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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 17:14

 

 

 

Afrikarabia.com  07 nov 2015 par Christophe RIGAUD

 

Rétablir un semblant de sécurité pour la présidentielle de décembre constitue « la priorité des priorités » selon l’ancien Premier ministre André Nzapayéké. Malgré les violences, la présidente de la Transition et la France souhaitent que le scrutin se tienne dans les délais.

 

A un mois de la tenue de l’élection présidentielle fixée au 13 décembre, la Centrafrique continue de s’enfoncer dans le chaos. Les affrontements sont désormais quotidiens dans la capitale, Bangui, depuis la récente flambée de violence intercommunautaire, de fin septembre. Un bilan provisoire fait état de presque 80 morts. Une situation délicate alors que le pape François doit effectuer une visite en République centrafricaine fin novembre et que des élections générales, assorties d’un référendum, doivent se tenir mi-décembre. Un contexte peu propice à des élections apaisée, que dénoncent certains observateurs internationaux, à l’instar de l’International Crisis Group (ICG), qui souhaite le report du scrutin à la mi-2016 – voir notre article.

 

« La présidente est déterminée »

 

La présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, qui souhaite voir les élections se tenir dans les délais, à taper du poing sur la table et « exhorté les forces internationales à une action vigoureuse afin que Bangui soit sanctuarisée à l’approche d’évènements importants et le pays sécurisé ». Une demande fortement approuvée par la France, qui désire se désengager rapidement du bourbier centrafricain, dans lequel 900 hommes de la force Sangaris sont engagés. Les élections peuvent-elles se tenir dans ces conditions ? Pour l’ambassadeur et ancien Premier ministre centrafricain, André Nzapayéké, les élections se tiendront coûte que coûte : « Le gouvernement et la présidente de transition feront tout pour que ces élections aient lieu. La présidente est déterminée. Mais il y aura toujours quelque chose ou quelqu’un pour saboter ces élections et tirer profit de cette guerre ».

 

« Les élections doivent rassurer les investisseurs »

 

Si le scrutin doit avoir lieu comme prévu, la priorité est donc « d’isoler les groupes armés » avec l’aide des casques bleus et de la force Sangaris. « Les forces armées centrafricaines sont en pleine reconstruction et nous avons absolument besoin des forces internationales ». Si les élections peuvent paraître précipitées pour certains, selon André Nzapayéké, elles doivent avoir lieu rapidement pour pouvoir tourner la page de la transition et régler le conflit centrafricain. « Le conflit est avant tout politique et nous avons besoin de ces élections pour mettre en place le plus vite possible une stratégie afin de régler les problèmes politiques et les questions de fond comme l’exclusion, la mal-gouvernance… Les élections doivent aussi rassurer tout le monde et notamment les investisseurs qui sont les seuls capables de ramener de l’emploi et du travail pour nos jeunes en Centrafrique » analyse l’ex-Premier ministre.

 

« La sécurité… c’est une urgence »

 

Mais le temps presse à Bangui pour tenir les délais d’organisation des scrutins. Et si les violences perdurent, le calendrier pourrait glisser. « La priorité des priorités c’est donc la sécurité » martèle l’ancien Premier ministre. « Il faut pouvoir installer les bureaux de vote, faire campagne… c’est une urgence ». Le défi logistique à relever est « colossal en si peu de temps » nous confie une source centrafricaine, qui pense que le second tour de la présidentielle, prévu le 22 janvier 2016, pourrait servir de « solution de repli » si le premier tour ne pouvait pas se tenir mi-décembre. Une hypothèse inenvisageable pour l’instant à la présidence centrafricaine… et à Paris.

 

Christophe RIGAUD – Afrikarabia

 

Centrafrique : « la sécurité est une urgence avant les élections » : André Nzapayéké

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