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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 01:14

 

 


Bangui, 14 Octobre 2015

 

PROPOS LIMINAIRE

 

Mesdames et Messieurs.


Distingués Invités en vos rangs et grades.

 

Le 26 septembre de cette année, une fois de plus, mort et désolation avaient frappé des centaines de familles centrafricaines. Comme-ci cela ne suffisait pas, depuis quelques jours, à moins de 200 Km de Bangui, des bruits de bottes se font à nouveau entendre, semant comme d’habitude mort et destruction sur leurs passages.
Hier encore une partie du 3ème arrondissement a été mise en débandade avec des pertes humaines et matérielles.

Je voudrai vous demander d’observer une minute de silence en mémoire de nos frères et sœurs dont la vie fut arrachée au cours de ces évènements.


Merci.


Mesdames et Messieurs,


Notre pays traverse la période la plus sensible de son existence. Cette singularité exige que l’on fasse recours à l’histoire et à la réalité afin de mieux projeter les solutions capables de relancer la République. C’est une exigence existentielle. Autrement, nous vendrions de dangereuses illusions hypothéquant toute possibilité de redressement. L’heure est grave et nous devrons être à la hauteur des attentes et doléances légitimes du peuple Centrafricain exprimées lors des consultations populaires à la base et au Forum National de Bangui.

 

Je suis donc ici au nom de ce peuple dont le droit à la vie est mis en charpie depuis plus de deux décennies. 

 

Je suis ici au nom des milliers de nos compatriotes dont la vie fut arrachée à cause de cette crise.

 

Je suis ici au nom de cette jeunesse dont l’espoir est otage de cette crise et de ses manifestations.


Je suis ici au nom de notre communauté de destin.

 

Mesdames et Messieurs


Avant d’aborder les sujets d’actualité, j’aimerai préciser que les principes fondamentaux qui encadrent la prise de position du Rassemblement Démocratique Centrafricain et qui constituent la matrice de son offre politique sont :


- La justice pour le rétablissement de l’ordre, le respect des principes, des symboles et des valeurs de la République ainsi que des droits ;


- Le dialogue pour la création ou l’amélioration des espaces d’échange afin de favoriser le retour à l’acceptation de la communauté de vie ;


- Le pardon pour le retour de la paix, gage de l’unité nationale, de l’équité et de la cohésion sociale. 


Le parti dont je suis le Président et qui m’a investi comme son Candidat à la prochaine élection présidentielle, s’oppose à toute forme d’instabilité institutionnelle. Il milite pour un processus électoral de qualité, conforme au code électoral dont l’aboutissement ne devra pas être l’occasion pour une nouvelle implosion de la République Centrafricaine.


Notre pays est en train de glisser vers une anarchie intégrale, laquelle a révélé plus d’éléments d’instabilité que ceux que soutendaient les résultats des consultations nationales. S’agissant là aussi d’une autre source de crise, nous ne devons faire l’économie d’aucun effort afin que les futures élections soient Transparentes, de Qualité et Incontestables.


Il convient malheureusement de relever que les évènements du mois de septembre 2015 et les colonnes armées qui fondent sur Bangui confortent la pérennisation de la crise du 23 mars 2013 dont aucun début de solutionnement n’est effectif malgré la présence des forces internationales sous résolution des nations-unies et la pléthore d’initiatives demeurées en majeure partie infructueuse jusqu’à ce jour. Au-delà d’une crise politique, la crise centrafricaine est aussi et surtout sécuritaire, sociale, sociétale et économique.


Faire une fixation sur un seul des aspects de la crise, c’est non seulement minorer son ampleur mais c’est surtout vouloir qu’elle s’éternise. Au nom de nos souffrances communes et de notre histoire, le Rassemblement Démocratique Centrafricain demande donc que ne soit pris en compte que le destin de la République et de ses enfants.


Mesdames et Messieurs.


L’actualité Nationale de ces dernières semaines s’articule autour de trois points :


1. La crise du 26 septembre etles Colonnes armées qui marchent sur Bangui ;


2. Le Projet de Concertation de la Chef de l’Etat de Transition avec les Forces Vives de la Nation ;


3. Le Nouveau Chronogramme électoral.

 

I : La Crise du 26 Septembre 2015


Une violence inouïe, des dizaines de morts, des pillages et des milliers de déplacés. En quelques heures, Bangui la Coquette jadis ville de SIRIRI a sombré dans l’horreur absolue. Un évènement isolé et c’est toute l’agglomération qui est par terre avec des conséquences au niveau national. Ce déchaînement de violence indique les limites des efforts nationaux et internationaux faits pour rendre étanche la sûreté des personnes et des biens. Il est aussi le miroir du déficit de la gestion rigoureuse du désarmement des forces non-conventionnelles, de l’injustice et de l’impunité chronique devenue la denrée servie à tour de bras au peuple centrafricain. Il faut bien que l’on mette un terme à cette pratique.


II : Le Projet de Concertation de la Chef de l’Etat de Transition avec les Forces Vives de la Nation


A son retour de New York et face à l’ampleur de la dernière crise et son impact sur le processus politique et de réconciliation, la Chef de l’Etat de la Transition a émis le vœu qu’une concertation ait lieu avec les forces vives. 


Tout en saluant l’initiative, le Rassemblement Démocratique Centrafricain formule les vœux qu’à l’issue de cette concertation que les différentes résolutions seront effectivement mises en œuvre pour redonner confiance au peuple et le préparer à la tenue des prochaines échéances électorales.


III : Le Nouveau Chronogramme électoral


Ici et là, l’ivresse du nouveau chronogramme électoral s’est emparé de nos esprits. On oublie la tragédie qui se déroule sous nos yeux. Les dizaines de barrières revenues sur les routes. Les expéditions armées qui reprennent de plus belle. Le redéploiement de l’administration et la réunification territoriale du pays qui demeurent une simple vue de l’esprit. La présence de la gendarmerie et de la police qui n’est effective qu’à Bangui.

Mesdames et Messieurs, 


D’un commun accord, nous nous sommes dotés d’un code électoral déjà réviséet ceci, en méprisant certaines réalités du terrain comme l’insécurité, l’impraticabilité du réseau routier, les déplacements de population et l’absence de la réunification territoriale du pays. Malgré ces limites, ce code électoral revisé demeure à l’heure d’aujourd’hui, l’unique cadre légal dans lequel des élections peuvent être organisées. Au nom de quoi devrions-nous donc sacrifier cette légalité ? Qui sécurisera le processus électoral lorsqu’on sait que toutes les forces belligérantes ont conservé intacte leurs capacités de nuisance ?


La définition d’un nouveau chronogramme électoral doit non seulement se faire de manière consensuelle mais aussi et surtout répondre aux impératifs suivants :


a) Strict respect du code électoral révisé ;


b) Relèvement du défi sécuritaire ;


Sans la prise en compte de ces deux paramètres majeurs, toute élection organisée dans le contexte actuel ne résoudra pas la crise centrafricaine. Pire, elle l’aggravera. Nous ne le disons pas pour l’histoire, nous le disons pour qu’ensemble nous ayons dès maintenant le courage d’opérer les bons choix qui permettront la pacification de notre pays et sa relance effective.


Mesdames et Messieurs,


Je ne saurai terminer ces propos sans parler du 31 décembre 2015 :


En 1992, lorsque le 1er tour des élections fut annulé, les acteurs de l’époque s’étaient entendus et un nouveau cadre institutionnel fut mis en place, assurant la continuité de l’état. Cela avait permis d’organiser une année plus tard des élections qui ont permis la première et l’unique véritable alternance politique et démocratique de l’histoire de notre pays.


Aujourd’hui le contexte n’est pas le même, comme je l’ai précisé en amont, il est hautement souhaitable que la stabilité des institutions de la transition soit préservée pour éviter des crises surabondantes. 


En émettant ce vœu, je reste conscient de la problématique de la prorogation ou non, de la période de la transition au-delà du 31 décembre 2015. L’arithmétique politique, sans appel, nous fait entrevoir le voile de l’inconnu que cache cette date. C’est ici le lieu de dire que nous devons prendre notre destin en mains et faire appel au génie centrafricain pour transcender les considérations parfois subjectives afin de faire renaître dans les cœurs et les esprits de nos concitoyens la lueur d’espoir nécessaire à la survie de notre peuple. De cette lueur dépendra la détermination de chacun d’entre nous à ne pas se laisser gagner par le désespoir et sombrer dans les profondeurs de la fatalité.


Enfin, je rappelle que le désarmement des forces non-conventionnelles et les détenteurs illégaux d’armes de guerre doit se faire dans les meilleurs délais pour rassurer et mettre en confiance le peuple. C'est pourquoi, je voudrai saluer le discours de fermeté tenu par le chef de l’état de la Transition de son retour de New York à ce propos. Je l’exhorte ainsi que l’ensemble du gouvernement de transition et les forces internationales à matérialiser cette volonté pour le plus grand bien du peuple centrafricain.


On le voit, l’histoire nous enseigne que lorsque nous le voulons, nous faisons les choix nécessaires qui nous conduisent à préserver l’essentiel à savoir la nation et le pays. C’est pourquoi en appelant de tous mes vœux à la tenue des élections pour le retour à l’ordre constitutionnel, j’exhorte à plus de réalisme et de considération pour un peuple suffisamment meurtri qui n’aspire qu’à la paix.


L’histoire de la République Centrafricaine n’est pas vide de sens. Elle est riche. Riche en évènements qui nous permettent de prendre les positions qui sont les nôtres et que la réalité de nos populations vient attester.

 

Je vous remercie.

CONFERENCE DE PRESSE DU RASSEMBLEMENT DEMOCRATIQUE CENTRAFRICAIN SUR L’ETAT DE LA NATION

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