Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 12:20
ANE : COUP DE GUEULE D’UNE CITOYENNE

 

 

 

Beaucoup d’encre et de salive ont coulé au lendemain de la mise en place de l’ANE autour d’un certain consensus. Il était question des hommes et femmes crédibles, intègres, jouissant d’une bonne moralité, que sais-je encore…. ? Et voilà, les résultats….

 

L’âne, excusez-moi, l’ANE (Autorité Nationale des Elections) cet instrument de régulation des élections risque de nous engluer dans d’autres conflits et contestations inutiles tant plusieurs faits amènent le commun des mortels à douter de son sérieux et de sa crédibilité.

 

1.La constitution du Bureau

 

Même si la composition du Bureau de l’ANE, depuis sa mise en place, obéit à de règles dites consensuelles il est aisé de comprendre la dynamique ou la stratégie opérée par les pouvoiristes et les guetteurs des opportunités connus de tous. Avec leurs réseaux mafieux certains compatriotes organisés au sein des associations dites de la société civile qui n’ont parfois même pas d’adhérents sincères et crédibles toujours à l’affût de gain facile, se sont faits copter dans le but d’assouvir leurs desseins ignobles. C’est ainsi qu’au regard de la configuration du Bureau, on retiendra que plein sont les parents, amis et copines qui ont été recrutés dans l’optique de travailler pour les intérêts groupaux et tribalistes. Dans le contexte actuel, on n’en a pas besoin. On observera que des hommes et des femmes connus pour la gestion manichéenne de la chose publique revenir en force sous couvert de la « société civile » pour occuper des postes et jouir allégrement des rentes de l’Institution créée pour résoudre les problèmes récurrents auxquels le pays se confronte : rebellions, contestations des élections et instabilités. Ces pêcheurs en eau trouble sont connus et suivis à la loupe. Attention ! C’est après chamboulement que nous entonnerons en cœur le refrain de la cohésion sociale et du vivre ensemble. A qui la faute ?

 

2.Les démissions en cascade et le remplacement des démissionnaires

 

Jusqu’à ce jour personne n’a osé dire clairement au peuple centrafricain les mobiles réels de ces démissions. Incompétence ? Fausseté ? Tentative de fraude ou détournement de fonds de l’ANE ? Les démissionnaires auraient-ils été mis à nus et décident d’abandonner le navire par souci de « sauver » leur honneur (s’il y’a un) ? Connaissant le parcours des uns et des autres, il est plus aisé de comprendre que pour la plupart des cas on relève chez certains des tares suivantes: médiocrité à fleur de peau, incompétence, refus de travailler sous pression, beuverie, etc. Lorsque les stratagèmes concoctés  sont mis à nus, les entremetteurs ne peuvent que se retirer la queue au bas ventre et céder la place aux plus méritants. L’impunité étant érigée en règle de gestion en Centrafrique personne n’osera un jour les interroger par rapport à leur gestion.

 

Mais ce qu’il faut relever c’est qu’après le retrait des « nobles » attachés à « leur honneur » point n’est besoin de nommer pour nommer en allant dans le même panier, piocher des hommes sans qualification requise ou ayant des parcours scolaires et professionnels tortueux sous le prétexte qu’ils appartiennent à la société civile donc apolitiques pour les adouber en leur confiant une machine aussi compliquée et difficile à piloter  qu’est l’ANE.

 

En RCA, reconnaissons-le, tout le monde est politique qui se cache sous le voile apolitique pour ramer dans le sens des intérêts des mentors tapis sous les bois en train de tirer inlassablement les ficelles. Les démissionnaires doivent être remplacés par des hommes et des femmes sérieux, expérimentés et nationalistes convaincus. Malheureusement ce n’est pas le cas et tout porte à croire le centrafricain risque d’être plongé à nouveau dans l’abime.   

 

3.Les agents recenseurs

 

Dans ce pays le recrutement se fait non pas sur la base d’une sélection rigoureuse et placée sous le sceau de la méritocratie mais à travers les réseaux de relations familiales et tribales. Les moments qui ont précédé les opérations d’enrôlement ont très bien annoncé la couleur des pratiques huilées connues de tous. Un test a été organisé, certes, mais après les épreuves les candidats malheureux ont suffisamment observé et décrié les recrutements parallèles et l’insertion des personnes qui n’ont pas concouru qui se trouvent être leurs propres amis. 

 

Les conséquences sont telles que beaucoup d’agents recenseurs ont gaspillé les fiches et autres matériels pour la simple raison qu’ils ne savent pas écrire correctement ou n’ont pas la maîtrise de la procédure d’enrôlement. Ainsi des erreurs ont été commises et malheureusement celles-ci n’ont pas été corrigées dans certaines localités. Certains électeurs, par manque de fiches, n’ont pu s’inscrire, donc n’auront pas droit au vote. Des frustrations et des contestations en perspective !  

 

4.Les personnels d’appui et les opérateurs de saisie

 

Ces derniers jours nous avons assisté une fois de plus au recrutement du personnel d’appui et des opérateurs de saisie. Personne n’est à mesure de nous dire sur quels critères ce recrutement a été fait. Les opérateurs de saisie en cours de formation sont simplement coptés suivant la même logique instituée par les réseaux de relations familiales ou amicales. Les partis politiques sont-ils associés au moins à cette phase importante ? Ont-ils leurs représentants parmi ces agents comptés pour assurer le contrôle et la vérification des données pour qu’à termes celles-ci ne fassent l’objet d’aucune contestation ? Avec l’insécurité ambiante, auront-ils le temps et la possibilité nécessaires d’installer leurs représentants dans chaque bureau de vote pour leur rapporter les données comparatives ? Nous raisonnons ici comme l’homme de la rue ignorant peut-être des textes réglementaires existants. Mais ses interrogations ont leur raison d’être. Ce qu’il voit ne s’éloigne pas souvent de la réalité.

 

Nous aurions souhaité à ce que le travail de compilation soit fait en étroite collaboration avec le PNUD pour assurer la crédibilité des résultats. Un travail doit être fait aussi en amont, en l’occurrence l’organisation du test de recrutement des opérateurs de saisie. Or, il se trouve que ceux-ci sont le fruit d’une sélection bien organisée par des entités connues de tous. A la vérification 90% appartiennent au même groupe ethnique dont nous taisons le nom. La liste dont nous disposons sera publiée à temps opportun comme preuve matérielle du mécanisme de fraude et de tricherie mis en œuvre pour décrédibiliser les futures élections et par ricochet créer d’autres tensions inutiles. Angué !

 

                                      Eléonore TITIKAR

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com