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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 22:21

 

 

07/10/15 (Paris-Match)

 

Gallianne Palayret, fonctionnaire de l'ONU qui a rédigé l’an dernier un rapport accusant les soldats français de l'opération Sangaris de viols pédophiles, révèle que l'armée était au courant depuis mai 2014.

 

L’auteure du rapport qui a permis la révélation de viols d’enfants par des soldats français en Centrafrique sort de l’ombre. Six mois après que l’affaire a éclaté, Gallianne Palayret, officier des droits de l'homme pour l'ONU, pointe du doigt les mensonges de l’armée, et exprime son étonnement, du fait qu’elle n’ait pas encore été entendue dans l’enquête, alors qu’elle est la première à avoir recueilli les témoignages des victimes. En effet, Gallianne Palayret -qui s'est exprimée au micro de France Info et dans «Envoyé Spécial» sur France 2- est arrivée en mars 2014 à Bangui. Très vite, elle a été alertée par une ONG qui travaille sur le camp de déplacés de M'Poko, des soupçons d’atrocités commise. Bangui était alors en plein cœur d’une guerre civile opposant les milices chrétiennes anti-Balaka et les musulmans de la Séléka. Les civils avaient fui la ville par milliers pour se réfugier à l’aéroport de M’Poko. C'est là que des enfants auraient été abusés par des militaires de l’opération de maintien de la paix Sangaris, en échange de rations de nourriture.

 

Accompagnée de personnel de l'Unicef, elle rencontre au total six garçons, âgés de 9 à 13 ans. Ils leur racontent avoir été violés principalement à des check-points, derrière des «sacs de sable plus hauts» qu’eux… «Un petit garçon m'a expliqué avec ses mots qu'un militaire lui avait demandé de le masturber», relate-t-elle. Immédiatement, la fonctionnaire de l’ONU décide d’agir. Elle veut «prévenir tout abus futur». En mai, elle prend donc contact avec l’état-major de la force Sangaris, à Bangui. «Je leur ai demandé de mettre plus de contrôles à ces endroits et en général d’être attentifs à ce qui se passait dans le camp et autour du camp». L’humanitaire a l’impression d’être «prise très au sérieux». «Ils m’ont tout de suite dit qu’ils allaient informer Paris, mettre plus de patrouilles, et que si cela était avéré des sanctions seraient prises. Ils ont été très surpris, mais aussi très professionnels dans la réponse», assure-t-elle. Aujourd’hui, Galliane Paleyret ne sait pas si ces contrôles ont bien été mis en place. Pis, l’armée refuse de confirmer qu’elle était au courant depuis mai 2014, et non juillet comme elle l’avait indiqué.

 

L'ARMÉE NE CONFIRME PAS

 

Rappelons que ce rapport, intitulé «Abus sexuels sur des enfants par les forces armées internationales» a été transmis à l’ONU dans la foulée et est resté top secret avant de «fuiter» le 29 avril dernier dans le quotidien britannique «The Guardian». Contrarié par le manque de réactivité de Genève, Anders Kompass, directeur des opérations du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, avait pris l’initiative d’envoyer une copie aux autorités françaises. C’est ainsi que le ministère de la Justice se serait saisi du dossier dès juillet 2014. L’ONU et le ministère de la Défense affirment avoir pris l’affaire au sérieux dès le début. «Si les faits sont avérés, je ne mesurerai pas ma colère, parce lorsque le soldat français est en mission, il est la France. Si, d'aventure, un seul d'entre eux a commis de tels actes, qu'il se dénonce immédiatement», avait tonné Jean-Yves Le Drian. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a toutefois lancé une enquête externe indépendante sur la façon dont l'organisation internationale a géré cette affaire.

 

De son côté, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire. Quatorze soldats ont été mis en cause, dont trois ont été identifiés par l'enquête. Mais il a fallu attendre juillet 2015, pour que la gendarmerie prévôtale, chargée des investigations concernant les forces militaires françaises engagées à l’étranger, se déplace à Bangui. Galliane Palayret, elle, n'a toujours pas été sollicitée. «Une demande a été faite à l’ONU afin de m’entendre, rapporte-t-elle. L’ONU, dans une lettre du 13 juillet, a autorisé la levée de mon immunité diplomatique, pour que je puisse être entendue par les autorités françaises, mais à ce jour (1er octobre 2015, ndlr) je n’ai encore reçu aucune convocation formelle», s’étonne-t-elle. Si Gallianne Palayret témoigne aujourd'hui, c'est parce qu'elle a obtenu des Nations unies le statut de «lanceur d'alerte» qui la protège et la rend libre de parler.

 

 

Soupçons de viols en Centrafrique: L’armée française sait-elle depuis mai 2014?

 

ENQUETE 

 

Officier des droits de l’homme pour l’ONU, la Française Gallianne Palayret assure à «France Info» avoir alerté l’armée française dès le mois de mai 2014…

 

« Si les faits sont avérés, je ne mesurerai pas ma colère, parce que lorsque le soldat français est en mission, il est la France. Si, d’aventure, un seul d’entre eux a commis de tels actes, qu’il se dénonce immédiatement ! » Nous sommes le 2 mai 2015 quand Jean-Yves Le Drian s’exprime ainsi dans les colonnes du Journal du Dimanche.

 

Les faits : Des soldats français soupçonnés de viols sur des enfants

 

Le ministre de la Défense est alors obligé de réagir, fermement, après la révélation de soupçons de viols qui auraient été commis par des soldats français sur des enfants lors de la mission Sangaris en Centrafrique.

 

Le but était de « prévenir tout abus futur »

 

Mais le ministre était-il au courant de cela depuis plus d’un an ? C’est ce que laisse entendre, ce mercredi, Gallianne Palayret sur les ondes de France Info. Officier des droits de l’homme pour le compte de l’ONU, c’est cette Française qui a révélé les faits dans un rapport repris par The Guardian.

 

Si son rapport n’a été publié qu’en avril 2015, elle assure pourtant, ce mercredi, avoir prévenu l’état-major de la force Sangaris à Bangui (Centrafrique) dès le mois de mai 2014, afin de « prévenir tout abus futur ».

 

« Ils ont dit qu’ils allaient informer Paris »

 

« Ils m’ont prise très au sérieux, ils m’ont tout de suite dit qu’ils allaient informer Paris, mettre plus de patrouilles, et que si cela était avéré des sanctions seraient prises. Ils ont été très surpris, mais aussi très professionnels dans la réponse. »

 

Justice : Deux magistrats vont interroger les enfants centrafricains

 

« A ce jour l’armée a seulement reconnu être informée en juillet 2014, grâce à une "fuite" du rapport de Gallianne Palayrat », assure France Info, tout en précisant que le ministère de la Défense n’a pas voulu réagir à ces nouvelles révélations, renvoyant vers l’enquête judiciaire au cours de laquelle quatorze soldats ont été mis en cause, dont trois formellement identifiés.

 

 

Centrafrique – La Grande Muette enfouit ses crimes

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/  Lutte Ouvrière n°2462  7 octobre 2015

 

L’armée française en Centrafrique est de nouveau impliquée dans une affaire d’abus sexuel et une enquête a été ouverte au début du mois de septembre. Il s’agit d’une jeune adolescente qui a donné naissance à un enfant en avril dernier et accuse un soldat de viol. Ces faits suivent de près les accusations portées contre quatorze soldats français accusés de viols et d’abus sexuels sur des enfants âgés de 9 à 13 ans.

 

L’armée française est intervenue sous couvert de l’ONU en décembre 2013 en Centrafrique, prétendument pour empêcher les nombreuses exactions des bandes armées rivales. Hollande prétendait même « éviter un génocide ». En fait, elle s’est contentée d’assister sans broncher aux massacres perpétrés par les milices chrétiennes. D’après un enquêteur de l’ONU, interrogé par Le Monde sur les viols commis par les soldats français sur les enfants, ces exactions sont fréquentes. Mais, selon ce dernier, «l’enquête était potentiellement explosive et nous avions besoin de troupes, et en particulier des Français, et tous les contingents ont commis des abus sexuels ». L’ONU ne s’est donc pas précipitée pour faire éclater la vérité. Quant à l’armée française et à sa justice, elles ont tout fait pour enterrer l’affaire.

 

En effet, lorsque le journal britannique The Guardian a publié le rapport secret de l’ONU en avril 2015, il a révélé du même coup que la justice française avait été saisie neuf mois auparavant et s’était empressée de ne rien révéler au gouvernement centrafricain. Depuis, rien, officiellement du moins, n’a avancé. Les soldats incriminés sont toujours inconnus et cette affaire risque de tomber dans les oubliettes, comme celle de ce nouveau viol.

 

Malgré toutes les belles paroles sur la défense de la démocratie, l’armée française se comporte en Centrafrique comme n’importe quelle armée d’occupation, avec les exactions qui vont avec.

 

Aline URBAIN

Lu pour vous : Viols en Centrafrique: la "lanceuse d'alerte" brise le silence
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