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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 01:34

 

 

Par RFI 20 10 2015 à 00 h 35

 

Dimanche 18 octobre, la vice-présidente du Conseil national de transition (CNT) centrafricain ainsi que plusieurs membres des forces de l'ordre ont été victimes d’un bref kidnapping par un groupe de miliciens anti-balaka. Le même jour, les mêmes miliciens ont également braqué et retenu pendant plusieurs heures, sept Casques bleus de la Minusca. Une Minusca notamment critiquée par les camionneurs pour son manque de réactivité face aux attaques.

 

Le téléphone de Léa Mboua Doumta, la vice-présidente du Conseil national de transition, n'arrête pas de sonner. « Mais oui, je vais bien », répond-elle inlassablement, ponctuant sa phrase d'un grand éclat de rire avant de reprendre son sérieux. « Ce qui m'inquiète, dit-elle, c'est plutôt de voir que des bandits désarment les gens censés nous protéger ».

 

Dimanche, sept soldats de la composante police de la Minusca, qui se dirigeaient vers Bangui, ont été braqués par une cinquantaine d'hommes armés. Devant un tel rapport de force, ils n'ont rien pu faire.

 

Léa Mboua Doumta a assisté à presque toute la scène. « Pendant qu'on était en pourparlers, les éléments des anti-balaka sont venus signaler à leur chef qu'il y avait un véhicule des Casques bleus qui arrivait. Alors tout de suite ils nous ont laissés et après on a entendu des coups de feu et nous avons vu le véhicule. Ils ont pris le chauffeur du véhicule, un véhicule UN. Il est rentré dans la brousse sous les menaces des anti-balaka. Ils ont fait descendre les Casques bleus, ils les ont désarmés. Quelque temps après nous avons vu les Casques bleus, ils n'avaient plus les casques bleus sur la tête. Quelques temps après, c'est un anti-balaka qui a mis le casque sur la tête et qui se pavanait avec. »

 

Les Casques bleus, tout comme les gendarmes centrafricains également enlevés dimanche et le convoi de la vice-présidente du CNT, ont finalement tous été relâchés sans violence.

 

Léa Mboua Doumta s'alarme du banditisme croissant sur les routes de l'arrière-pays depuis les violences du 26 septembre. « Pas un seul soldat onusien ni centrafricain sur près de 100 kilomètres, dit-elle, les seuls hommes armés que j'ai croisés, ce sont les miliciens ».

 

La colère des camionneurs

 

Une insécurité dont se plaignent les camionneurs. Une route en particulier cristallise les dangers : celle qui relie Bangui à la frontière camerounaise, le principal axe de ravitaillement de la capitale. Pour les convois de camions, pas question de l'emprunter sans escorte. Et même la présence des Casques bleus n'empêche pas les attaques.

 

Thibault, cadre dans une société de transport qui fait la rotation chaque semaine, déplore l’évolution de la situation. « Honnêtement la route est devenue très très dangereuse. A l’époque où les Sangaris officiaient encore au niveau de l’escorte, on avait moins de problèmes. Les convois n’étaient presque jamais attaqués. Depuis l’arrivée du contingent bangladais qui a remplacé le contingent camerounais et burundais, nous faisons face à de multiples agressions. En moins de deux mois, j’ai pu compter six décès. »

 

Les chauffeurs sortent d'une grève de trois semaines pour demander plus de sécurité pour les convois. Ils dénoncent en premier lieu l'absence de réactivité des Casques bleus chargés de leur protection.

 

« Tout le long de la route, il n’est pas souhaitable que vous ayez une crevaison, parce qu’en cas de crevaison, le convoi vous abandonne. […] Ils [Les Casques bleus] nous disent qu’ils ne sont pas autorisés à tirer sur les populations bien que celles-ci viennent attaquer les chauffeurs avec des armes et finissent par emporter toute la cargaison. »

 

 

NDLR : On est sidéré de voir une situation aussi ubuesque où des casques bleus se font désarmer et humilier par des anti-balakas qui revêtent leurs casques bleus. C'est la preuve que c'est la Minusca qui fait que les anti-balakas se permettent tout et se croient tout-puissants

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