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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 18:35

 

 

Par Pierre Pinto RFI 21-10-2015

 

En Centrafrique, les casques bleus deviennent-ils une cible de choix pour les groupes armés ? Il y a quelques jours, sept casques bleus ont été attaqués à Boali par un groupe d'anti-balaka, sous les yeux de la vice-présidente du Conseil national de transition (CNT), Lea Doumta qui avait été kidnappée par ces mêmes anti-balaka. Le chef d'état-major de la force de la Minusca, le général Jacques de Lapasse, revient sur cet épisode au micro de Pierre Pinto.

 

RFI : Comment en est-on arrivé à une telle situation à Boali ?

 

Général Jacques de Lapasse : Ce fait particulier résulte d’une imprudence. Les casques bleus qui ont pris la route groupés, mais seuls. Alors que les consignes sont très claires : on doit se déplacer sur cet axe que dans le cadre, soit d’un convoi, soit escorté. Et ce résultat fait l’objet d’une enquête, de manière à déterminer pourquoi cette négligence a eu lieu.

 

Mais les attaques de Casques bleus par des groupes armés se multiplient depuis plusieurs mois. Comment est-ce que vous expliquez ce phénomène ? Est-ce que ça veut dire que la force onusienne n’est pas ou n’est plus dissuasive ?

 

Je pense que c’est l’inverse. C'est-à-dire que la force a changé de posture depuis les derniers événements et est devenue plus réactive. Et de ce fait, elle devient maintenant la cible des différentes attaques, que ce soit en ville, que ce soit sur la MSR (main supply road, route d’approvisionnement) ou sur les MSR, puisqu’on a trois MSR sur la Centrafrique. Donc, on dérange les gens qui voudraient semer le trouble dans ce pays.

 

Il y a quelques jours sur RFI, un transporteur se plaignait de l'inaction d’un contingent bangladais chargé de ces escortes sur la route du Cameroun.

 

Je pense que c’est essentiellement un problème de communication. Les transporteurs n’apprécient pas de travailler avec des Bangladais qui ne sont pas francophones. Donc les Bangladais font des efforts, ils ont des interprètes, mais ils font très bien leur travail. Les Bangladais font leurs escortes de façon très professionnelle. A chaque fois que les convois sont agressés, ils ripostent, ils mettent en fuite les agresseurs. Et pour améliorer la communication et sous prétexte qu’effectivement les Bangladais ne faisaient pas bien leur travail, les transporteurs ont demandé ce que les escortes soient mixtes avec d’autres contingents africains. Les escortes sont mixtes, mais ça n’empêche pas les attaques. Le professionnalisme du contingent qui est en charge de l’escorte n’est absolument pas remis en cause.

 

Est-ce que le mandat des casques bleus de la Minsuca est suffisamment robuste ou faut-il revoir les règles d’engagement ?

 

La semaine dernière, les gens d’un groupe armé menaçaient de descendre sur Bangui. On leur a signifié de s’arrêter et de faire demi-tour. On leur a donné une ligne rouge, ils ont franchi la ligne rouge. Ils ont été neutralisés par une action commune de la force militaire et de Sangaris. Et ces gens-là ont compris le message, ils ont fait demi-tour. On a un mandat suffisamment robuste et sur la MSR, c’est la même chose. Lorsque les convois sont attaqués, les escortes ripostent et régulièrement les assaillants paient le prix fort. La semaine dernière, nous avons tué et blessé plusieurs assaillants. Maintenant, leur volonté demeure, mais la nôtre aussi.

Général Jacques de Lapasse  « La Minusca dérange ceux qui veulent semer le trouble »

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