Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 03:19

 

 

 

Par ledjely.com le 30 octobre 2015

 

La crise centrafricaine serait-elle devenue insoluble ? Cette question, il faut bien se la poser, avec les flambées de violences qui y sont enregistrées de manière récurrente. Ainsi, après un regain de tension qui, en fin septembre, avait fait de nombreuses victimes, y compris parmi les humanitaires, la journée d’’hier a également été émaillée de turbulences. Le quartier du PK5, enclave musulmane de Bangui, cristallise toujours la haine inter-confesssionnelle que les oiseaux de mauvais augure s’efforcent d’instrumentaliser pour avoir raison de la transition chancelante. Les instigateurs de la manœuvre demeurent dans l’ombre, mais il est évident qu’ils n’ont aucun intérêt à la pacification du pays et au retour à l’ordre constitutionnel.

 

Au vu des violences à répétition qui éclatent en Centrafrique, il ne sert à rien de se cantonner en la description fidèle et plutôt simpliste des drames qui se vivent notamment à Bangui. Si l’on veut stopper la spirale de décompte macabre que connait ce pays depuis la chute de François Bozizé, on devrait s’efforcer de trouver les démons qui, au-delà des bouc-émissaires et des faire-valoir, s’acharnent sur cette portion décidément maudite du continent africain. Parce qu’en réalité, il ne s’agit pas là de troubles occasionnés par de petits voyous qui chercheraient juste à provoquer une situation leur permettant de se remplir les poches. C’est d’un plan aux enjeux énormes et aux acteurs très haut placés dont il s’agit.

 

Deux pistes sont alors possibles et mêmes probables. Une première voudrait que ces violences récurrentes soient alimentées par des acteurs redoutant leur éloignement du centre de décision, mais qui ont cependant conscience qu’ils n’ont aucune chance avec des élections libres, crédibles, transparentes et apaisées. Les manœuvres ainsi en cours seraient destinées à remettre en cause le processus de transition avec comme objectif ultime de détrôner la présidente Catherine Samba Panza. L’idée serait de mettre à profit la confusion qui s’en suivrait pour placer dans le processus des hommes qui pourraient, au moment opportun, jouer des rôles à eux assignés. Selon ce premier scénario, les violences actuelles pourraient être nourries et entretenues par aussi bien les Seleka que les anti-Balaka, si ce ne sont les deux qui se mettent dans une sorte d’alliance dictée par les intérêts convergents de l’heure.

 

La seconde hypothèse dont l’objectif est identique à celui du précédent scénario serait que toutes ces violences aient pour causes ultimes des intérêts économiques dont les ramifications toucheraient jusqu’à des multinationales à travers le monde. Au centre de l’enjeu, se trouveraient alors des réserves pétrolières dans la zone frontalière entre la RCA et le Tchad. Comme cela se passe actuellement en Libye et comme ça l’est très souvent dans l’est de la RDC, on sait que les troubles sociopolitiques sont plutôt propices à l’exploitation clandestine des ressources naturelles des pays africains. Au-delà des déclarations de principe, les multinationales avec l’appui explicite ou l’autorisation tacite des grandes puissances, peuvent faire ce qu’il faut pour ne pas que les pays africains, riches en ressources du sol et du sous-sol, soient dotés d’Etats forts qui soient capables d’exercer leur souveraineté effective sur l’ensemble de leurs territoires respectifs. Logiquement, dans ce cas aussi, il serait compréhensible que le probable retour à l’ordre constitutionnel soit perçu avec une certaine appréhension.

 

Ces éventuelles raisons au caractère interminable de la crise centrafricaine, les autorités ont l’impérieuse nécessité de les identifier et de les affronter avec courage et détermination. Autrement, les morts continueront à s’amonceler à Bangui et dans les autres régions du pays et le fossé entre musulmans et chrétiens, à se creuser sans cesse.

 

Boubacar Sanso Barry 

Lu pour vous : CENTRAFRIQUE : Le démon dans les parages

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com