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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 21:32

 

 

http://lesechosdufaso.net/  octobre 20, 2015 - 

 

Le mot transition est rentré dans les mœurs politiques africaines à la faveur de situations de plus en plus chaotiques dans les Etats. Comme en Centrafrique, les discours n’arrivent plus à couvrir la réalité dramatique sur le terrain.

 

On n’a plus honte sur ce continent. Comment dire les choses autrement? Le Burkina Faso, Etat honteux pendant deux semaines, s’est donné en spectacle à la faveur de son dernier coup d’Etat. Comme si l’exception d’une situation de transition ne suffisait pas à son ridicule politique, l’avant-dernier pays du monde sur l’indice de développement serait presque fier de ce qui fait en réalité notre honte. On est pauvre et arriéré sur tous les plans, mais au lieu de faire de nos priorités la cohésion sociale, la paix et le développement, on se paie le luxe de jouer les héros dans des situations chaotiques faussement historiques. Comme en République centrafricaine, le ridicule ne fait que changer de costume ou de treillis.

 

Une Présidente de la Transition en République centrafricaine comme nous avons notre transition à nous au Burkina Faso. Après Sankara qui se voulait réaliste au point de faire rire les contempteurs de sa Révolution, nous avons eu droit à notre grande époque de Ouaga 2000, Bobo 2010 (allez voir les constructions, svp), nos échangeurs, sous le règne éclairé du grand président Blaise Compaoré; l’incontournable président dans la sous-région, après Houphouët-Boigny de Yamoussoukro…


En République de Centrafrique, le ridicule remonte à Jean Bedel Bokassa et semble se poursuivre de nos jours dans des massacres inter-centrafricains pour des raisons politiques. Ce n’était pas un sot, Jean Bedel Bokassa; c’était même un militaire de l’armée française, «un soudard» certes, selon les termes de De Gaule qu’il vénérait, mais aussi un ingénieur agricole bien formé à l’école coloniale. Mais la Centrafrique et l’ex-métropole n’ont pas trouvé mieux à son époque que de soutenir la bouffonnerie politique qui alla jusqu’au sacre honteux de l’empereur. Plus d’un demi-siècle après, voilà où en est cette riche partie de notre continent, largement pillée par les Français avec une pointe spéciale sous Giscard D’Estaing, cerveau politique français qui n’a pas fini de servir les siens, puisqu’il est un des pères modernes de l’Union européenne.

 

Si la Transition burkinabè (qui s’en sort assez bien de façon générale) ne comprend pas qu’en soi, c’est une honte de gouverner par période de crises successives dans un pays extrêmement pauvre, elle faillira à sa mission et le Burkina Faso finira par s’empêtrer dans une période de disputes post-électorales.

 

A une époque où le discours politique a remplacé l’efficacité sur le terrain du développement socioéconomique, où trouver des agents de développement si nos politiciens ne troquent pas leurs costumes et treillis contre des vêtements réalistes? Le «m’as-tu vu» politicien n’a que trop duré et l’information a le droit d’aller plus loin que le colportage de fausses images qui ferme les yeux devant la réalité qui intéresse vraiment les peuples: un réel développement humain durable et un bien-être social des personnes et des familles, dans un contexte de paix.


Thomas Niger

Lu pour vous : Evolutions politiques en Afrique: la République centrafricaine est emblématique

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