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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 14:02

 

 

Concertation Elargie des Plateformes,

 

Partis, Associations Politiques et

 

Personnalités Politiques Indépendantes

 

DECLARATION RELATIVE A L’ADRESSE A LA NATION DU 30 SEPTEMBRE 2015 DE LA PRESIDENTE INTERIMAIRE

 

 

Suite aux tragiques événements qui ont secoué notre pays et causé plus d'une quarantaine de morts, près de 30 000 déplacés internes supplémentaires et de très importantes destructions de bien meubles et immeubles, la Présidente Intérimaire a fait plusieurs déclarations à la presse, dont le point culminant est son adresse à la nation, le 30 septembre 2015.

Cette adresse,  a retenu notre attention sur deux points, à savoir l'accusation de l'existence d'un coup d'Etat et l'ouverture d'une concertation entre les forces vives de la nation.

1. Sur l'accusation de coup d'Etat.

La Présidente Intérimaire a cru devoir accuser  "certains politiques, dignitaires de l'ancien régime" qui seraient dans la nostalgie d'un pouvoir à jamais perdu, auxquels s'ajouteraient tous les partis politiques qui exigent une troisième transition.


Il convient de rappeler à ce sujet les mots justes du Général De Gaulle, accusé en son temps d'avoir fomenté un coup d'Etat: "pour faire un coup d'Etat, il faut un coup et il faut un Etat. Il n y a ni l'un ni l'autre".


Aujourd'hui en République Centrafrique  l'Etat, c'est à dire l'armée, la souveraineté sur un territoire protégé,  la maîtrise de la diplomatie, etc…l'Etat donc, a disparu.


Comment donc résoudre la quadrature du cercle qui consiste à faire un coup d'Etat contre quelque chose qui n'existe pas?

C'est désormais un grand classique des discours de la Présidente Intérimaire, une absence totale de remise en question et de contrition.


Gouverner, c'est être responsable et l'enfer ne saurait être exclusivement les autres.

Une lecture plus sereine des événements eut permis de noter l'abîme qui sépare désormais le Peuple Centrafricain de la transition actuelle, sans que ce peuple n'ait eu besoin de qui que ce soit pour l'exprimer dans la rue, face à l'abandon.

Le décompte de ce désamour est terrifiant.  Toutes les organisations emblématiques de la société Centrafricaine ont désormais exprimé leur défiance, de  la plus importante organisation des femmes en passant par celle des jeunes, les étudiants, sans oublier les groupes politico-militaires.

A cela s'ajoute notre concertation, c'est à dire 90% des partis et associations politiques du Centrafrique. Bien évidemment, la transition peut travailler avec les 10% restant. Tant qu'à faire, puisque l'on est minoritaire, pourquoi ne pas travailler avec la minorité.

Ultime anachronisme, comment affirmer que certains partis ne représentent rien et les accuser cependant  d'avoir mobilisé un nombre incalculable de Centrafricains pour une insurrection populaire?

2. Sur la concertation entre toutes les forces vives de la nation.

Dans son adresse à la nation, en citant les forces vives de la nation, la  Présidente Intérimaire a ouvert une parenthèse pour y inclure les partis politiques, les syndicats, les religieux, les groupe armés.

Il convient de signaler qu'il s'agit là d'une erreur révélatrice. S'il est vrai, et nous l'avons dit,  qu'aucune solution viable n'est envisageable sans l'inclusion des groupes armés, du fait de la nature de la crise, ces derniers ne peuvent être considérés comme membres des forces vives de la nation. Il faut donc citer les forces vives de la nation, ensuite les groupes armés.

La Concertation salue l'initiative mais pose deux conditions, sans lesquelles cette concertation annoncée ne serait qu'un deuxième forum de Bangui, c'est à dire une vaste escroquerie politique dont le but essentiel était la prorogation de la transition.


-cette concertation doit être inclusive, c'est à dire ouverte à tous les Centrafricains à même d'apporter leur contribution à la cause de la paix et de la réconciliation nationale.


-les sujets à aborder doivent être connus d'avance, pour éviter la politique du fait accompli dont est coutumière la transition.

En tout état de cause, au delà du 30 décembre, la transition prendra officiellement fin.


Les autorités intérimaires actuelles n’auront alors plus la légalité pour agir au nom et pour le compte du peuple, elles qui ont déjà perdu la légitimité.

 

Seul un accord politique discuté librement par les Centrafricains permettrait de recueillir la légalité nécessaire à la gestion de cette période qui s'ouvre jusqu'aux élections, aucun sujet
ne devait relever du tabou.


Fait à Bangui, le 3 Octobre 2015


Pour le Présidium de la Concertation


Maître Crépin Mboli-Goumba


Porte-parole

DECLARATION RELATIVE A L’ADRESSE A LA NATION DU 30 SEPTEMBRE 2015 DE LA PRESIDENTE INTERIMAIRE

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