile de tous les considérer comme de grands bandits. Il faut aller à la réconciliation. Prendre l'exemple de la photo, même forcée, de François Bozizé et de Michel Djotodia (son tombeur en 2013) se serrant la main pendant les pourparlers de Nairobi cette année et dire aux groupes: pourquoi pas vous?

 

Sinon, on alimentera les arguments illégitimes des extrémistes des deux camps. L'intervention actuelle est humanitaire et onusienne mais on a rien réglé politiquement, les musulmans se sentent exclus. Et la dimension internationale avec les voisins Soudan et Tchad n'est pas prise en compte. Il y a toujours une vraie menace de partition, avec les musulmans, qui, chassés de Bangui, partiraient se réfugier dans l'Est.

 

Q: Voyez-vous des personnalités politiques qui, une fois élues, pourraient porter un projet satisfaisant pour l'ensemble des Centrafricains, chrétiens comme musulmans?

 

R: La classe politique colle trop à la France, ce pays a besoin de se réveiller. Je vois trois, quatre candidats susceptibles de tenir la route, dont Martin Ziguelé, l'ancien Premier ministre et ami de la France, relativement raisonnable et propre. C'est un bon candidat, comme Anicet Georges Dologuélé, Abdou Karim Méckaouassa et Désiré Kolingba.

 

Mais ce pays pauvre a avant tout besoin d'une politique de réconciliation et d'une gestion saine: actuellement, les entreprises nationales d'eau et d'électricité sont déficitaires, personne ne paie les factures, parlementaires et membres du gouvernement en tête !

Elections en Centrafrique: un risque de "descente aux enfers" pour le chercheur Roland Marchal

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